La rue Lafayette, des visages connus | 26 septembre 2021 | Article par Carole Beausoleil

Julienne et ses filles, 1924 (ma mère à droite).

Crédit photo: Michel Beaulieu (archives familiales)

La rue Lafayette, des visages connus

La rue Lafayette du quartier Saint-Sauveur, dans la paroisse Saint-Malo d’antan, a vu passer les visages de Julienne, de mes tantes et de ma mère, sur la photo en 1924, qui y ont vécu. Mes grands-parents, Julienne et Aimé, sont arrivés là en 1918.

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L’immeuble en brique du deuxième étage, au numéro 33 à l’époque, propriété d'Arthur Paquet, les a abrités. La façade latérale ouest de l’église se voit depuis l’entrée de cour.

Le toponyme Lafayette

Archives de la Ville de Québec, 25 février 1968. Provient d'un négatif représentant une série de maisons en rangée et le couvent Saint-Malo, rue Lafayette.
Crédit photo: Archives de la Ville de Québec

La rue Lafayette, sur la photo d’archives de 1968, a déjà porté le nom de Saint-Raphaël, changé le 20 avril 1917 en l’honneur de Gilbert Motier, marquis de La Fayette (1757-1834). Ce général et homme politique français a pris une part active à la guerre de l’Indépendance américaine et participé à la Révolution française de 1789 et celle de 18301.

L’épicerie Damase Blais

Coupure du journal Le Soleil du 31 août 1937. Le personnel et Damase Blais, à droite.
Crédit photo: Nicole Blais, archives familiales

Les enfants comme les parents disaient : « J’m’en vas chez Damase Blais », épicerie sise sur Lafayette, au coin de Sainte-Thérèse (aujourd’hui Raoul-Jobin). Le Soleil du 31 août 1937 souligne que « Le magasin de M. Damase Blais rivalise, de fait, avantageusement avec tous les postes du genre en ville et même dans la province. » Sur la photo figurent le personnel et M. Blais, à droite.

À l'intérieur de l'épicerie Damase Blais, vers 1945.
Crédit photo: Nicole Blais, archives familiales

À l’intérieur, vers 1945, à gauche sur la photo, « c’est celui qui porte des bretelles », confirme sa fille Nicole. Et « celui qui est assis prenant une commande téléphonique est son frère Adélard, gérant de l’épicerie. » Sur le comptoir, « apparaît la figurine du cheval Dawes Black Horse Ale », ajoute-t-elle.

Mr. Peanut en visite

Visite de « Mr. Peanut », années 1950.
Crédit photo: Nicole Blais, archives familiales

La mascotte de la compagnie Planters, Mr. Peanut, avec son nom sur son haut-de-forme, pose dans l’épicerie. Elle est immortalisée sur une photo des années 1950 « qui a été prise lors d'une visite promotionnelle de Mr. Peanut qui distribuait des petits sacs aux enfants du voisinage », rapporte Nicole Blais.

Le couvent Saint-Malo

Élèves et directrice (soeurs de la Congrégation de Notre-Dame), couvent Saint-Malo, 1956, archives d'une amie.

La rue Lafayette loge l’entrée des élèves qui départage les deux cours d’école du couvent Saint- Malo, à côté de la rue Sainte-Thérèse (aujourd'hui, Raoul-Jobin). La photo d’archives de 1956 d’une amie montre deux élèves : l'une de première année, débutante, et l’autre de neuvième année, finissante, accompagnées de la directrice de l’école dans la grande salle.

Les écuries Savard

Les chevaux dans les écuries de Georges-Henri Savard, laitier, sises du même côté que l’école, dès 1948, selon l’annuaire municipal, donnaient à la rue un air campagnard. Des calèches y partaient le matin et y revenaient le soir. Depuis 2003, la Coopérative d’habitation le Manoir Savard occupe cet espace.

Dans le passé, les laitiers livraient le lait en voiture à cheval, comme montré sur la photo tirée du livre souvenir de la paroisse2.

L’épicerie Jos. Lachance

Cette épicerie-dépanneur sise sur Lafayette, au coin de l’avenue des Oblats, opère depuis les années 1960. Bien que son nom soit changé pour « Dépanneur Rose », l’enseigne extérieure « Épicerie Jos. Lachance » perdure, au grand plaisir des nostalgiques.

En terminant

Ma marraine m’a confié que Julienne a beaucoup aimé la rue Lafayette et qu’elle a pleuré quand elle et sa famille ont déménagé en mai 1935. De forts liens d’amitié s’étaient créés entre elle et sa voisine d’en bas, l’épouse du propriétaire, Mme Arthur Paquet, comme on disait dans l'temps.

Références :
1 Archives et Répertoire des toponymes de la Ville de Québec
2 Sainte-Angèle-de-Saint-Malo, 1898-1998, Éditions Louis Bilodeau & Fils Ltée, Sherbrooke, 1997.