L’incendie de 1866 (4 de 4) – Flamme et résilience | 16 octobre 2016 | Article par Boris Perron

Crédit photo: Ghislain Martineau

L’incendie de 1866 (4 de 4) – Flamme et résilience

Cette année, le 14 octobre marque le 150e anniversaire de l’incendie de 1866 de la Basse-Ville de Québec. Pour souligner l’événement, Monsaintroch et Monsaintsauveur présentent une série de quatre récits inspirés de cette triste journée.

Au printemps 1867, environ six mois après le terrible incendie, un groupe de jeunes pensionnaires des Augustines préparent une pièce commémorant les événements.

ADÈLE — Mimie ! Emma ! Que pensez-vous de monter une représentation ayant pour sujet le grand incendie ? La séance pourrait avoir lieu à la fin de cette année. J’en ai discuté avec nos chères Augustines et elles pensent que cela serait tout à fait approprié.

EMMA — Surtout que plusieurs d’entre nous ont été profondément affligées. Pensez à cette pauvre Mathilde. La reconstruction de leur maison n’est pas encore terminée et elle n’a pas revu sa famille depuis l’automne dernier. Elle voudra sûrement jouer un rôle dans la pièce.

MIMIE — Et Mathilde n’est pas la seule. Pensez à toutes ces familles qui ont été dans l’obligation de se séparer pour trouver refuge chez de la famille ou des amis. Il leur a fallu beaucoup de courage pour surmonter cette épreuve.

ADÈLE — Il ne faudrait pas oublier non plus de parler de ces valeureux soldats et matelots qui ont combattu le brasier. Sans eux, que serait-il advenu de notre cher vieux Monastère et de l’Hôpital ?

EMMA — Ils ont peut être sauvé le Monastère et l’Hôpital, mais aussi tous ceux qui y avaient  trouvé refuge. Malgré notre soutien, les efforts de nos chères Augustines et des hommes présents n’auraient probablement pas suffi à contenir l’incendie en dehors de l’enceinte.

MIMIE — Et que dire du dévouement des artilleurs royaux et du brave lieutenant Baines. Mourir si jeune et si courageusement ! Il paraît qu’il a eu droit à des funérailles militaires dignes d’un grand combattant.

EMMA — Il les méritait amplement. Savez-vous que sa mère et sa sœur ont écrit aux Augustines pour les remercier des bons soins qu’elles lui ont prodigués ? Nos Augustines ont évidemment pris la peine de mentionner que l’héroïsme de leur frère et de leur fils attise depuis nos prières quotidiennes.EMMA — Malgré tout, je pense que ce triste événement aura surtout fait jaillir un élan de générosité incomparable de la part de nos compatriotes.

MIMIE — Tu as raison. C’est probablement la plus grande leçon à retenir de ce grand malheur.

EMMA — C’est vrai, l’aide et les secours ont afflué aussi vite que la nouvelle s’est répandue. Les citoyens de Québec, mais aussi de tout le pays ont donné généreusement pour aider les pauvres incendiés.

MIMIE — Pas seulement de tout le pays, mais aussi d’Irlande et d’Écosse ! La Reine elle-même, ainsi que plusieurs compagnies d’Angleterre, ont tendu la main. Il paraîtrait qu’une tribu indienne aurait même donné l’argent que le gouvernement lui consent pour aider les infortunés.

ADÈLE — Voilà qui est fort intéressant. Il ne nous reste plus qu’à trouver quelques consœurs pour préparer notre pièce. Je crois qu’avec un tel sujet, notre auditoire ne pourra qu’être touché droit au cœur.

Malgré un contexte historique, les auteurs tiennent à préciser que certains faits et personnages de ces récits sont tirés de leur imagination. Ces derniers n’ont pour unique prétention que de rendre hommage, à leur manière, à la Basse-Ville de Québec et à ses habitants du XIXe siècle.

Remerciements sincères aux Augustines de l’Hôpital Général de Québec pour leur inspiration et leurs précieuses archives.

Lire le 1er récit : L’incendie de 1866 (1 de 4) – Feu et frayeur

Lire le 2e récit : L’incendie de 1866 (2 de 4) – Braise et inquiétude

Lire le 3e récit : L’incendie de 1866 (3 de 4) – Cendre et désolation