De Montcalm vers Saint-Sauveur

Ces dernières années, tout comme moi, plusieurs de mes amis ont fait le saut de Montcalm vers Saint-Sauveur. Bien entendu, le coût des loyers et des propriétés, plus abordable, est un facteur déterminant, mais il n'est pas le seul attrait du quartier.Parmi ces amis, il y a Michaël et son amoureuse Marie-Claude - depuis quelques mois, ils sont bel et bien installés dans un nouveau condo, dans un quartier qu'ils apprivoisent à chaque jour. Fait intéressant, leur propriété fait partie d'un immeuble reconverti en unités de logements: il s'agit de l'ancienne manufacture des glaces Frontenac, sur la rue Oscar-Drouin, tout près des berges de la rivière Saint-Charles. L'endroit est donc on ne peut plus urbain, tout en ayant une proximité attrayante avec la nature.Si le déclencheur de leur déménagement a été le souhait d'avoir un chien (ce que leur propriétaire ne permettait pas dans leur logement de Montcalm), c'est bien cette proximité qui a été le facteur déterminant pour ce couple de jeunes professionnels. Adeptes de sports de plein-air, ils se retrouvent dans le parc Victoria dès leur porte franchie, ou presque.Et en dépit de ce qu'on pourrait penser, Michaël et Marie-Claude trouvent leur nouveau quartier beaucoup plus calme que Montcalm. Ce secteur de la haute-ville est pourvu de nombreux bars d'où se dispersent les fêtards aux petites heures du matin. À proximité du parc Victoria, même si on se trouve en plein centre-ville, ce sont plutôt les oiseaux qu'on entend dès les premières lueurs de l'aube.Jusqu'à présent, la seule chose qui leur manque vraiment dans leur nouveau quartier, c'est un plus grand choix de commerces de proximité. Ironiquement, la majorité de leurs courses se fait dans Saint-Roch, alors qu'ils préféreraient plutôt encourager des commerces locaux. Inutile de dire qu'ils attendent avec impatience le retour du marché public dans Saint-Sauveur et qu'ils espèrent que l'initiative sera maintenue cette année tout au long de la belle saison.Par ailleurs, Michaël et Marie-Claude ont tout de suite été conquis par le côté multiethnique de ce quartier de Saint-Sauveur, probablement l'un des plus diversifiés de la ville de Québec.Puis, impossible d'y échapper - on doit parler gentrification. Aux yeux de Michaël, le phénomène n'est pas forcément négatif, s'il ne s'accompagne pas d'une aseptisation des quartiers. Il croit fermement que pour l'instant, les jeunes professionnels qui viennent s'installer dans Saint-Sauveur acceptent et recherchent même une certaine mixité sociale - pas question de venir dans Saint-Sauveur si on recherche l'homogénéité. Cette mixité se doit d'être maintenue et encouragée selon lui, et des activités telles le marché public permettent justement aux citoyens de se côtoyer et de se rencontrer.En concluant, Michaël compare volontiers Saint-Sauveur à un quartier de San Francisco qu'il a eu l'occasion de visiter récemment avec Marie-Claude: The Mission District. Considéré comme un quartier dangereux il y a encore peu de temps, The Mission District est de venu attrayant pour les jeunes professionnels et entrepreneurs qui s'y sont établis, aux côtés de nombreux artistes. Cette dynamique a fait de ce secteur un lieu vibrant et en pleine effervescence. Aux yeux de Michaël, c'est exactement là que se situe Saint-Sauveur: à la croisée des chemins, avec en main tous les atouts nécessaires pour devenir un quartier unique.