Loin d’être le Klondike pour les entreprises de plexiglass | 20 mai 2020 | Article par Véronique Demers

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Loin d’être le Klondike pour les entreprises de plexiglass

Bien qu’on pourrait croire que les entreprises fabricant du plexiglass aient pu faire des affaires en or et récolter des «pépites» en pleine pandémie, alors que tout le monde se ruait entre autres sur les visières protectrices et les panneaux en acrylique, il n’en est rien. Comme toutes les autres entreprises, elles ont dû s’ajuster pendant la crise, pour garder la tête hors de l’eau.

Lamicoid et Plexiglass sur mesure a carrément fermé ses portes pendant la crise du coronavirus, faute de matière première. « Il y a eu une rupture de matériel. […] On prévoit une réouverture le 6 juin », a précisé Yann Keays, propriétaire et président de Lamicoid et Plexiglass sur mesure, localisé sur Saint-Vallier Ouest.

Installé depuis près de 20 ans au coin des rues Saint-Vallier Ouest et de Marie-de-l’Incarnation, Compo Orléans a fermé ses portes pendant les premiers jours de la pandémie, avant de poursuivre ses activités à effectif réduit, pour fournir du matériel aux commerces qualifiés comme des services essentiels.

« On a commencé à produire sur mesure des panneaux séparateurs. Avant, on imprimait sur les acryliques, mais dans le contexte, il n’y avait aucune encre, seulement des panneaux montés avec des pieds. […] La visière protectrice n’était pas dans notre créneau, mais on a élaboré un prototype et fait les ajustements nécessaires. On a pu fournir à des pharmaciens, des dentistes et à des travailleurs horticoles, qui ramassent des légumes », détaille Julie Létourneau, copropriétaire avec ses soeurs Valérie et Geneviève.

Prix doublé

Les trois soeurs copropriétaires et un technicien de Compo Orléans ont tenu le fort au cours des dernières semaines, avant de réembaucher peu à peu des employés. « On est 11 dans l’entreprise, incluant nous comme propriétaires. Tous les employés ne sont pas encore revenus. On ne sait pas encore quand on va repartir à fond. Jusqu’à maintenant, notre production a été de 60 % de visières et 40 % de panneaux », précise Julie Létourneau.

Une des principales difficultés a été le manque de matériel et aussi le prix doublé de la feuille de plexiglass. « Il fallait tout payer sur le champ. Je n’avais plus de compte ouvert, c’était la réalité. Il a fallu aussi que je me débrouille auprès de d’autres fournisseurs, ailleurs, car ceux avec qui je faisais affaire ont été à un moment donné en rupture de stock », explique la copropriétaire de Compo Orléans, qui s’approvisionne entre autres à Toronto.

Le propriétaire d’Atelier Multifab, Guillaume Moreau, abonde dans le même sens. « Il y a eu une augmentation du prix de la matière première et on a souffert du taux de change, car on achète notre matière première aux États-Unis. On a de bonnes relations avec les fournisseurs. Heureusement, car sans leur collaboration, on n’aurait plus de matière première », témoigne M. Moreau, dont l’entreprise est située dans le quartier Saint-Sauveur, tout comme Compo Orléans.

Le chiffre d’affaires d’Atelier Multifab a fait volte-face du côté industriel vers le côté commercial. « Habituellement, j’ai 40 employés, mais pendant la crise, j’ai gardé seulement 5 employés, pour limiter les risques de contamination. Heureusement, on a de l’équipement numérique robotisé qui nous a permis de maintenir un certain niveau de production. On a fabriqué des boites d’intubation en acrylique, qui servent au personnel médical lorsqu’il doit intuber un patient (atteint de la COVID-19). On a fait aussi pas moins de 2000 écrans de protection pour des commerces », poursuit-il.

Guillaume Moreau se dit très fier de son équipe d’employés, qui ont démontré selon lui des idées novatrices, en plus de mettre les bouchées doubles pour suffire à la demande. « Ils ont travaillé sans compter leurs heures; ils savaient qu’ils aidaient à l’effort collectif pour se sortir de la crise. Mes employés ont démontré une belle capacité d’adaptation. Malgré la situation difficile, il y a une belle ambiance de travail », résume le propriétaire d’Atelier Multifab.