La rue Hermine en trois temps | 9 mai 2021 | Article par Carole Beausoleil

La rue Hermine, l’église Notre-Dame-de-Lourdes et un tramway circulant d’est en ouest, en 1907.

Crédit photo: BAnQ (collection Magella Bureau)

La rue Hermine en trois temps

La rue Hermine a capté mon attention par une photo d’archives montrant un tramway circulant d’est en ouest, en 1907.

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Cette rue, nommée en 1890, honore la mémoire d’Hermine-Amaryllis Boisseau, épouse d’Auguste Dupuis comme rapportée dans la fiche de toponymes de la Ville de Québec. L’Annuaire de Québec indique, en 1907, qu’elle débute à l’intersection de la rue Saint-Félix (maintenant Monseigneur-Cazeau). Aussi, ces noms ont suscité mon intérêt : la chapelle, inscrite église Notre-Dame-de-Lourdes, au numéro 25; en face, Olivier Bacon, épicier, numéroté 26-28-30, à l’intersection de la rue Sauvageau (maintenant De Mazenod); Louis Picard, restaurant (auparavant un hôtel), à l’angle des rues Hermine, Saint-Luc et de l’Aqueduc; et du même côté, l’école élémentaire Tardif, Mme veuve Alfred.

Ensuite, en 1966, un édifice identifié au nom de Poste de police, situé à l’angle des rues Hermine, Saint-Luc et de l’Aqueduc, a fait l’objet d’un article publié le 30 avril dans le journal Le Soleil ¹, quelques mois avant la désaffectation de ses locaux. L’article concernait une demande d’y aménager une clinique d’hygiène maternelle.

Cette même année, toujours selon l’annuaire, cette rue débute à l’intersection de la rue D’Argenson, au 3 rue Hermine, identifiée au nom d’Émile Beaulieu, regrattier (La shop). Cette portion de rue s’était déjà appelée « rue Rameau, de 1934 à 1938 », avant l’intersection Saint-Vallier, et elle se prolonge jusqu’à l’intersection de la rue Montmagny, à l’ouest. Au coin de la rue De Mazenod paraît dans l’annuaire le nom d’Arthur Thivierge & Fils, épicier et boucher, inscription encore apparente de nos jours sur la bâtisse, reconnaissable avec sa devanture peinte en rouge.

Arthur Thivierge & Fils, épicier et boucher (jadis Olivier Bacon, épicier). Mai 2021.
Crédit photo: Carole Beausoleil

Enfin, au début mai 2021, sur l’emplacement de la défunte chapelle et de l’Orphelinat Saint-Sauveur s’élève le bâtiment du Centre d’hébergement Notre-Dame-de-Lourdes, depuis bientôt cinquante ans, visible sur la photo prise dans le même angle que celle de 1907. Mon amie Lisette Roy a retrouvé la maison où elle a habité à sa naissance, au numéro 365.

« Quand nous passions devant l’Orphelinat Saint-Sauveur, maman nous disait que c’était le tuyau de secours pour les enfants qui y glisseraient-là en cas de feu », se souvient-elle.

De plus, une plaque Ici vécut, apposée sur la maison, au coin des rues Hermine et Bayard, rappelle la contribution d’un artisan boulanger, Léo Paquet. Des affiches du Royaume de la tarte sont apposées sur les fenêtres de l’édifice de l’ancien poste de police, transformé en immeuble.

Ancien poste de police, transformé en immeuble, avec affiches du Royaume de la tarte. Mai 2021.
Crédit photo: Carole Beausoleil

De biais, une maison pittoresque à deux étages, âgée, d’après ses murs extérieurs recouverts en bardeaux d’asphalte et de ses fenêtres d’origine, a été vendue récemment.

Maison pittoresque, âgée, revêtue de bardeaux d’asphalte. Mai 2021.
Crédit photo: Carole Beausoleil

Aisément, la rue Hermine poursuit sa route jusqu’à l’intersection de la rue Montmagny, et arrive face à face avec l’immeuble d’habitation qui occupe depuis des années l’emplacement de la remise de tramways et des autobus (La Shed).

Photo comparative en référence à celle de l’entête datant de 1907. Mai 2021.
Crédit photo: Carole Beausoleil

À lire aussi : Aimé, conducteur de tramway de 1911 à 1948.

¹ Article, journal Le Soleil du 30 avril 1966, p. 17. Extrait :