Projet terre : des semences potagères 100 % locales

Vicky Dupuis et Simon-Pierre Parenteau cultivent des graines dans le plus grand respect de la nature. Leur petite entreprise Projet terre propose des semences potagères et des plantes médicinales sans produit chimique ni engrais de synthèse.

Projet terre : des semences potagères 100 % locales | 23 janvier 2023 | Article par Thomas Verret

Deux nouveaux résidents du quartier Saint-Sauveur, Vicky Dupuis et Simon-Pierre Parenteau, ont une entreprise de semences potagères qu’ils cultivent dans la région de Charlevoix.

Crédit photo: gracieuseté

Vicky Dupuis et Simon-Pierre Parenteau cultivent des graines dans le plus grand respect de la nature. Leur petite entreprise Projet terre propose des semences potagères et des plantes médicinales sans produit chimique ni engrais de synthèse.

« Toutes nos semences poussent naturellement », précise M. Parenteau.

Tout est fait manuellement, ou presque.

« On crée tout ce qu’on met dans le jardin. On essaie d’être le plus local et écoresponsable possible, d’avoir un impact positif sur l’environnement », souligne Mme Dupuis.

Entre Charlevoix et Saint-Sauveur

L’entreprise Projet terre prend racine dans les hautes montagnes charlevoisiennes. Les amoureux cultivent un jardin sur leur terre, en milieu forestier, dans la petite municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs.

« On n’a pas de serre. Nos semences poussent à l’air libre, indique Simon-Pierre Parenteau. On essaie de rendre nos plants le plus fort qui soit. »

Dernièrement, le couple a emménagé dans Saint-Sauveur pour y passer les périodes hivernales.

« On avait besoin de vitalité, mentionne Vicky Dupuis. Le quartier nous apparaissait dynamique. Ça nous a parlé. On trouvait que ça avait l’air jeune et coloré. Ça nous ressemble. »

Une offre ciblée pour l’agriculture urbaine

Étant donné leur venue à Québec, Vicky et Simon-Pierre ont adapté leur offre conséquemment. Il est possible notamment de faire pousser leurs plants de poivrons, de tomates cerises et de piments forts de Cayenne dans des pots.

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« Nos semences s’adaptent à l’agriculture urbaine, met en lumière M. Parenteau. On a cultivé les graines en conséquence des personnes qui n’ont pas énormément d’espace pour faire de la culture. On ne veut pas que les gens se retrouvent avec un plan de tomates de deux mètres de haut! »

Leurs végétaux se démarquent aussi par leur génétique, par leur résilience au climat québécois. Des légumes, comme leurs concombres par exemple, poussent à température plus froide.

Leur sélection de produits n’est pas énorme et c’est très bien comme ça pour eux.

« On commence petit. On veut couvrir ce que les gens vont faire. Notre espace n’est pas énorme non plus. L’un va avec l’autre. »

De maraîchers à semenciers

Le Projet terre est né d’un désir commun de vivre de la terre. Vicky et Simon-Pierre ont d’abord cultivé un premier jardin à Shefford, en Estrie, avec l’idée de s’autosuffire en fruits et en légumes. Toutefois, le travail exigeant de maraîchers ne correspondait pas à leur rythme de vie.

« C’est vraiment beaucoup de travail, avec des délais très rapides », explique M. Parenteau.

Puis, à l’automne 2020, les tourtereaux sont tombés en amour avec la région de Charlevoix. C’est à ce moment qu’ils se sont tournés vers la culture de graines.

« On ne savait pas trop comment on allait s’y prendre parce que ce n’était pas une terre agricole », se remémore Simon-Pierre Parenteau.

Un voisin, un bon samaritain, leur a alors donné un coup de main avec sa machinerie pour créer leur jardin.

« Il a ri de nous, un peu au début, parce qu’on voulait créer un jardin dans la forêt de Charlevoix », raconte-t-il.

En fin de compte, l’idée n’était pas si loufoque. La forêt a ses avantages. La température y est stable.

« Nous n’avons pas connu de problème de perte à cause du milieu du bois. »

La première année, Simon-Pierre arrosait lui-même ses plants.

« Lors des grosses périodes de sécheresse, je descendais au lac avec des gros barils de 18 litres. Ça prenait quatre heures par jour. C’était complètement irréaliste. »

L’an passé, le couple s’est donc doté d’un système d’irrigation, en plus de grossir considérablement le jardin. Les deux jeunes semenciers ont ensuite commencé à vendre leurs produits sur Facebook.

« On n’avait pas de site web. C’était uniquement du bouche-à-oreille. Puisque ç’a bien fonctionné, on s’est dit qu’on allait aller un peu plus loin. On a vu qu’il y avait une demande. »

Le Projet terre, un projet de cœur

Aujourd’hui, Vicky et Simon-Pierre se plaisent énormément comme semenciers. Ce mode de vie leur convient davantage.

« C’est plus adapté à notre rythme », confirme M. Parenteau.

Le plus gros du travail se fait à l’automne.

« On défait les légumes. On les fait sécher, on les ensache et on les vend par la suite, relate-t-il. C’est plus relax. C’est plus proche de notre beat de vie.»

Cela dit, ils ont chacun des emplois à l’extérieur. Cela permet, entre autres, de financer le Projet terre.

« C’est notre passion. Ce projet vient du cœur », conclut Simon-Pierre Parenteau.

Par ailleurs, Vicky Dupuis et Simon-Pierre Parenteau viennent tout juste de lancer leur boutique en ligne. On peut également les suivre sur la page Facebook du Projet terre.

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