Florian Collin : coiffeur et esprit libre | 21 novembre 2020 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: Capture d'écran vidéo CCCQSS

Florian Collin : coiffeur et esprit libre

Minutieux, jovial et doté d’une grande capacité d’écoute, Florian Collin a coiffé une clientèle aussi diversifiée que le quartier où était situé son salon de coiffure pour hommes, Mirador. Après presque un demi-siècle à coiffer, Florian a donné récemment ses derniers coups de ciseaux. Il est décédé le 14 octobre dernier, à l’âge de 72 ans.

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Dans l’avis de décès, les témoignages affluent, tant des membres de la famille que des clients. Le directeur du Centre Durocher, Pierre Morin, a fait partie de ses clients pendant 45 ans.

« Il a coiffé jusqu’à la toute fin. Il ne pensait pas à la retraite. Couper les cheveux, c’était sa vie. Il couchait même parfois dans son salon de coiffure. (…) C’était un homme d’inclusion : il acceptait les pauvres, les riches, les vieux, etc. Dans les années 1980-1990, il a coiffé beaucoup de pompiers, de policiers et de fonctionnaires de Québec », témoigne M. Morin.

Le directeur général du Centre Durocher souligne que la qualité la plus notable de Florian Collin était sa grande discrétion. « Quand on disait quelque chose, c’était un tombeau. Il ne le répétait pas, et ne disait pas de commentaire sur un autre client. Il acceptait les gens tel quel », commente-t-il.

Grande discrétion

Curieusement, bien que Florian travaillait de longues journées – sans horaire fixe – dans le quartier Saint-Sauveur, c’est à L’Ancienne-Lorette qu’il avait sa demeure. « Il passait plus de temps dans Saint-Sauveur qu’à L’Ancienne-Lorette. Il a déjà eu une maison dans Saint-Sauveur sur la rue Saint-Vallier, qu’il a vendue », précise Pierre Morin, devenu au fil du temps ami avec Florian.

Le coiffeur a eu aussi pour client feu M. Latulippe père, du magasin du même nom, jusqu’à son lit d’hôpital, avant que celui-ci décède. « Florian était très ancré dans le quartier et attaché aussi au centre Durocher (du temps où il était situé sur la rue Carillon), où il achetait des lunchs et jouait aux quilles. Il s’est aussi impliqué financièrement », ajoute M. Morin.

Portrait vidéo

Le coiffeur du salon Mirador a d’ailleurs fait l’objet d’un des six portraits vidéo réalisés en 2012 par Stéphane Lahoud, dans la série web «Vivre Saint-Sauveur».

Ayant elle-même interviewé à l’époque Florian Collin alors qu’elle était au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), Marie-Joëlle Lemay-Brault insiste sur le fait que le projet visait à présenter des gens de Saint-Sauveur, d’âges et d’horizons divers, de manière positive.

« On a aussi interviewé une aînée, une artiste brésilienne, un jeune adulte (…) à l’époque où on a fait la série web, on voulait montrer divers visages du quartier qui le rendent si vivant et original », résume Mme Lemay-Brault.