Le Fin Gourmet souffle 20 bougies

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En restauration, on entend plus souvent qu’autrement parler de difficultés et de fermetures. Un établissement qui atteint le cap des 20 ans est donc un rare événement qui se doit d’être souligné, à plus forte raison si cet établissement a pignon sur rue dans Saint-Sauveur. C’est le cas du Fin Gourmet, une institution du quartier, qui fête cette année son vingtième anniversaire.

Un hasard de la vie

Bien intriguée, je demande à Marina Bhérer, la propriétaire de l’établissement, quelle mouche avait bien pu la piquer il y a vingt ans pour qu’elle choisisse d’opérer un restaurant en plein cœur du quartier Saint-Sauveur, alors que sa fille Elsa était toute petite. C’est en éclatant de rire qu’elle me raconte que, bien qu’elle caressait le rêve d’ouvrir un restaurant, elle ne pensait pas du tout au quartier, même si elle y habitait.

C’est le restaurant qui est venu à moi », ajoute-t-elle.

Alors employée du Lapin Sauté, s’immisçant toujours dans les chaudrons des chefs avec ses mille et une questions, Marina fréquente à l’occasion un petit restaurant de sous-marins et pizzas au coin des rues Marie-Louise et Raoul-Jobin. La propriétaire de l’époque souhaite se départir de son restaurant et, s’étant prise d’affection pour Marina et sa fille Elsa, elle lui propose de prendre sa relève. C’est à trois occasions qu’elle devra réitérer son offre avant que Marina accepte.

Une vision claire dès le début

Même si elle n’a pas d’expérience véritable en cuisine à l’époque, Marina sait ce qu’elle souhaite pour son restaurant dès le départ.

J’ai toujours voulu que tout soit fait maison – TOUT ! », lance-t-elle fièrement.

Pendant 15 ans, c’est elle qui a été à la tête des cuisines, en collaboration avec différents chefs, tout en étant aussi au service et à la gestion… OUF ! Depuis 5 ans, c’est un chef qui s’occupe des cuisines, mais Marina approuve toutes ses recettes et garde la mainmise sur les desserts, qu’elle fait toujours elle-même.Maintenant adulte, sa fille Elsa est devenue son associée et gère le restaurant avec sa mère, avec la même passion et la même fierté. On sent que le restaurant évolue tranquillement, tout en demeurant imprégné de la personnalité de Marina : la carte des vins nous est proposée sur iPad, Elsa (en bonne participante de la compétition Made with Love) offre différents cocktails et le menu est résolument bistronomique – on mise toujours sur des ingrédients locaux, comme Marina le faisait depuis ses débuts.Quand on leur demande quelle est la plus grande difficulté qu’elles doivent surmonter, mère et fille sont d’accord : la planification. Aucun reste, juste à temps, maximiser les achats et le budget… mais elles s’empressent de dire que c’est le lot de tous les restaurateurs, et que ce n’est pas un plus grand défi pour elles que pour quiconque.

Un quartier qui a évolué

Les changements qui s’opèrent dans le quartier se manifestent aussi dans le restaurant.

Avant, notre clientèle ne provenait pas du tout du quartier. C’est assez récent d’avoir des gens du coin ici, mais ça commence de plus en plus, surtout les petites familles au brunch, le dimanche », affirme Marina.

Ça n’empêche pas les gens du quartier, qui parfois n’ont jamais mis les pieds dans l’établissement, d’être fiers d’avoir le Fin Gourmet à quelques coins de rue de chez eux. Et c’est un sentiment de bon voisinage que le Fin Gourmet leur rend bien : Marina raconte en riant qu’une voisine est déjà venue au restaurant comme on va chez son voisin, car il lui manquait un ingrédient pour finir une recette.Quand on leur parle de projets d’avenir, les deux femmes se regardent, complices. On sent que ça bouillonne dans leur tête. Mais une chose est certaine : ça se passera dans Saint-Sauveur !

Demain, retrouvez Sylvie Isabelle au Fin Gourmet, à table cette fois.

Le Fin Gourmet774, rue Raoul-Jobin418 682-5849