Élections municipales 2021 : Transition Québec au centre-ville | 29 septembre 2021 | Article par Suzie Genest

Alexia Oman, Elisabeth Germain, Michel Houle, de Transition Québec

Élections municipales 2021 : Transition Québec au centre-ville

Cinq partis et des candidat.e.s indépendant.e.s briguent nos cinq districts aux élections municipales 2021. Pour vous les présenter, nous faisons équipe avec Québec réveille, la quotidienne matinale de CKIA 88,3. L’animatrice Marjorie Champagne a reçu le 28 septembre les trois candidat.e.s de Transition Québec dans les districts des quartiers centraux : Saint-Roch – Saint-Sauveur, Cap-aux-Diamants, Montcalm – Saint-Sacrement.

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Le parti Transition Québec a vu le jour en 2017, sous son ancien nom : Option Capitale-Nationale. Jackie Smith en est la cheffe depuis 2019. Au coeur de ses valeurs fondamentales se retrouvent la transition écologique et les inégalités sociales. Le parti souhaite mettre de l'avant « une administration municipale transparente et démocratique, qui valorise les quartiers dynamiques et à échelle humaine, ainsi que la solidarité sociale », selon son site web. Il place les villes « au coeur de la lutte contre les changements climatiques — verdissement, transport durable, agriculture urbaine, réduction de nos déchets ».

Alexia Oman, Cap-aux-Diamants

Résidente du quartier Saint-Jean-Baptiste, Alexia Oman détient une maîtrise en sociologie. Elle a occupé des emplois dans le milieu communautaire et dans celui de l'éducation. Elle travaille comme auxiliaire d'administration à l'Université Laval. Madame Oman est également la vice-présidente du conseil d'administration de Monnaie locale complémentaire (MLC) Québec.

Michel Houle, Montcalm – Saint-Sacrement

Michel Houle est engagé depuis longtemps au sein du mouvement indépendantiste, ainsi que dans le milieu syndical. Désormais retraité, il a travaillé au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs comme aide-sylvicole. Il a siégé au conseil de quartier de Montcalm et réside toujours dans le quartier.

Parmi les causes dans lesquelles il s'est investi comme citoyen figurent les Terres des Soeurs de la Charité. Il est l'instigateur d'une pétition pour leur sauvegarde.

Élisabeth Germain, Saint-Roch – Saint-Sauveur

Sociologue, chercheure et enseignante, Elisabeth Germain a aussi travaillé pour un collectif national de lutte à la pauvreté. Elle s'est investie dans le milieu communautaire dans la région du Bas-Saint-Laurent, notamment dans des groupes de femmes. Son engagement en coopération internationale l'a amenée à passer deux années sur le continent africain.

Elisabeth Germain s'est présentée aux élections provinciales dans Charlesbourg avec Québec Solidaire en 2018.

Des enjeux prioritaires

Alexia Oman note la vastitude de son district. Il englobe quatre quartiers : « une partie de Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, le Vieux-Québec en Haute et en Basse-Ville ». Même s'ils ont chacun des particularités, elle y voit des priorités communes :

« Ça reste les îlots de chaleur, ça reste le réchauffement climatique, une population dense, une densification au niveau de la trame urbaine. »

Madame Oman ajoute aussi « clairement l'apaisement de la circulation, le Airbnb, le gaspillage alimentaire ».

Montcalm–Saint-Sacrement, dit Michel Houle, est « reconnu dans un pays qu'on appelle le Canada comme [le district] où il y a le plus de personnes âgées ». C'est une population qui le préocuppe particulièrement. Il songe aux aîné.e.s en RPA et CHSLD qui, durant la pandémie, « ont souffert de solitude extrême ». Monsieur Houle mijote un plan et une pétition en vue de « fonder un OBNL pour leur venir en aide ». Il porte aussi un projet de prestations de musique traditionnelle, au parc des Braves, à leur intention.

L'enjeu principal pour Saint-Roch – Saint-Sauveur, dit Elisabeth Germain, est celui d'être « un centre-ville ». Qui dit centre-ville dit mixité sociale, diversité de profils socioéconomiques, mais aussi « des usages divers, du béton, du béton et beaucoup de travaux », détaille-t-elle.

Le troisième lien

Faire campagne contre le 3e lien, qui récolte 59 % d'avis favorables dans la région, est-il risqué pour Transition Québec? Elisabeth Germain insiste : ce n'est pas une stratégie mais un alignement sur les convictions profondes du parti sur le plan écologique. « Peut-être qu'on va perdre 60 % des gens, mais on va gagner 40 % des gens, qui sont attachés à l'écologie.

