Communauto, un virage essentiel | 4 avril 2022 | Article par Monsaintsauveur

Crédit photo: Suzie Genest

Communauto, un virage essentiel

Marc-André Beauchemin est un résident du quartier Saint-Sauveur et utilisateur de Communauto. Il signe la lettre d'opinion suivante.

Je suis un abonné au service d’autopartage Communauto depuis juillet 2020 et en suis particulièrement satisfait dans l’ensemble, mais surtout fier puisque ce service est né ici même à Québec dans le quartier St-Jean-Baptiste voilà plusieurs dizaines d’années. Aujourd’hui, il compte plusieurs dizaines de milliers de membres et rayonne partout au Canada et même à Paris, ce qui est une réussite en soi.

Excellente nouvelle aussi, l’entreprise a annoncé dernièrement l’acquisition de nombreux véhicules neufs qui entreront graduellement en fonction au cours de l’année.

Par contre, je constate depuis quelque temps une dégradation constante du service ainsi qu’un je-m’en-foutisme des membres qui semble se généraliser malheureusement à bien des égards.

Lorsque j’ai débuté mes recherches sur le statut juridique de Communauto Inc. j’ai été étonné d’apprendre qu’il s’agit d’une compagnie entièrement privée avec un actionnariat varié, dont Investissement Québec et plusieurs autres, et non d’un OBNL (organisme à but non lucratif) ou d’une coopérative de services.

Étonnant tout de même, d’autant plus que nous sommes en contexte d’autopartage de véhicules automobiles entre membres, d’un service essentiel dans l’économie sociale, que cette compagnie jouit de privilèges exceptionnels octroyés par les villes où elle opère (stationnement permis dans les espaces réservés aux résidents, sur les parcomètres, etc.), des ententes avec les sociétés de transport municipales qui sont bénéfiques aux membres, des ententes avec des institutions d’enseignement, avec des centres commerciaux, etc.

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Quant au service lui-même, de nombreuses lacunes me semblent mériter une attention particulière.

Précisons d’entrée de jeu que pour devenir membre de Communauto chaque personne doit fournir un dépôt de 500,00$ remboursable : ce qui constitue pour la compagnie un énorme fonds de roulement. De plus, les membres qui le désirent peuvent souscrire une assurance supplémentaire responsabilité pour diminuer la franchise lorsqu’un accident arrive (franchise de 500,00$, 250,00$ ou 0,00$).

Or, comment se fait-il que les véhicules ne soient jamais réparés lorsqu’il s’agit de dommages que je qualifierais d’esthétiques (en opposition à des dommages graves impliquant la sécurité des passagers)? Pourtant avec nos assurances nous payons pour que ces dommages soient réparés. Ce qui fait que nous nous promenons avec des véhicules bosselés, brisés, aux parechocs endommagés, à la carrosserie pleine de rayures, laissant une impression de véhicules négligés, non entretenus, de citoyens de seconde zone. Avouez que c’est plutôt moche et présente une image de négligence de l’entreprise.

Et que dire de la propreté intérieure des véhicules : alors là c’est le laisser-aller total. Jamais les véhicules ne sont lavés à l’intérieur malgré l’état de malpropreté évident et repoussant de la plupart des véhicules (certaines journées de canicule les véhicules dégagent une odeur fétide et nauséabonde : au point que j’ai dû placer à de nombreuses occasions une serviette sur le banc conducteur afin que mes vêtements ne soient contaminés par ces odeurs). S’agissant de véhicules loués, utilisés par de nombreuses personnes et surtout en contexte de pandémie, il est totalement inacceptable que les véhicules ne soient pas entièrement lavés à l’intérieur (incluant les banquettes) au minimum une fois par année.

J’avoue qu’il y a une négligence certaine des membres qui se foutent de conserver les véhicules propres et en bon état. Certains transportent des objets sales, des animaux libres et non dans des cages ou sur des couvertures comme demandé par Communauto. Pas plus tard que cette semaine, j’ai utilisé une voiture Flex presque neuve à partir de la Place Sainte-Foy; or, le véhicule présentait une malpropreté repoussante de la banquette arrière et un réservoir d’essence presque vide, contrairement à la politique de Communauto. Allez comprendre l’irresponsabilité du ou des membres qui ont utilisé le véhicule avant moi.

Certains laissent le véhicule sans essence (alors qu’il faut laisser le véhicule au minimum avec le quart d’essence dans le réservoir). C’est un laisser-aller inacceptable de ces membres fautifs et aux conséquences graves pour l’ensemble des membres et la pérennité du service.

Malgré les plaintes faites à l’entreprise, le plus frustrant est que nous n’avons jamais de retour sur ces plaintes.

L’environnement de Communauto doit faire l’objet d’un changement radical tant par l’entreprise que par chacun des membres.

Quant à l’entreprise :

Un suivi extrêmement rigoureux quant à l’état des véhicules (de sa part et auprès des membres utilisateurs); procéder à toutes les réparations sans tarder et au nettoyage constant des véhicules.

Une poursuite dans l’acquisition des véhicules neufs, variés. Jamais un véhicule en service ne devrait avoir au compteur plus de 100 00 km dans un contexte de location de véhicule.

Et la pandémie ne justifie aucunement le laisser-aller actuel pour motif de rareté de la main-d’œuvre.

Quant aux utilisateurs membres :

Tout membre devrait dénoncer obligatoirement tout dommage au véhicule et constat de malpropreté du véhicule et assumer sa responsabilité s’il y a lieu pour avoir causé un dommage physique ou de la malpropreté dans le véhicule. Et un membre qui constate un dommage ou de la malpropreté du véhicule devrait le dénoncer systématiquement à l’entreprise.

Selon moi, il y va de la pérennité du service si à la fois les membres et l’entreprise ne prennent au sérieux ce virage essentiel et obligatoire afin d’assurer l’avenir de ce service essentiel à plusieurs dizaines de milliers d’usagers.

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