La microbrasserie Siboire s’installe dans Saint-Sauveur à l’été 2024

Amateurs de houblon de Saint-Sauveur, l'heure est aux réjouissances! La microbrasserie Siboire ouvre une succursale à Québec cet été et c'est sur la rue Saint-Vallier Ouest que l'entreprise sherbrookoise a décidé de s'installer.

La microbrasserie Siboire s’installe dans Saint-Sauveur à l’été 2024 | 25 janvier 2024 | Article par Simon Bélanger

La microbrasserie Siboire s'installe cet été sur la rue Saint-Vallier Ouest, dans le quartier Saint-Sauveur.

Crédit photo: Page Facebook du Siboire

Amateurs de houblon de Saint-Sauveur, l’heure est aux réjouissances! La microbrasserie Siboire ouvre une succursale à Québec cet été et c’est sur la rue Saint-Vallier Ouest que l’entreprise sherbrookoise a décidé de s’installer.

Ce projet est l’aboutissement d’un objectif visé depuis longtemps par Pierre-Olivier Boily et Jonathan Gaudreault, copropriétaires et cofondateurs de la microbrasserie Siboire.

Les deux hommes fondent leur première succursale à Sherbrooke en 2007. En 2014, Sherbrooke accueille une deuxième succursale de la microbrasserie, qui servira aussi à la production de bière. Finalement, en 2017, Siboire ouvre à Montréal une première succursale hors Estrie, sur le boulevard Saint-Laurent. Un autre Siboire ouvrira ses portes à l’été 2024 sur la rue Saint-Vallier Ouest, mais la date reste à préciser.

En entrevue avec Monsaintsauveur, Jonathan Gaudreault révèle cependant que le premier plan d’expansion touchait Québec, autour de 2010. Celui-ci  ne s’est toutefois jamais concrétisé.

« On s’était rendus assez loin dans le projet, mais à la dernière minute, on a arrêté le processus pour une question de coûts de construction. On avait quand même moins d’expérience à ce moment-là, moins de moyens. On était moins solides comme entreprise. On avait sagement décidé d’attendre. Le projet n’a jamais eu lieu à Québec, mais on le gardait toujours en tête », précise-t-il.

Sans préciser l’emplacement exact, son partenaire Pierre-Olivier Boily nous apprend que le local visé il y a plus de 10 ans se trouvait beaucoup plus proche des ponts.

Pierre-Olivier Boily, copropriétaire du Siboire, devant le local de la succursale de Saint-Sauveur.
Crédit photo: Simon Bélanger - Monsaintsauveur

Origines du Siboire

Jonathan et Pierre-Olivier sont deux amis d’enfance originaires de Roberval, au Lac-Saint-Jean. Ils ont donc eu d’abord un sentiment d’appartenance envers Québec. Mais les études, pour l’un, et l’entraînement sportif, pour l’autre, les ont en premier lieu conduit en Estrie.

Pierre-Olivier Boily a fait du vélo de compétition, ce qui l’a mené vers le Centre National de Cyclisme de Bromont. Il a d’ailleurs participé aux Jeux paralympiques d’Athènes (2004) et de Pékin (2008), alors qu’il était pilote de tandem pour un non-voyant dans des compétitions de paracyclisme. Il a également étudié au certificat en gestion à l’Université de Sherbrooke. De son côté, Jonathan Gaudreault a entamé des études en ingénierie à la même université, puis s’est réorienté vers la médecine.

Jonathan Gaudreault et Pierre-Olivier Boily, copropriétaires et cofondateurs du Siboire.
Crédit photo: Courtoisie Siboire

En parallèle, Jonathan a commencé à brasser de la bière dans son appartement, avant de le faire dans le sous-sol d’une maison que lui et Pierre-Olivier ont achetée. Finalement, la passion de la bière et de la microbrasserie l’a emporté. Après cinq ans de médecine, Jonathan abandonne ses études et sa résidence en anesthésie pour se consacrer au Siboire, qui venait d’ouvrir sa première succursale dans l’ancienne gare ferroviaire de Sherbrooke.

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« Initialement, le plan était que PO soit le gestionnaire et que je fasse les recettes en sideline de ma médecine. Après cinq ans, j’étais rendu résident en anesthésie et plus ça allait, moins j’aimais ça. À un moment donné, j’ai dit à PO : “on va attendre de voir s’il y a du monde un peu, si ça marche notre projet. Si ça fonctionne, je quitte la médecine.” C’est ça qui est arrivé », se rappelle Jonathan Gaudreault.

