Avenir du Centre Durocher: une Maison de la culture et une vision de quartier

Comité travail avenir Durocher

Lors d’une conférence de presse ce matin, Éric Martin, Lynda Forgues et Danielle Papillon du Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) ont dévoilé la double proposition déposée à la Ville de Québec pour l’avenir de l’ancien Centre Durocher.

Un comité de travail citoyen a élaboré les deux propositions à partir des résultats de l’assemblée publique consultative tenue le 24 septembre dernier. Toutes les interventions convergeaient vers une volonté de conserver la vocation publique et communautaire du site et, dans la mesure du possible, son patrimoine bâti.  Cette volonté s’était aussi exprimée plus tôt en cours d’année, par le biais d’une pétition de près de 3000 signataires.

Une maison de la culture

Ancien Centre DurocherD’une part, la proposition du CCCQSS est celle d’une maison de la culture abritant un auditorium, une succursale de bibliothèque, des espaces communautaires pour l’accès à l’informatique, les échanges interculturels, la diffusion et l’expression artistiques. Le Centre de la petite enfance (CPE) ainsi que les services du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) y conserveraient leur place.

Du coup, on maintiendrait le parc et sa vocation récréative, qui risquerait d’être difficile à concilier avec l’arrivée d’un bâtiment résidentiel.

À la différence des autres quartiers centraux, Saint-Sauveur, malgré sa forte population et sa superficie de 3 km2, ne possède ni bibliothèque ni salle publique à vocation culturelle. Ce sont pourtant des besoins identifiés de longue date. Le Plan directeur de quartier élaboré en 2005 avec la Ville de Québec en fait clairement mention. Dans l’acte de vente de 1947 par lequel les Oblats ont acquis le Centre Durocher pour un dollar, la Ville posait comme condition la préservation de sa vocation communautaire. La possibilité d’y aménager une bibliothèque était même évoquée.

Du logement social et des commerces

Stationnement Saint-Vallier/CarillonPour le CCCQSS, le besoin en logement demeure une priorité. C’est pourquoi, d’autre part, il propose que le projet de logements sociaux porté par Action-Habitation soit déplacé sur le site du stationnement à l’intersection des rues Saint-Vallier Ouest et Carillon.Ce site appartenant à la Ville lui parait plus judicieux pour le développement du quartier et la vitalité de son artère commerciale. Le terrain, d’une superficie 50 % plus grande, pourrait accueillir davantage de logements, ainsi que des espaces commerciaux au rez-de-chaussée. Ce choix serait en outre cohérent avec la volonté de densification et d’élimination des stationnements de surface exprimée par l’administration municipale.

Une vision et de l’écoute

Pour le CCCQSS, une vision d’ensemble et une prise en compte des besoins du milieu sont la clé de voûte du développement et de la vitalité du quartier. Or ni séance d’information ni consultation quant à l’avenir de l’ancien Centre Durocher n’ont été tenues par la Ville de Québec, qui n’a pas non plus répondu à la pétition déposée.La demande d’information du CCCQSS quant à l’analyse de besoins et à l’évaluation des coûts effectuées dans le dossier n’a pas eu davantage de succès. Après s’être adressé aux fonctionnaires concernés, à la conseillère municipale puis à la Commission d’accès à l’information, le CCCQSS n’a obtenu que des éléments du registre foncier. On ne connaît donc ni les détails du projet initial de restauration, ni les motifs clairs de son abandon au profit d’un déménagement au Centre Monseigneur-Bouffard, ni les coûts réels des travaux de mise à niveau du bâtiment.Au lendemain du dépôt des deux propositions, Éric Martin, animateur-coordonnateur au CCCQSS, invite tous les acteurs concernés par le dossier « à faire preuve d’ouverture et à travailler de manière collaborative pour répondre à un ensemble de besoins de la population du quartier Saint-Sauveur ». Les détails des propositions du CCCQSS ont été mis en ligne pour que tous puissent y avoir accès.