Élections fédérales 2021 : Patrick Kerr, Parti vert du Canada | 2 septembre 2021 | Article par Suzie Genest

Patrick Kerr, candidat du Parti vert du Canada en 2021, au parc Victoria

Élections fédérales 2021 : Patrick Kerr, Parti vert du Canada

Nous avons rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans la circonscription de Québec. Chacun.e a répondu à nos questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. Le 30 août, nous nous sommes entretenus avec Patrick Kerr, candidat pour le Parti vert du Canada (PVC), au parc Victoria, où il se rend souvent.

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Patrick Kerr en est à sa troisième campagne avec le PVC. En 2015, il a fait campagne dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix et en 2019, dans Lévis-Lotbinière. Il y avait été un peu « parachuté », dit-il. Il aurait aimé se présenter dans la circonscription de Québec, la sienne. C’est maintenant le cas aux élections de 2021.

Originaire de la Saskatchewan, monsieur Kerr a vécu en Alberta durant ses études. Ce diplômé en génie des matériaux avait entrepris un doctorat dans ce domaine au moment de son arrivée à Québec. Arrivé en 2012 pour un emploi en dans le domaine de la recherche en métallurgie, il a notamment habité dans Saint-Sacrement et dans Saint-Sauveur. C'est dans ce dernier quartier qu'il réside avec sa conjointe et leurs enfants.

Quelles sont les priorités ou valeurs du PVC qui vous ont amené à joindre ce parti?

« Ça fait 20 ans que je suis un partisan du Parti vert. C’est vraiment pour leurs préoccupations au niveau des changements climatiques, de l’environnement. La justice sociale, la diversité, c’est aussi important pour moi. »

Quelle conclusion tirez-vous de vos campagnes de 2015 et 2019, et de vos défaites? Qu’est-ce qui est différent aujourd’hui et qui jouerait en votre faveur?

« Toutes les autres campagnes, tous les autres partis mettent l’accent sur l’environnement. C’est rendu au top des priorités, au Canada. C’est sûr que ça favorise le Parti vert. Les gens savent qu’on est là depuis longtemps. Les autres circonscriptions où je me suis présenté étaient plus rurales. Le transport en commun, le logement social abordable, c’était moins pressant comme  enjeux que dans les centres-villes. »

« En 2021, je suis au centre-ville, dans une circonscription qui est ma circonscription. C’est différent d’être un candidat parachute! Même si les valeurs sont bonnes, c’est important d’habiter dans la circonscription. »

Qu’est-ce qui vous lie à la circonscription de Québec?

« Je suis arrivé en 2012 pour un poste de recherche dans un organisme à but non lucratif, en métallurgie. Depuis ce temps-là, j’ai habité dans la circonscription, principalement dans Saint-Sauveur. Je suis impliqué comme bénévole avec un organisme communautaire pour les tout-petits, Commun’action 0-5 ans. Je me suis impliqué aussi à la Voix des parents, maintenant je siège au CA. J’ai une famille, ça donne de la stabilité. C’est une famille recomposée avec quatre enfants, deux ados et deux tout-petits.

Au niveau personnel, je travaille comme aide de service dans un CHSLD à temps partiel. C’est à Saint Brigid’s Home, où c’est bilingue. Ça me donne l’opportunité de partager mon anglais avec eux. C’est temporaire pendant la COVID. »

Qu’est-ce qui distingue la circonscription, sa population, ses besoins?

« Les gens à Québec sont quand même progressistes, en comparaison avec d’autres villes ailleurs dans le Canada. Ça se voit au niveau du souci pour l’environnement, pour la communauté, l’agriculture urbaine, le verdissement des quartiers, l’appui pour les logements abordables. Ils voient comment ça peut aider, pas seulement leur communauté, mais qu’un petit geste local va aider au niveau global. »

Nous avons retenu quelques enjeux qui intéressent particulièrement notre lectorat. Pour chacun, quel est le plus grand défi selon vous, et à quoi vous engagez-vous?

Logement

« On voit comment la COVID a installé une peur pour l’économie. Les taux d’intérêt bancaires, les hypothèques, l’augmentation du prix des propriétés empêchent les gens d’acheter, mais aussi de louer. La gentrification empêche des gens de continuer à vivre dans le quartier où ils étaient depuis longtemps.