La première succursale de la microbrasserie Siboire se situe dans l’ancienne gare ferroviaire de Sherbrooke.
Crédit photo: Courtoisie Siboire + Collection Clovis Roy, Musée d'histoire de Sherbrooke

Pourquoi Saint-Sauveur?

Avançons quelques années plus tard. Après l’ouverture de deux autres succursales, Jonathan et Pierre-Olivier ont encore le goût de s’établir à Québec. Il fallait maintenant trouver un local. Leur quête a principalement eu lieu en 2021 et 2022.

Jonathan a rapidement levé la main pour proposer le quartier Saint-Sauveur. Les deux copropriétaires le connaissaient d’abord essentiellement par le magasin Latulippe, où ils allaient s’équiper pour la chasse. Jadis, ils ne s’enfonçaient pas davantage sur la rue Saint-Vallier Ouest. De son côté, Jonathan Gaudreault a davantage découvert le quartier par le biais d’un ami d’enfance de sa conjointe, qui l’habite depuis déjà quelques années.

« On a commencé à faire nos recherches. Quand on a vu le parc Durocher, on est tout de suite tombé en amour avec ce coin-là », se souvient-il.

Le hasard a bien fait les choses, puisque le local de Peinture Drouin était disponible, juste en face du parc. L’entreprise a déménagé dans ses nouveaux locaux du parc industriel Colbert au début de l’année 2022.

Pierre-Olivier et Jonathan assurent d’ailleurs avoir développé une belle relation avec la famille Quirion-Drouin, qui détenait le magasin de peinture fondé par Jacques Drouin en 1980.

« On a rencontré du monde qui avait une fierté pour leur ville », affirme Pierre-Olivier Boily.

Jonathan Gaudreault ajoute que les deux amis recherchaient une vie de quartier comme celle présente dans Saint-Sauveur, puisqu’ils désirent s’impliquer dans la communauté.

« On aime ça s’impliquer, “avoir les mains dedans” et avoir un impact concret et direct », ajoute-t-il.

Le Siboire ouvrira ses portes dans l’ancien local de Peinture Drouin, au 350, rue Saint-Vallier Ouest.
Crédit photo: Simon Bélanger - Monsaintsauveur

Travaux d’envergure

Auparavant, ce local, situé au 350, rue Saint-Vallier Ouest avait aussi accueilli une succursale de la Commission des liqueurs (ancêtre de la SAQ). Le bâtiment date de 1885, comme le rappellent des pierres situées sur la façade et à l’intérieur.

Pierre-Olivier Boily nous a fait faire un petit tour du chantier. Derrière les murs de gypse, ils ont découvert de la belle brique, qu’ils souhaitent mettre en valeur. Ce côté patrimonial et historique du bâtiment se trouve d’ailleurs au cœur de leur projet, alors que Pierre-Olivier souhaite faire des clins d’œil aux usages passés de l’endroit. Reste que le défi demeure entier.

«Il y a un défi de structure, parce que c’est beaucoup rabouté avec le temps. C’est aussi réussir à trouver une certaine cohérence entre trois morceaux qui sont un peu différents et faire une certaine unicité, qu’il n’y ait pas de trop grande différence entre le passé et le futur », admet-il.

Les deux amis visent une succursale accueillant entre 140 et 150 convives à l’intérieur. Ils souhaitent aussi avoir une terrasse qui donne sur la rue Saint-Vallier Ouest. Ils planchent également sur un autre espace extérieur à l’arrière pour la période estivale, dans un stationnement qui donne sur la rue du Cardinal-Taschereau. Ce ne serait « pas une cour arrière fermée », explique Pierre-Olivier.

« On pourrait aussi appeler ça une terrasse. C’est un espace vert. Je souhaite que le monde arrive principalement par là l’été en vélo. J’ai dit à mon designer que j’aimerais ça qu’il fasse un rack à vélos de 100 places », s’enthousiasme-t-il.

Cet espace connecterait à l’intérieur via une porte de garage. Un grand bar se trouverait aussi à l’intérieur, dans la salle principale, avec 20 lignes de fût. Au sous-sol, le Siboire souhaite offrir une salle un peu plus intime pour des réunions privées, qui serait proposée à la location.

Les investissements totaux s’élèveraient actuellement à 3 M$, montant qui inclut l’achat du bâtiment.

Les deux amis sont appuyés dans l’aventure par Frédéric Neault, directeur adjoint de la succursale de la rue Saint-Vallier. Il travaille pour le Siboire depuis plus de cinq ans.

