Saint-Sauveur dans les années 1970 (18) : une « Tempête du siècle » dévastatrice sur De Mazenod | 7 mars 2021 | Article par Jean Cazes

Les impacts de la Tempête du siècle du 4 mars 1971 dans Saint-Sauveur. Ici, sur la rue De Mazenod. Vue en direction sud. On notera la présence sur cette scène d'époque d'une caisse populaire et de Franklin Dion Henri fourrures alors qu'on y devine au loin la grotte Notre-Dame de Lourde, dans le coteau Sainte-Geneviève.

Crédit photo: Jocelyn Paquet (collection personnelle)

Saint-Sauveur dans les années 1970 (18) : une « Tempête du siècle » dévastatrice sur De Mazenod

La série « Saint-Sauveur dans les années 1970 » revisite le passé du quartier à travers des images d’archives de diverses sources.

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Provenant du fonds du collectif de photographes du Soleil, Photo moderne, l’image en vedette, prise le 5 mars 1971, illustre des débris du toit du couvent Notre-Dame-de-Grâce encombrant la rue De Mazenod. C'était au lendemain de la Tempête du siècle, dont on souligne cette année le 50e anniversaire. De ce fonds, qui constitue une partie de la collection de négatifs de Jocelyn Paquet, quatre autres photos puisées dans sa publication immortalisent plus bas l'événement.

La photo comparative, en fin d'article, date du samedi 6 mars 2021.

Des vents dépassant les 110 km/h?

La photo illustrant l'article du Soleil. « Les effets de la tempête - La ville de Québec a eu elle aussi des reliquats de Ia violente tempête de neige qui a secoué une partie de la province. On voit ici les débris semés ici et là du toit de l’école Notre-Dame-de-Grâce, rue de Mazenod, emporté par le vent, hier après-midi. »
Crédit photo: Jocelyn Paquet (collection personnelle)

Un précédent article publié en 2015, à partir de références comme le journal L'Action, résumait les dégâts matériels engendrés dans Saint-Roch par ce fameux blizzard du 4 mars 1971, qui a marqué la mémoire collective des Québécois.

Les 44 cm de ce qu'on nommera plus tard la Tempête du siècle sont certes dignes de mention, mais c'est clairement la férocité des vents qui souligne son caractère exceptionnel. Les rafales du NE jusqu’à 111 km/h enregistrées à l’aéroport témoignent de ce qui aura été vraisemblablement la plus violente tempête de vent de longue durée ayant affecté la basse-ville. Des rafales sans doute plus fortes localement en raison de la topographie des lieux, ce qui expliquerait l’étendue des dommages observés en basse-ville.

Pour le quartier Saint-Sauveur en particulier, on retrouve d'autres informations dans un article du journal Le Soleil du 5 mars 1971, signé par Jos L. Hardy et Marc Saint-Pierre :

« À Québec et dans la région : 2 morts et des dégâts étendus - La ville de Québec et sa région ont écopé de l'une des pires tempêtes de tous les temps, hier. Des vents qui ont atteint jusqu'à 69 milles à l'heure ont arraché les toits, brisé les vitrines, dispersé les ordures, renversé les boites postales et bloqué toutes les rues. Une poudrerie très épaisse a rendu toute visibilité absolument nulle, à son plus fort, dans le courant de l'après-midi d'hier. […]

Cinq religieuses de l'école de la rue [De] Mazenod ont par ailleurs subi un violent choc nerveux quand une partie du toit de l'institution s'est effondré. […]

Au moins une trentaine de toitures d'habitations ont été arrachées ou endommagées par le vent violent. Outre l'école de la rue [De] Mazenod, la résidence du conseiller municipal A. Roy, rue Marie-de-l'Incarnation, a été endommagée par le vent. […]

Le Service des incendies de la Capitale se tenait d'ailleurs prêt à intervenir en force à n'importe quel moment. L'appel "99' a été effectivement lancé et la plupart des sapeurs municipaux ont reçu instruction de se présenter à l'une ou l'autre des onze casernes de la ville. Les effectifs réguliers ont été doublés par suite des risques d'incendie découlant du bris des fils, du renversement de cheminées et d'autres dégâts. »

Des pannes d'électricité avaient aussi été notées dans Saint-Sauveur et Saint-Malo, ont souligné les journalistes dans leur compte-rendu.

« Le toit s'est mis à lever par grands bouts de planches »

Sur la droite de cette vue en direction nord, on devine au premier plan l'ancien couvent, aujourd'hui disparus.
Crédit photo: Jocelyn Paquet (collection personnelle)

Le blogue NDGquebec (consacré à la paroisse Notre-Dame-de-Grâce) rapporte le témoignage de Sœur Marie-Berthe Gagnon, qui enseignait le piano à l'ancienne école primaire des filles de Notre-Dame-de-Grâce, tout près :

« La directrice avait décidé de renvoyer les élèves à la maison pour le reste de la journée. Puis, à l'heure du dîner et durant tout l'après-midi, le toit s'est mis à lever par grands bouts de planches qui allaient s'abattre par morceaux, brisant les fenêtres, les toits des maisons d'en face, cassant des poteaux d'électricité et écrasant deux autos stationnées (NDB : et d'autres en circulation sur la rue De Mazenod). On était dans le sous-sol et l'on entendait le bruit comme si quelqu'un arrachait ça d'un trait. »

Cela dit, même si Le Soleil fait mention de l'école, ce témoignage réfère bel et bien au toit du couvent Notre-Dame-de-Grâce! Une autre publication de NDGquebec (avec photo et carte d'époque) fait clairement la distinction entre les deux immeubles. (Ceux-ci ont été démolis en 1979 pour faire place à 23 logements administrés par l’Office municipal d’habitation de Québec.)

Vous avez des souvenirs, des anecdotes à nous partager sur la Tempête du siècle, en particulier dans le quartier Saint-Sauveur? N’hésitez pas à nous en faire part sur notre page Facebook!

Voir la capsule précédente de la série : Saint-Sauveur dans les années 1970 : stationnement, intersection rues Napoléon et De Mazenod.

À lire aussi : Saint-Roch dans les années 1970 : après la Tempête du siècle sur la rue Saint-Joseph Est.