La façon de contrer ça, c’est de cibler le logement social abordable. C’est une juridiction provinciale et municipale, mais le fédéral peu appuyer avec des subventions. C’est dans la plateforme du Parti vert depuis longtemps, mais encore plus détaillé depuis 2019. »

Transport

« On voit déjà que le Canada est le seul pays du G7 dont les taux d’émission ont augmenté depuis qu’on a signé l’accord de Paris. Au Québec, 43 % des gaz à effets de serre viennent du transport. C’est une mauvaise et une bonne nouvelle : on peut améliorer l’enjeu des émissions en misant sur le transport en commun, on peut réduire ce chiffre considérablement. Ça prend une puissance politique pour le faire! C’est le provincial et le municipal qui gèrent cela, mais le fédéral peut les appuyer. Nous, on supporte le transport en commun, on est contre les grands projets d’autoroute comme le 3e lien. »

Environnement et verdissement

« C’est dans la plateforme, on a de l’argent de côté pour la lutte contre les îlots de chaleur, l’agriculture urbaine, le transport collectif, les lois sur les pesticides, les herbicides… C’est sûr que le Parti vert appuie le verdissement et l’agriculture locale. »

« Le défi, c’est encore dans la juridiction provinciale et municipale. On a un thème ici : on voit comment le fédéral est limité dans ce qu’il peut faire directement.

Une valeur principale du Parti vert, c’est qu’on veut une démocratie plus participative, plus collaborative. On veut travailler avec le municipal et avec le provincial. Les aider vers des façons plus efficaces d’améliorer les choses dans les quartiers pour le verdissement. Quand on parle de démocratie participative, on devrait parler aussi du mode de scrutin. Les gens votent pour leurs valeurs, mais ça ne parait pas nécessairement dans la Chambre des communes. »

Rareté de main-d’oeuvre et relance économique

« C’est complexe. Il y a l’immigration, les travailleurs temporaires, des compensations qui peuvent aider... On parle souvent du revenu de base garanti. Beaucoup de gens disent que c’est à cause de la Prestation canadienne d’urgence que les gens ne retournent pas au travail. La logique, c’est qu’ils savent que cet argent temporaire va disparaître.

Un revenu de base garanti donne un filet social pour n’importe qui, sans discrimination. Ça permet de prendre du temps pour s’occuper des priorités et des siens. Avec un revenu de base garanti, les gens auraient moins tendance à rester sur une mesure d’urgence. »

« Il y a un enjeu de distribution des richesses… Avec un revenu de base garanti, les gens peuvent travailler dans ce qui les passionne et avoir aussi le temps pour prendre soin de leurs enfants, des aînés. Ça crée l’espace pour être plus efficace, pour travailler pour le résultat et pas seulement pour "faire des heures".

C’est un peu idéaliste, ce n’est pas quelque chose qui va arriver du jour au lendemain. Mais on est déjà sur cette trajectoire, avec les allocations familiales, les pensions pour les aînés. Le principe est déjà là, la base, les compensations… Maintenant il faut que ça couvre tout. »

Itinérance et cohabitation

« Dans la plateforme du Parti vert, on parle beaucoup de la santé mentale, des ressources pour aider les gens. On parle aussi de filet social. Les gens en situation d’itinérance, s’ils avaient de l’argent dans leurs poches pour aider à s’en sortir… »

« Le défi, c’est un manque de ressources, mais on peut aller plus loin, au niveau des valeurs. Si les gens étaient plus libres de leur temps, ça aiderait à créer un sentiment d’appartenance, de communauté. Comme j’ai dit, je suis idéaliste, mais je pense qu’il y a déjà des preuves, des expériences faites avec le revenu de base garanti. Ça peut aller loin. Ça peut aider partout. »

Qu'est-ce que les citoyen.ne.s de votre circonscription vous ont appris jusqu’ici?

« Les gens du Québec sont hot. On peut parler de notre députée provinciale Catherine Dorion, de Québec solidaire. Le fait que les citoyens de Taschereau aient voté pour elle, ça montre qu’ils sont prêts à appuyer l’environnement, la justice sociale, prêts à faire quelque chose en-dehors du statu quo. C’est inspirant, c’est quelque chose que j’ai appris de Québec. »

Qu’est-il important que les gens sachent ou comprennent bien quant au rôle ou au « pouvoir » de leur député.e fédéral.e?

« Comme j’ai dit, il y a des limitations de juridictions. Mais on peut toujours changer le système aussi, si on demande une démocratie plus participative. C’est quelque chose que nous, on peut amener dans la Chambre des communes. »

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.