Alexia Oman dénonce la dépendance à la voiture. Elle estime que le 3e lien pose un faux dilemme, car la majorité des déplacements n'empruntent pas cet axe-là. Son parti « veut enlever le traffic à la source, avoir [...] plus de transport en commun », ajoute-t-elle.

Cohabitation sociale : une question de logement et de services

Concernant les enjeux de cohabitation, notamment dans Saint-Roch, qui font la manchette, Elisabeth Germain constate : « Les personnes en situation d'itinérance, ça nous montre ce qu'on ne veut pas voir, c'est-à-dire la pauvreté et la précarité extrême. »

Pour elle, la solution, c'est d'abord « de s'attaquer à la question du logement » et d'améliorer l'accès aux services en santé mentale et en dépendances. Sans ces services, explique-t-elle, les personnes aux prises avec ces problématiques en viennent à tout perdre : leur travail, leur logement, leur entourage...

D'ici quatre ans, Transition Québec entend faire en sorte de créer « environ 5000 logements sociaux dont 20 % de logements abordables, 20 % de logements familiaux ».

Les moyens de transport

Au-delà des pistes cyclables, les candidat.e.s de Transition Québec ont-ils d'autres propositions pour favoriser l'acceptatibilité du vélo?

Michel Houle évoque un accident dont la cheffe Jackie Smith a été victime récemment en raison d'un camion dans un axe cyclable. Il faudrait, souligne-t-il, s'assurer que les voies cyclables soient sécurisées, que les véhicules n'y aient pas accès. Dans son district, il souhaite sécuriser les voies de l'avenue Cartier à l'avenue Holland. Celui qui se dit cycliste mais aussi automobiliste insiste : il faut penser aux deux et favoriser une bonne cohabitation.

Pour Alexia Oman, un « changement de paradigme » s'impose, pour réduire la dépendance à la voiture. C'est cette dernière qui crée la peur et la résistance à la perspective d'un changement aux voies de circulation et stationnements, affirme-t-elle.

Une escouade vélo, chargée de l'entretien des voies cyclables et de leur respect, fera partie du programme de Transition Québec pour que le vélo ne soit plus un moyen de transport de second ordre.

Le parti veut aussi miser sur « le transport en commun accessible, sécuritaire, gratuit », énumère Alexia Oman. Le tout doit être assorti d'un changement de mentalité, qui demande de l'éducation populaire, détaille-t-elle. Que répond-t-elle aux citoyen.ne.s qui demandent comment financer la gratuité du transport en commun?

« Effectivement qu'on a pensé à ça. Nous aussi on pense que c'est important de réfléchir à l'argent. Des fois, on pense que les partis de gauche, ça ne fait pas ça... Mais on a plein de mesures éco-fiscales [...], qu'on voudrait mettre en place pour changer où on va chercher l'argent dans la population et s'assurer que ça influence ces changements-là. [...] On peut penser à des taxes écofiscales, à l'argent qu'on va chercher directement à la pompe à essence. »

Des engagements de Transition Québec à ce sujet seront annoncées prochainement, indiquent les candidat.e.s du centre-ville.

Des urgences

Outre les grands enjeux soulevés, des situations pressantes dans les quartiers retiennent l'attention. Dans Saint-Sacrement, il y a l'église du Très-Saint-Sacrement, souligne Michel Houle. « On tient mordicus à la sauver pour en faire un centre communautaire et écologique. »

En Basse-Ville, Elisabeth Germain cible quelques impératifs. « Il y a sûrement de faire du verdissement, l'école des Berges, le jardin communautaire Saint-Roch, [...], le terrain Verdun, augmenter la canopée partout, apaiser la circulation routière. » Elle souligne aussi le besoin d'augmenter le financement des nombreux organismes communautaires actifs sur son territoire.

« Il faut prendre à bras-le-corps le problème des inégalités et combiner ça avec la transition. On est un monde en transition, on a une urgence planétaire qui est écologique, sociale, économique. Il faut faire quelque chose pour ça. »

Entrevue avec les candidat.e.s de Transition Québec au centre-ville

Monsaintroch, Monsaintsauveur, Monmontcalm et Monlimoilou présentent les candidat.e.s aux élections municipales dans l’ordre où Québec réveille les reçoit en studio. La formule choisie réunit en entrevue des candidat.e.s d’un même parti, faisant campagne dans des districts adjacents. L’ordre de présentation des candidat.e.s est déterminé par leurs disponibilités et par la programmation de la quotidienne Québec réveille. Nous avons collaboré au choix des thèmes abordés.

Voir les autres candidat.e.s aux élections municipales 2021 dans les districts du centre-ville :
Alexandra Tremblay, indépendante
Québec 21
Démocratie Québec
Équipe Marie-Josée Savard
Québec Forte et Fière