Rémi Boucher : abattre des murs à la guitare | 25 septembre 2019 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Gracieuseté

Rémi Boucher : abattre des murs à la guitare

Ce samedi 28 septembre marquera un anniversaire important pour Rémi Boucher, résident de Saint-Sauveur depuis cinq ans. Le guitariste classique célébrera 30 années de carrière sur la scène internationale en ouvrant la saison de concerts de la Société de guitare de Québec.

« C’est la plus belle place du monde! », s’exclame-t-il en riant à ma première question sur son choix de s’installer dans le quartier. Né en Abitibi-Témiscamingue, Rémi Boucher a une mère guitariste, un oncle violoneux. À douze ans, il a commencé l’étude de la guitare classique. Au Conservatoire de musique de Montréal, il s’est démarqué par l’excellence de ses notes. Grâce à des bourses et des prix, il a ensuite perfectionné son art avec des maîtres au Canada, en Espagne, en Belgique, en Suisse. Depuis, seul ou avec orchestre, il monte sur scène en Amérique, en Europe, en Asie.

Rendre la musique accessible

Aussi enseignant à l’Université Laval et au Conservatoire de Québec, Rémi Boucher s’investit dans la démocratisation de son art. Chaque année, il organise une soixantaine d’ateliers gratuits, avec ses étudiants et des élèves d’autres écoles de musique, pour favoriser l’accès à la musique :

« J’ai eu beaucoup de support du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. En faisant des concerts à l’étranger, j’ai vu dans des pays très pauvres beaucoup de jeunes qui ont du talent […] Ça m’émeut beaucoup. […] C’est pour ça qu’ici, je veux offrir cette possibilité aux jeunes et aux parents. »

Pour ces ateliers, il ouvre aux jeunes et à leurs parents les portes du Conservatoire. Ils découvrent les lieux, s’exercent avec les partitions qu’il prépare pour eux, rencontrent d’autres jeunes qui leur ressemblent. « J’ai fait du rock à mes débuts, je sais ce que c’est, avoir des jeunes devant moi! », illustre Rémi Boucher. Cette rencontre avec la musique, pour eux, c’est aussi une occasion de franchir « un mur social, un mur psychologique », ajoute-t-il.

Des « épices personnelles »

Des murs, le guitariste classique en a aussi abattus en repoussant les limites de son instrument. Dans son répertoire, Vivaldi côtoie « Papillon chinois » – une composition inspirée d’une expérience dans un temple asiatique – aussi bien que les valses et musiques autrichiennes, mexicaines… Son concert anniversaire offrira l’occasion de voyager à travers l’étendue de ce répertoire jusqu’aux gigues et rigodons.

« J’ai commencé par un mouvement que j’interprétais en rappel pour faire rire les gens. Ils tapaient dans les mains – c’est assez rare en guitare classique… Pour les gens de chez nous, les gigues et rigodons sont souvent perçus d’une manière péjorative, mais à l’étranger, c’est différent. On me dit : oh, c’est la musique de ton pays! »

Avec ses techniques particulières, ses « épices personnelles », c’est comme s’il jouait « le violon, la basse et la guitare en même temps », explique-t-il. « Ça peut être fait dans toutes les musiques ethniques folkloriques, comme les danses russes, hongroises, tziganes. »

S’il fait poindre « des points d’interrogation » dans les yeux de son oncle violoneux, la virtuosité distinctive de Rémi Boucher lui a valu plusieurs récompenses. Il a remporté les concours Alessandria en Italie, A. Segovia à Palma de Mallorca, Havane à Cuba, M. Giuliani à Turin et F. Sor à Rome, parmi les plus prestigieux au monde. Il n’a pas pour autant oublié sa région natale. Au Festival des guitares du monde à Rouyn-Noranda, où il a emmené sa classe en mai dernier, il a participé à la création d’un camp musical « pas cher, pour que ce soit accessible ».

Rémi Boucher joue ce samedi 28 septembre à 20 h à la salle Henri-Gagnon du pavillon Casault de l’Université Laval. On retrouve les détails du concert sur le site de la Société de guitare de Québec et les informations sur sa carrière et son offre d’ateliers au https://www.remiboucher.com/ .