David Forbes, le chef au grand cœur

Superviseurs au travail

Le 28 septembre prochain, David Forbes sera le chef d’orchestre de l’événement La Soirée des leaders, au profit de la Fondation de la Maison Michel-Sarrazin : il a réuni autour de lui plus de 25 chefs de la ville de Québec qui mettront leurs talents en commun pour régaler les papilles des philanthropes réunis à l’Espace Dalhousie. Monsaintsauveur a rencontré ce chef au grand coeur.

Si le chef a déjà accompagné un proche lors de ses derniers jours à la maison de soins palliatifs, ce n’est pas la seule raison qui le pousse à s’impliquer dans la cause et dans La Soirée des leaders. Ce qui l’anime profondément, on le constate facilement, ce sont les relations humaines et la chance de redonner au suivant.

De Limoilou à Saint-Sauveur

Ayant grandi à Limoilou, David s’est établi dans Saint-Sauveur il y a 10 ans, en 2006. Et comme plusieurs nouveaux arrivants, il est passionné de son quartier.

Saint-Sauveur il y a 10 ans, ça ressemblait beaucoup à Limoilou à la fin des années 1970. Le parc Maizerets était pas mal laissé à l’abandon, c’était loin d’être ce que c’est aujourd’hui… Aujourd’hui, c’est vrai que Saint-Sauveur s’est gentrifié, mais pas trop. Des familles se sont installées, ont rénové leurs maisons, certaines avec plus de moyens, d’autres entretiennent tout simplement ce qu’ils ont, mais c’est un quartier où on se salue, où on connait ses voisins… »

Ses yeux brillent, et on sent facilement son attachement à Saint-Sauveur. Le plaisir qu’il a à en parler est évident, autant que lorsqu’il parle de cuisine, un domaine auquel il ne se destinait pourtant pas du tout. À 25 ans, il étudie à l’Université Laval en journalisme tout en étant plongeur aux Anciens Canadiens. Et c’est sur un coup de tête qu’il décide de s’inscrire à l’ITHQ à Montréal.

De commencer plus tard comme ça, ça me donnait l’avantage d’avoir vu des chefs travailler en masse. Je m’amusais à cuisiner chez nous, je leur posais des questions, je connaissais pas mal mes bases… Et surtout, j’avais conscience du client. »

DavidForbes_creditMartinOtisLe sourire aux fourneaux

Alors que certains chefs laissent de côté leurs premières expériences professionnelles en parlant de leur parcours, David souligne les apprentissages qu’il a fait à chaque endroit : des déjeuners à l’El Dorado sur Mont-Royal aux caisses de calmars * au Blue Lagoon à Euro Disney, en passant par les petites auberges, il n’a que de bons mots. On se doute bien que tout n’a pas toujours été parfait, mais cela semble être une philosophie de vie pour David : de ses expériences, il ne nous parle que du positif et de la chance qu’il a eu de les vivre.De fil en aiguille, il se retrouve dans l’équipe du renommé Leméac à son ouverture et, après deux ans au sein de cet établissement, il part bourlinguer un an au Mexique puis au Guatemala et termine par un passage dans un restaurant français de Vancouver, Pastis –  encore plus français que des vrais Français », dit-il, sourire en coin.C’est à son retour que David commence à faire sa marque à Québec, tout d’abord au Clocher Penché, où il prend goût à la cuisine ouverte qui lui permet de garder un œil sur les clients et leurs réactions lorsqu’ils reçoivent leurs plats. Il travaille ensuite chez Pâtes à tout – encore aujourd’hui, il ne tarit pas d’éloges à propos des produits. Il fait un bref passage à l’Utopie et prend ensuite les commandes du Cercle pendant cinq ans. On connait la suite : il sera de l’ouverture du restaurant Les Labours, à Baie-Saint-Paul, et reviendra ensuite à Québec pour être de l’ouverture du bistro Ciel ! des Restos Plaisirs, dans l’ancien Concorde.

Cuisiner pour l’humain

David enchaîne les anecdotes, de sa joie de voir la communauté culinaire de Québec se mélanger de plus en plus, du plaisir d’improviser un barbecue entre amis… Et on comprend davantage ce qui l’a attiré vers ce domaine : la nourriture est un prétexte pour entrer en contact avec l’humain, pour lancer les conversations, pour rassembler, pour prendre soin des gens et redonner un peu de ce plaisir que l’artiste a à agencer les saveurs dans l’assiette.En terminant, quand on lui demande quel est son but pour La Soirée des leaders de la Fondation de la Maison Michel-Sarrazin, son sourire en coin revient : « Je veux que ce soit leur événement le plus réussi à date. De loin ! »* NDLR : Pour bien comprendre ce que cette expérience représente, je vous suggère de tenter l’expérience d’apprêter UN calmar. Imaginez-vous ensuite en apprêter PLUSIEURS caisses, tous les jours. Je vous assure que vous aurez un respect renouvelé pour le chef chaque fois que vous commanderez des calmars au resto.À lire aussi : Enfin les vacances