Aimé, conducteur de tramway de 1911 à 1948 | 25 avril 2021 | Article par Carole Beausoleil

Les officiers et les conducteurs de tramways à Québec (Aimé Bélanger, à gauche, 2e rangée à partir du haut), accompagnés du Révérend Père Victor Lelièvre, O.M.I., vicaire de la paroisse de Saint-Sauveur, et fondateur de la Maison Jésus-Ouvrier, entre deux autres Pères, vers 1940.

Crédit photo: Michel Beaulieu (archives familiales)

Aimé, conducteur de tramway de 1911 à 1948

Une photo de groupe des employés, des officiers de la compagnie du tramway à Québec [1] et des Pères O.M.I., montre Aimé, mon grand-père, qui en faisait partie dès 1911.

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En haut, à gauche, l'homme qui porte un manteau avec un collet de fourrure : le maire? le président? le gérant-général de la Quebec Power? et les surintendants, portant tous des chapeaux en feutre. À l’avant, entre les deux Pères, assurément, le Père Victor Lelièvre, O.M.I., vicaire de la paroisse de Saint-Sauveur et fondateur de la Maison Jésus-Ouvrier.

C'était à l’occasion de la bénédiction d’une statue du Sacré-Cœur à la remise des tramways de Saint-Malo, le 26 février 1944 [2], ou pour souligner la création d’Hydro-Québec, le 14 avril 1944, immortaliser la fin des opérations du tramway fixée au 26 mai 1948 [3] ou d'autres occasions. M. René Bouchard, qui a conduit le dernier tramway [4], pourrait nous en apprendre davantage sur ce sujet.

Donc, à partir du haut, deuxième rangée, à gauche, se tient droit et fier mon grand-père. En 1911, Aimé est parti de Saint-Nicolas, par bateau, où un travail l’attendait. Dans l’annuaire de la ville apparaît le nom d’Aimé Bélanger, employé du Quebec Railway, d’abord sur la rue Sainte-Cécile, devenue Martello (aujourd’hui Lavigueur), ensuite sur la rue Lafayette en 1918, et enfin sur la rue Bouffard, en 1935, tout près de la remise des tramways (la Shed).

Aimé Bélanger, accompagné de son épouse, Julienne, et de leurs enfants, à Québec, en 1929.
Crédit photo: Michel Beaulieu (archives familiales)

Sur une autre photo de groupe, celle-ci de sa famille en 1929, apparaissent Julienne et les enfants, dont Aimé est le gagne-pain. Ma sœur aînée, Nicole, se rappelle que les conducteurs de tramway allaient à l’église les dimanches vers les cinq heures du matin :

« J'ai déjà entendu maman l'appeler la ‘‘messe des chauffeurs de taxi’’ parce qu'elle était très tôt et que certains hommes finissaient de travailler et que d'autres commençaient tôt. Il fallait être à jeun pour communier, et que ces hommes-là aient la foi pour se lever tôt, aller à la messe sans déjeuner, puis aller travailler un dimanche. »

À l'occasion d'une sortie sociale, portant le macaron, à gauche, Aimé Bélanger, un compagnon et Joseph Vézina. À l'avant, à gauche, un ami et Alyre, frère d'Aimé, vers 1950.
Crédit photo: Michel Beaulieu (archives personnelles)

Enfin, une dernière photo de groupe, des années 1950, illustre une sortie sociale. Debout, à gauche, Aimé est accompagné de deux compagnons de travail, qui portent aussi un macaron. S’ajoutent un ami et Alyre, le frère d’Aimé, à droite, qui porte des bottes à lacets hautes.

Ces photos conservées par mon cousin, Michel Beaulieu, en plus de raviver des émotions agréables, réveillent ces mots d’enfant prononcés par ma cousine :

« Elle l’aimait donc ben, grand-maman, pour l’appeler tout l’temps ‘‘aimé’’ ».

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[1] Quebec Railway, Light, Heat & Power Ltd, devenue Quebec Power (aujourd’hui Hydro-Québec)
[2] Article du journal Le Soleil du 28 février 1944, page 3
[3] Société d’histoire d’autobus du Québec
[4] Article et vidéo de Radio-Canada du 27 avril 2018