Maison Revivre, 35 ans de providence

J’ai entendu parler de la Maison Revivre pour la première fois au début des années 90. J’étais à un dîner de Noël avec mon régiment et on m’avait demandé de « disposer » des restes. Il y en avait pour au moins 40 personnes. Normalement, la consigne voulait qu’on ne donne pas les restes, au cas où quelqu’un serait malade et que ça nous revienne dessus. Mais ce qui est génial avec l’armée, c’est qu’on a toujours des tas d’opportunités pour ne pas écouter les ordres. Il faut juste pas se faire prendre.Après quelques téléphones infructueux, un collègue natif de Saint-Sauveur m’avait suggéré la Maison Revivre.

– C’est une maison qui vient en aide aux hommes itinérants ou en difficulté. Ils ne reçoivent pas de subvention. Alors ils acceptent pas mal tout.- Pas de subvention?- Non, pas de subvention. Mme Samson, la fondatrice, disait qu’on donne pour donner et que des subventions, c’est pas toujours donné gratuitement ».

En tout cas, ils étaient très contents de recevoir mon dîner et moi aussi de pas avoir à le mettre aux poubelles.En 2013, la Maison Revivre a fêté ses 35 ans. Mme Colette Samson a débuté son oeuvre en 1978, dans sa demeure du quartier Saint-Roch. En 1986, l’organisme a acheté l’édifice où il se situe présentement, au 261 Saint-Vallier Ouest.Je suis allé y faire une visite le 23 décembre dernier, juste avant le tourbillon des fêtes.C’est avec fierté que M. Martin Payeur, directeur de l’établissement, me parle de l’œuvre de Mme Colette Samson. Il faut dire qu’elle est encore très présente. Son portrait nous surveille dans plusieurs des pièces.

Mme Samson souhaitait que son organisme soit indépendant des subventions et elle voulait diriger son organisme comme elle l’entendait. Elle croyait en la providence et la Maison Revivre a  toujours vécu des dons qu’elle reçoit et ce que nous recevons, nous le donnons gratuitement.Quand une personne arrive ici, normalement ça va pas fort. Le premier mois, on lui refait une santé, du repos, des vêtements. On l’engraisse un peu disons. Le deuxième mois, on lui demande de s’impliquer dans les tâches. On lui donne des responsabilités, ça lui donne confiance en lui. Le troisième mois, on le prépare à se prendre en main et à devenir autonome. C’est un peu ça notre recette. »

En plus de l’hébergement temporaire pour les hommes, la Maison Revivre offre un service de soupe populaire pour tous, le midi, un comptoir vestimentaire pour hommes et des paniers alimentaires pour les familles ayant des enfants.

– Vous faites tout ça juste avec des dons ?- Oui, juste avec des dons et beaucoup de bénévoles.- Les biscuits ?- Don de M. Leclerc.- Les produits laitiers ?- Surplus du Metro Saint-Émile.- La viande?- Surplus d’épicerie. Mais des fois on reçoit des orignaux ou des chevreuils qui sont saisis pour braconnage ou abattus pour du contrôle de cheptel.- Les douches sont flambant neuves ?- Oui, c’est un entrepreneur qui nous a donné du temps gratuitement. Ça a coûté la moitié du prix.- Hé, c’est une télé 42 pouces dans le salon ?- Oui, la députée, Mme Agnès Maltais, a participé à un tirage pendant Saint-Sauveur en fête. Elle avait mis la Maison Revivre à contacter si son billet était tiré. Et voilà! »

Ok, là j’avoue. Ça, c’est vraiment de la providence!M. Payeur m’a gentiment proposé de manger avec eux. Malheureusement, j’avais quelque chose d’autre de prévu.J’ai profité de mon congé des fêtes pour faire un sérieux ménage de mes tiroirs et mon garde-robe. Ce qui était presque neuf, je l’ai mis dans une boîte et je suis allé le porter à la Maison Revivre. Ce qui était fini, je l’ai mis aux poubelles. Ils étaient très contents et moi aussi.