<em>Le fantôme de la rue Père-Grenon</em> : une BD hyperlocale en préparation | 28 janvier 2021 | Article par Jean Cazes

Saint-Sauveur bientôt en vedette dans l'œuvre colorée de Marc Auger !

Crédit photo: Marc Auger

Le fantôme de la rue Père-Grenon : une BD hyperlocale en préparation

Natif du quartier Saint-Sauveur, Marc Auger a fait carrière comme illustrateur. Il planche sur une bande dessinée grand public qui devrait paraître au printemps et qui mettra en vedette, avec son regard ludique et coloré, le coin de vie de son enfance.

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Ce sympathique projet nous est parvenu, faut-il le souligner, en consultant le groupe Facebook Mon Saint-Molo, consacré à la paroisse Saint-Malo (dont le nom est parfois prononcé Molo au lieu de Malo – d'où le jeu de mots). L'auteur de cette intrigante publication a aimablement accepté de nous partager son univers créatif à l'origine de sa nouvelle bande dessinée : Le fantôme de la rue Père-Grenon.

Apprentissage au coin de la table

« Avant même de savoir lire, je passais des heures à feuilleter les albums de Martin le Malin et de Tintin qu’on avait à la maison », raconte d'entrée de jeu Marc Auger, aujourd'hui Limoulois, mais qui a grandi au coin des rues Sainte-Thérèse (maintenant Raoul-Jobin) et Saint-Sauveur.

« Je couvrais aussi de gribouillis tous les bouts de papier que je pouvais trouver et quand elle passait chez Jupiter, le magasin de la rue Saint-Vallier, ma mère m’achetait parfois une grosse tablette de papier à dessin. »

Installé sur la table de la cuisine, le futur illustrateur s'est donc mis à créer ses propres BD avant de s'inscrire en graphisme au cégep. Pourtant, au départ, « ce n’était pas vraiment ce qui m’intéressait », confie-t-il.

« Mais heureusement, une fois dans la vingtaine, j’ai rencontré une bande de joyeux drilles qui publiaient une revue de science-fiction. J’ai commencé alors à publier mes dessins et, au fil des années, j’ai réalisé des affiches, des cartes de souhaits, des illustrations de manuels scolaires et j’ai travaillé pour les magazines Délire et Safarir. »

Le Saint-Sauveur illustré des années 1950

Notre collègue Laurence Déry avait déjà craqué en 2014 pour Limoilou les Gros-Loups, rappelant « la vie chaleureuse des quartiers ouvriers de Limoilou ». À cet album pour enfants s'est depuis ajouté Panique à Platon-Pointu, auquel se greffera sous peu, dans ce même esprit, la nouvelle BD de Marc Auger, cette fois en mode micro-édition.

« Le fantôme de la rue Père-Grenon devrait paraître ce printemps. L’histoire se passe dans le Saint-Sauveur des années 1950. L’héroïne, une fillette appelée Charlotte, est une championne de hockey-bottine. Un soir après la partie, son copain Dédé lui raconte qu’un fantôme rôde dans le quartier. Ce revenant d’un genre spécial entre dans les maisons la nuit pour dérober les vieux souliers abîmés et les rapporte tout bien réparés et cirés, la nuit d’après. Charlotte se moque de Dédé mais quand elle se fait voler ses propres souliers, elle décide de mener sa propre enquête. »

Parmi les autres héros qu'on y découvrira, Bébert, un personnage marquant et réel de l'époque, sera ressuscité.

« Je me souviens tellement de lui : il venait voir papa avec sa valise pleine de cossins. Il allait vraiment loin dans les villages alentour vendre sa marchandise. Ça reste un personnage pittoresque, un morceau de l'histoire de notre quartier », témoigne-t-il.

« Le fantôme de la rue Père-Grenon sera une BD plutôt dans la veine des classiques franco-belges qui restent ma grande influence », ajoute Marc Auger. « Avec le travail, la maison pis la vie qui va trop vite, j'ai passé pas mal d'années sans en faire. Mais là, j'ai plus de temps pis je me reprends! »

Un mot sur Mon Saint-Molo

Mon Saint-Molo est l'un de ces groupes Facebook de quartiers « qui nous inspirent et contribuent souvent à éclaircir des questions », fait remarquer à juste titre Suzie Genest dans son récent article Coups de cœur après huit heures : une balade nocturne autorisée.

Comme le souligne en présentation l'administrateur Yvon Poirier :

« Sens uniques, noms de rues changés, maisons rénovées, commerces disparus, nouvelles constructions et bien d'autres choses encore se conjuguent pour faire disparaître notre bien le plus précieux : nos souvenirs d'un Québec en voie de disparition. »

Indice de sa popularité croissante, Mon Saint-Molo a déjà accueilli plus de 800 membres depuis que le natif de la paroisse Saint-Malo l'a créé en octobre dernier (il en comptait une trentaine au début de janvier).