Samuel D. Lachance : « Saint-Roch pour découvrir le vrai Québec » | 10 octobre 2017 | Article par Céline Fabriès

Crédit photo: Céline Fabriès

Samuel D. Lachance : « Saint-Roch pour découvrir le vrai Québec »

Samuel D. Lachance, 23 ans, est l’un des plus jeunes candidats aux élections municipales. Étudiant en sciences politiques à l’Université Laval, il vit présentement à Sainte-Foy mais a habité Saint-Sauveur alors qu’il fréquentait le Collège Radio Télévision de Québec. Idéaliste, il souhaite un changement à la tête de la Ville de Québec pour promouvoir un district qui mérite d’être développé. Monsaintroch-Monsaintsauveur l’a rencontré pour une entrevue éditoriale.

« Si je rencontrais un touriste dans la rue qui me demandait où aller dans Québec pour découvrir la ville sous son plus beau jour, je dirais Saint-Roch », affirme Samuel D. Lachance sans oublier Saint-Sauveur, quartier auquel il est très attaché.

Le jeune candidat s’engage à être présent « partout où c’est nécessaire d’être », en particulier dans les conseils de quartier. « C’est aberrant qu’on ne s’y rende pas, c’est l’input pour tous les conseillers municipaux. Si vous voulez savoir ce que les gens pensent, le minimum, c’est de s’y rendre », s’insurge Samuel D. Lachance.

Le jeune homme prône fièrement les valeurs de Québec 21, et malgré son âge, il est persuadé d’avoir la confiance de son chef pour piloter des dossiers comme la bibliothèque Gabrielle-Roy. S’il n’est pas contre certaines rénovations, Samuel D. Lachance s’oppose à sa fermeture pendant deux ans et redoute une relocalisation temporaire hors de la Basse-Ville.

« On voit bien qu’il y a des tapis à changer, la peinture à refaire, mais la fermer pendant deux ans, là je ne peux pas, c’est un service de proximité qui est important », souligne le candidat de Québec 21. « Les employés ne sont pas au courant non plus de ce qui va leur arriver pendant ces deux années », poursuit-il.

Place aux piétons mais pas au détriment de la voiture

Utilisateur du transport en commun et piéton, Samuel D. Lachance se sent profondément interpellé par la sécurité des piétons. « Dans les rues résidentielles, les automobilistes ont parfois le pied pesant ». Il souhaite donc travailler pour réduire la vitesse dans certaines rues du district pour permettre aux enfants de jouer en toute sécurité. Pour cela, il veut mettre plus de panneaux signalant les piétons et renforcer la présence policière. Par contre, il n’est pas question pour le candidat de Québec de se lancer dans une guerre contre l’automobile.

Si vous voulez que je mette des bâtons dans les roues des automobilistes sur des rues passantes, j’avoue que moi, je n’ai pas envie de m’embarquer là-dedans, je veux une solution qui fasse plaisir à tout le monde, qui est équilibrée. Je ne veux pas me lancer dans une guerre aux piétons, aux cyclistes, au transport en commun, mais d’un autre côté, je ne veux pas une guerre à l’automobile.

Dans Saint-Roch, sur l’artère commerciale, pas question d’interdire la rue aux automobilistes aux heures de pointe, mais il ne ferme pas la porte à une piétonnisation le soir. « Si les résidents et les commerçants demandent la fermeture de la rue [Saint-Joseph] le soir pour laisser les piétons circuler librement parce qu’il y a des restaurants et que c’est achalandé, pourquoi pas », avance-t-il.

Dans Saint-Sauveur, sans avoir encore rencontré les commerçants et les citoyens, Samuel D. Lachance a déjà pris la décision de ne pas piétonniser la rue Saint-Vallier Ouest. « La circulation est trop dense et il y a beaucoup de commerçants à qui ça déplairait. »

Pendant l’entrevue, le jeune candidat s’enflamme également face au mauvais déneigement dans le district, en particulier dans Saint-Sauveur. Il promet le déneigement de tous les trottoirs. « Je ne peux pas tolérer que le service ne se fasse pas. Les gens payent des taxes. Le déneigement doit se faire, c’est un engagement de la Ville, c’est le minimum. Si on n’est pas capable d’offrir le déneigement, l’eau potable et le ramassage des déchets, à quoi ça sert d’avoir une administration municipale ? »

Redéfinir le transport en commun

La philosophie actuelle du Réseau de transport de la Capitale (RTC) ne plait pas à Samuel D. Lachance. « Il y a des endroits de la ville de Québec qui sont mal desservis. J’aimerais un service de transport en commun qui est performant, où il n’y a pas d’excuse. Je veux un transport en commun qui est capable de desservir tout le monde y compris les banlieues », revendique-t-il.

Mais le candidat rejette complètement l’idée d’un mode de transport structurant que la population n’utilisera pas, selon lui, et préfère investir dans la création d’un troisième lien autoroutier.

Le projet n’est pas approuvé par la population de Québec, les tollés qui ont été soulevés lorsque le maire sortant a tenté de l’imposer à la population, ce n’est pas passé. Il y a aussi les raisons des coûts, on a plusieurs dépenses à faire en infrastructures, notamment le troisième lien à l’Est.

Un gel des taxes sur quatre ans

Pour aider les artères commerciales, la priorité de Samuel D. Lachance est de finir la revitalisation de Saint-Roch. Pour cela, il préconise un gel des taxes commerciales pendant quatre ans pour aider les commerçants à investir dans leur commerce et leur quartier.

Ce que j’entends des entrepreneurs, ce sont les taxes municipales, l’impact que ça peut avoir. Il y a beaucoup de jeunes entrepreneurs qui ont parti des petits commerces, pour eux c’est plus qu’un simple revenu, c’est un rêve qu’ils cherchent à réaliser. J’aimerais les soutenir là-dedans.

Protéger les résidents les plus démunis

Les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur comptent une population avec des revenus aisés, mais aussi avec de faibles revenus. Samuel D. Lachance souhaite protéger avant tout les plus démunis pour qu’ils ne soient pas chassés de leur logement face à l’augmentation des loyers.

« Je veux éviter que les loyers et les taxes municipales se mettent à monter en flèche et que des gens à faible revenu ne puissent plus se loger, comme c’est arrivé dans Saint-Roch », explique le candidat.

Le jeune homme ne veut pas pour autant freiner le développement économique avec l’arrivée de nouveaux modèles d’affaires comme Airbnb.

Des gens louent leur logement quand ils ne sont pas là pour financer leur achat, c’est de l’économie de partage. Je comprends les préoccupations des hôteliers, mais que ce soit avec Airbnb, Uber, l’économie de partage c’est l’avenir, il faut s’adapter.

S’il est d’accord pour un encadrement afin d’éviter les dérives, Samuel D. Lachance refuse des règlements qui empêcheraient la création d’un nouveau modèle d’affaires . « Quand on essaye de freiner une innovation, parce qu’on veut garder une façon de faire telle qu’elle était il y a 40 ans, comme si rien ne devait changer et que tout était parfait, c’est clair qu’on hypothèque les nouvelles opportunités d’affaires. »