Nous ne sommes pas seules

Nous ne sommes pas seules

J’aime les maisons à lucarnes. Ces saillies servant à faire entrer la lumière, à aérer l’espace, à donner accès aux hauteurs du bâtiment. Ainsi, j’eus un petit sourire en coin lorsque je constatai que Le Centre des Femmes de la Basse-Ville comportait ces dites lucarnes. Comme une promesse que ce lieu regorgeait d’espoir et tendait vers l’avancement.

Car je dois avouer qu’en m’y rendant, j’avais plusieurs questionnements quant à sa fonction et son rôle dans le quartier. Je me demandais si ce centre de jour tendait davantage vers le repli de soi des femmes que leur émancipation. Vers la victimisation plutôt que le dépassement de soi. C’est donc dans cet état d’esprit que je sonnai à sa porte.Au 380 de la rue serpentine, on retrouve plusieurs indices d’une communauté tissée serrée. Une affiche illustrant deux femmes, ou quand l’amour est légalisé. Une bibliothèque féministe, ou le pouvoir de s’informer. Un salon, ou plutôt deux, afin de se poser pour mieux avancer. Une salle de conférence qui pousse à se questionner pour évoluer. Mais avant tout, on y retrouve des femmes. Des femmes travaillant à offrir à leurs comparses un lieu d’écoute, d’échange, mais aussi un lieu de réflexion et d’action.On m’explique les différentes actions posées pour « améliorer les conditions de vie des femmes, tant au niveau individuel que collectif. » À l’interne, cela consiste bien entendu à accueillir, écouter les femmes et les diriger vers les ressources nécessaires à leur cas spécifique. Il s’agit aussi de faire de l’éducation populaire afin de susciter la réflexion et amener à l’action. Des cafés-rencontres portant sur divers sujets sont organisés tous les jeudis. Divers groupes de soutien ont également été mis sur pied. Mais en-dehors de la petite maison à lucarne, les actions se posent sous différentes formes : manifestations pour défendre les droits des femmes, actions contre l’austérité, présence dans les HLM… Au moment de ma visite, on est d’ailleurs en plein préparatifs pour la Marche mondiale des femmes. Un contingent de quelque cinq autobus bondés s’apprête à quitter pour Trois-Rivières le 17 octobre. Des voix qui tendent à s’élever, des ondes qui sont émises au-delà du quartier.« Les droits sont là, mais en principe seulement. En pratique, c’est autre chose. » Ainsi, une lutte reste à faire. Pour ce faire, les employées et bénévoles du centre – ou militantes comme on les appelle – collaborent avec divers organismes de la province, s’unissent avec eux pour que les femmes aient leur place dans les actions communautaires, pour qu’elles se fassent entendre, reconnaître et respecter.Et si vous aussi vous avez les conditions de vie des femmes à cœur, je vous encourage fortement à aller faire un tour au centre, et à vous impliquer dans l’un des comités. Car ma visite en ce lieu m’a confirmé que c’est ensemble, grâce à la solidarité, que nous accéderons à l’égalité. Que rien n’est acquis. Que 32 ans après l’ouverture du Centre des Femmes de la Basse-Ville, sa place est toujours essentielle dans notre communauté, et qu’il est en notre devoir de la perpétuer.

Centre des Femmes de la Basse-Ville380, rue Saint-Vallier Ouest418 648-9092