Nostalgie d’été : hommage aux vaillants jardiniers de la rivière Saint-Charles

paysage automne_petitAvec l’automne bien entamé, j’ai dû faire le deuil d’un travail, mais surtout d’une balade quotidienne à vélo le long de la rivière Saint-Charles pour me rendre jusqu’à l’entrée du Vieux-Port.En plus d’en tirer un sentiment de liberté incroyable, j’ai profité matin et soir durant l’été de la beauté du décor, tous mes sens aux aguets. En juillet, c’était le parfum entêtant des roses. En août, les hémérocalles ont égayé la route, puis les rudbeckies en septembre et, jusqu’à plus récemment, des massifs de graminées se balançant au vent.Camionnette_petiteCette splendeur, nous la devons aux vaillants employés de la Société de la rivière Saint-Charles qui se démènent, tôt en semaine, pour embellir les abords de la rivière. Je les ai vus travaillant comme des forcenés, s’échinant à tailler, désherber et débroussailler ce coin de paradis pour citadins. J’avais toujours une pensée amicale pour eux dès que je les croisais sur ma route, eux et leurs petites camionnettes japonaises. Ce billet se veut un hommage à leur travail patient et exigeant.

Vive la volonté citoyenne !

Pour mieux connaître la mission de la Société de la rivière Saint-Charles, j’ai rencontré Olivier Meyer qui y travaille depuis 2007. Ce citoyen engagé du quartier Saint-Sauveur – parti pour une année d’aventures avec sa famille à Nelson, en Colombie-Britannique – m’a expliqué que la Société est née en 2000 de la volonté de citoyens qui voulaient mettre en valeur les 32,5 km de sentier de la Saint-Charles.

Nous nous occupons de l’aménagement et de l’entretien des berges pour le compte de la Ville, qui est notre partenaire, m’a-t-il précisé. Nous faisons aussi de l’animation et de la sensibilisation. »

Jardinierstravail_petiteEn tout, la Société engage 35 employés l’été – 6 à l’horticulture et 9 à l’entretien des parcs de l’Escarpement, des Saules et Chauveau – et 15 l’hiver. Pas étonnant que la Société embauche autant durant la belle saison : désherbage, taille arbustive, plantation, pose de paillis et entretien des sentiers gardent les employés bien occupés.L’aménagement des berges de la rivière est pensé en vue de créer des habitats fauniques, entre autres pour les salamandres, les grenouilles et la sauvagine. Olivier m’a fait aussi remarquer que, du côté de la rivière, l’aménagement est le plus naturel possible, alors que de l’autre, il est davantage ornemental. De toute évidence, ce travail a profité puisque la rivière et ses berges ne comblent pas que les cyclistes et marcheurs comme moi : les oiseaux de rivage dont les canards, cormorans, grandes aigrettes, sternes et grands hérons les apprécient tout autant.

Des services méconnus

Peu de gens le savent, mais nous faisons de la patrouille nautique et pédestre, m’a appris Olivier. Nous prêtons aussi des audio-guides, offrons des randonnées guidées ainsi qu’un service de navette que les randonneurs peuvent réserver 48 h à l’avance. »

Pour mieux connaître la Société, on peut d’ailleurs visiter la maison Dorion-Coulombe, une demeure ancestrale tout près du parc Cartier-Brébeuf, qui loge les bureaux de la Société et joue le rôle de centre d’information et de sensibilisation.C’est grâce à la Société de la rivière Saint-Charles qu’il existe un laboratoire de vulgarisation à la Marina Saint-Roch ou encore qu’il est possible de glisser et de patiner à la Pointe-aux-Lièvres. Elle est aussi l’instigatrice d’activités qui nous font aimer et apprécier davantage la rivière, comme le festival Vagues-en-Ville au parc Chauveau, la Fête de la rivière Saint-Charles ou encore la Randonnée aux mille couleurs.

Pêche et piste de ski de fond

Olivier Meyer nourrit, tout comme ses collègues, des plans d’avenir pour la rivière. Il rêve d’installer, tout au long des sentiers, des exerciseurs et des barbecues à gaz comme en Australie. Et pourquoi pas des camions de cuisine de rue comme à San Francisco ?Paysage hiver_petitPlus concrètement, la Société travaille sur un projet de piste de ski de fond qui devrait bientôt voir le jour. « Nous voulons aussi intensifier les activités nautiques, dont la pêche, quand la qualité de l’eau le permettra », a affirmé le biologiste tout en m’expliquant que, du barrage Samson jusqu’au parc Les Saules, la norme n’est pas atteinte. « C’est un processus lent. » N’empêche, la rivière est un joyau que ses collègues et lui continueront longtemps d’entretenir et d’embellir pour notre plus grand agrément !

Société de la rivière Saint-Charles332, rue Domagaya, Québec  G1L 5B1418 691-4710

[ En complément de lecture sur Monsaintroch.com : Le retour du grand héron ]