« Son but, c’est de donner cœur et âme à la réalisation de ce projet-là. Il est parti en mission », affirme Pierre-Olivier Boily.

Griendel, sens unique et travaux majeurs

À l’automne 2023, une onde de choc secouait le monde brassicole et le quartier Saint-Sauveur. La microbrasserie Griendel annonçait son départ du quartier pour le printemps 2024, afin d’ouvrir une nouvelle succursale dans Montcalm et un nouveau centre de production à Saint-Jacques-de-Leeds.

Jonathan Gaudreault avoue avoir ressenti une déception en apprenant la nouvelle, car il aurait voulu « créer une synergie » dans la vie brassicole du quartier. Il mentionne d’ailleurs que Martin Parrot, propriétaire du Griendel, est le premier à avoir été informé que le Siboire s’installait dans le quartier.

« Il n’y a pas de pression qu’on doit “remplacer le Griendel”. Je sens plus une déception, parce que j’avais le goût de travailler avec eux dans Saint-Sauveur », soutient-il.

Autre élément incontournable à considérer : des travaux majeurs débutent sur la rue Saint-Vallier Ouest en 2024, notamment dans l’objectif d’en faire un sens unique en direction ouest. Une première rencontre a eu lieu la semaine dernière avec les commerçants du secteur, afin de présenter un calendrier des phases de travaux. Pour la première année, la nouvelle microbrasserie ne serait pas touchée de façon directe, puisque ceux-ci se concentreraient sur le secteur situé à l’est du parc Durocher.

Jonathan Gaudreault, copropriétaire et cofondateur du Siboire.
Crédit photo: Courtoisie Siboire

Les deux amis avouent quand même que ces travaux représentent un certain défi. Jonathan Gaudreault croit cependant que, que comme ils veulent s’installer pour longtemps et qu’ils sont propriétaires du bâtiment, ils pourront passer à travers cette période.

« On comprend que ce projet de revitalisation-là, c’est pour amener du positif. On est inquiet, […] mais on est prêt à gérer avec », explique Jonathan Gaudreault.

Si eux le voient positivement, les deux hommes sont tout de même conscients que le projet ne fait pas nécessairement l’unanimité chez tous les commerçants de l’artère. Ils espèrent quand même que l’entraide sera au rendez-vous entre les différentes entreprises du quartier, afin de traverser ces années de travaux majeurs.

Bière, bouffe et sport

Finalement, à quoi doit-on s’attendre quant à l’offre en boissons et en nourriture?

Jonathan Gaudreault affirme que, pour la production de bière, Siboire est « à jour sur toutes les tendances » du moment. Il souligne quand même qu’ils offrent certains produits de spécialité, comme la Trip d’automne, une triple belge dont la recette a été développée par lui lors des balbutiements de la microbrasserie. Il ajoute aussi que les IPA de l’entreprise sont reconnues et que Siboire propose aussi une belle offre en produits sans alcool.

« Sans être une brasserie super nichée et pointue, le client va quand même avoir une très grande qualité d’expérience, que ce soit pour l’expérience sociale, la bouffe ou la qualité de l’expérience bière », promet Jonathan.

Du côté de la restauration, chaque succursale propose ses spécialités, dont plusieurs sont des classiques de pub, comme des burgers et des frites, mais aussi des plats plus santé.

Jonathan Gaudreault ne pouvait pas encore s’avancer sur le menu qui sera proposé dans Saint-Sauveur. En revanche, les Fish & Chips du Siboire devraient en faire partie. Les deux propriétaires ont suivi une formation en Écosse et en Angleterre, où ils ont obtenu une certification officielle de la National Federation of Fish Friers (NFFF), en 2012.

Comme la santé et l’amour du sport sont aussi à la base de leur amitié et de leur collaboration, Jonathan et Pierre-Olivier prévoient que ça se reflète dans leur succursale de la rue Saint-Vallier Ouest.

À Sherbrooke, ils organisent notamment des activités de course à pied ou des randonnées à vélo, qui se terminent au Siboire autour d’une bonne bière.

« On fait pas mal d’événements et on veut continuer de faire ça à Québec. […] On va s’ajuster avec la réalité de Saint-Sauveur », précise Jonathan Gaudreault.

Une chose est certaine, Jonathan et Pierre-Olivier souhaitent que leur microbrasserie s’installe dans le quartier pour longtemps.

Pour en connaître davantage sur la Microbrasserie Siboire, consultez leur site Internet : https://siboire.ca/fr/ 

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