Élections fédérales 2021 : Louis Sansfaçon, Bloc Québécois | 4 septembre 2021 | Article par Véronique Demers

Le candidat du Bloc Québécois aux élections fédérales 2021, Louis Sansfaçon

Crédit photo: Courtoisie

Élections fédérales 2021 : Louis Sansfaçon, Bloc Québécois

Nous avons a rencontré les candidat.e.s aux élections fédérales 2021 dans la circonscription de Québec. Chacun.e a répondu à nos questions lors d’une entrevue-portrait orientée vers nos quartiers. C'est par téléphone que nous avons réalisé l'entrevue avec Louis Sansfaçon, candidat pour le Bloc Québécois (BQ).

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Originaire de la ville de Québec, Louis Sansfaçon détient des diplômes en droit et en relations industrielles de l’Université Laval et de l’UQAM. Il a occupé des postes de gestion dans des entreprises de services, dans le domaine de la récupération, de la valorisation et du recyclage. À titre de bénévole, il s'est impliqué auprès d'organismes communautaires dans des projets d’ateliers de travail.

Son principal cheval de bataille est la majoration des prestations de maladie du Régime d’assurance-emploi de 15 à 50 semaines. Une situation familiale l'a amené à livrer ce combat.

Quelles sont les valeurs du Bloc Québécois qui vous ont amené à joindre le parti?

« J’ai toujours été un chaud partisan du Bloc Québécois. J’espère un jour qu’on puisse profiter du savoir-faire des Québécois et assurer un rayonnement à travers le monde du Québec qui deviendrait un pays. Il y a un passage nécessaire à faire pour la représentation des Québécois à la Chambre des communes. »

« Dans un premier temps, je veux porter le projet (d’assurance-emploi en cas de maladie grave) de 50 semaines. Ma motivation, c’est qu’Émilie (ma fille), diagnostiquée du cancer, a eu droit à 15 semaines d’assurance-emploi, comme ce qui est en place. À partir de la 16e semaine, les gens s’appauvrissent, prennent leur épargne, paie les cotisations.

J’ai commencé à militer. Je suis allée voir les autorités locales, puis M. Duclos, et M. Trudeau. Mais ma fille est décédée sans connaître la fin de l’histoire. C’est important que je continue le combat. Je souhaite participer à ce changement de loi, que toute personne atteinte d’une maladie grave, déterminée par les médecins, puisse avoir accès à 50 semaines d’assurance-emploi.

Qu’est-ce qui vous amène en politique fédérale maintenant?

« Je veux débattre, supporter les valeurs du peuple québécois, que nos impôts, on puisse les dépenser comme on veut. Au niveau de l’économie, de la culture, le Québec devrait faire ses choix, mais ce n’est pas le cas. Il faut protéger nos intérêts, développer, innover.

Il est important qu’on soit présents à Ottawa pour s’assurer que nos champs de compétence soient respectés. Si la situation d’Émilie (ma fille) ne s’était pas présentée, je ne serais pas en train de vous parler. Je crois m’être fait flouer à de belles promesses. Il y a environ 14 000 personnes dans la même situation qu’Émilie dans la grande région de la Capitale-Nationale. Elles n’ont rien devant elles [après le 15 semaines d’assurance-emploi]. Elles vont devoir faire des "GoFundMe", alors que ces travailleurs ont payé pour de l’assurance-emploi. La loi n’a pas changé depuis 1971! »

Qu’apportez-vous de différent comme candidat?

« Ayant été directeur d’entreprise, je réalise que la PCRE n’est pas adaptée à la réalité d’aujourd’hui. Il y a des gens qui gagnent 1500 $ pour rester à la maison. La majorité des restaurants n’ont plus d’employés; la PCRE doit être modulée. Ici, à Québec, c’est un peu notre signature, les restaurants.

Il faudrait veiller à actualiser les projets de formation à l’interne, pour que les employeurs aient accès à des employés et favoriser la productivité. On a besoin de tous les bras disponibles. »

Qu’est-ce qui vous lie à la circonscription de Québec?

« Je suis né à Québec; j’y ai grandi. J’ai aussi été responsable du service à la clientèle pour Alsco, une entreprise dans Saint-Malo [ancienne paroisse dans Saint-Sauveur], qui fournit entre autres des nappes et uniformes. Il y a une centaine de femmes qui y travaillent. L’entreprise dessert 1500 clients dans la région de Québec.

J’ai aussi géré Centre Signes d’espoir, un organisme qui accueille des personnes sourdes, muettes et multi-handicapées. Il y a un lieu de travail où l’on récupère les livres usagés et les produits informatiques. On souhaite valoriser l’individu qui se rend responsable. »

Selon vous, qu’est-ce qui distingue votre circonscription?

« La qualité de la ville et sa beauté, ça attire le tourisme lorsque c’est possible. Québec est une ville touristique, mais aussi une ville intelligente, d’innovations et comportant plusieurs centres de recherche. Québec est effervescente aussi dans sa culture, les spectacles de rue, les théâtres, la chanson. Je ferai tout pour représenter les intérêts des artistes. »

En matière de logement, de transport, d’environnement, de rareté de main-d’oeuvre et d’itinérance, quel est le plus grand défi à relever? À quoi vous engagez-vous?

« En ce qui concerne le logement, ça m’inquiète. Il y a des sommes qui ont été promises, mais ça traine toujours, malheureusement. La gentrification fait aussi monter le prix des loyers.

Je veux être facilitateur de tout le financement (nécessaire pour faire aboutir les projets), que ce soit dans le logement, mais dans tous les autres domaines, c’est-à-dire le transport, l’environnement, la rareté de main-d’oeuvre et l’itinérance. »

Qu'est-ce que les citoyens de votre circonscription vous ont appris jusqu'ici?

« J’ai rencontré plusieurs aînés en colère. Des gens âgés par exemple de 73 ans, juste en dessous de 75 ans, l’âge pour recevoir un chèque [de pension de Sécurité de la vieillesse]. Ils sentent qu’il ne font pas le poids et qu’il y a maintenant deux classes d’aînés. ce sont les Libéraux qui ont imposé de monter ça à 75 ans. J’ai rencontré aussi des gens d’affaires, qui font face à une pénurie de main-d’oeuvre importante. »

« Aller aux élections en temps de pandémie, ce n’est pas le meilleur timing. C’est un agenda opportuniste. Le parlement fonctionnait avec un gouvernement minoritaire; le poids de chacun était important. »

« Dans le cadre de ma campagne, je vois que les gens veulent que je sois présent pour avancer les dossiers. À cause de la campagne, tous les efforts fournis dans le cadre du projet de loi sur l’assurance-emploi tombe aux oubliettes. On est comme dans le jeu de serpents et d’échelles.

Les gens les plus malades n’ont pas eu droit à la PCU; ils ont été laissés pour compte. Un des premiers critères à respecter est d’être en employabilité, mais une personne malade ne peut se qualifier. »

Qu’est-ce que les gens devraient savoir ou comprendre davantage quant au rôle et au pouvoir du député fédéral?

« Je suis réputé pour aller jusqu’au bout pour défendre les projets, les dossiers, bref, entreprendre les démarches nécessaires pour que les Québécois soient bien représentés. J’imagine que la plupart des députés vont penser comme moi. Quand on veut représenter tous les dossiers, c’est loin d’être des vacances. Je veux m’occuper aussi des projets laissés pour compte, abandonnés. »

« Le premier réflexe qu’un électeur a envers le député fédéral est de penser que le projet qu’il lui confie va se réaliser. Mais je ne peux pas dire que je vais régler ça. Il y a des problématiques qui sont de compétence municipale ou provinciale. Par contre, je peux les signaler [aux bonnes instances]. Et dès que je peux intervenir directement, je le fais, comme un agent de liaison.

Il y a, par exemple, une ruelle en gravier sur [l’avenue] Sainte-Geneviève vers la Citadelle qui forme une "cicatrice urbaine". Ça devait être une ruelle temporaire, mais ça dure depuis 2015. Il faut le signaler. »

« Je veux aller jusqu’au bout des dossiers et les défendre, comme toutes les Émilie Sansfaçon du Québec, de Trois-Rivières et du Nouveau-Brunswick. »

Le 31 août, un article d'Élisabeth Fleury dans Le Soleil révélait que M. Sansfaçon a lui-même combattu un cancer, aujourd'hui en rémission. On y levait aussi le voile sur son passé d'enquêteur à la Sûreté du Québec.

Tou.te.s les candidat.e.s confirmé.e.s au 1er septembre ont été contacté.e.s pour une entrevue. Les journalistes sont partis du même questionnaire de base, en modulant des questions de relance au besoin. Les portraits paraissent dans l'ordre où ils ont pu être complétés. Les propos des candidat.e.s ont été édités en fonction de critères de longueur, de format et de lisibilité. Les arguments, données, exemples et sources qu'ils contiennent sont rapportés sans intervention ni vérification.