Saint-Sauveur, paradis des chats (de ruelle ou non)

Chat dans le quartier Saint-Sauveur, QuébecDès mon arrivée dans le quartier, une des premières choses qui m’a frappée, c’est la quantité de minets qu’on peut y croiser. Et les minets de Saint-Sauveur sont généralement aussi peu farouches que les habitants du quartier – quelques bonjours, et vous aurez un ami pour la vie!Très rapidement, j’ai aussi appris à différencier les vrais chats errants des chats domestiques qui vont aussi dehors. Les vrais chats errants sont beaucoup plus méfiants et filent sans demander leur reste lorsque vous vous en approchez. Les autres, qui vous suivent et se faufilent entre vos jambes pour une caresse, ce sont la plupart du temps des chats domestiques à la recherche d’une portion de nourriture supplémentaire… ou d’une provision de câlins.Je l’ai appris avec Victor. Enfin, Victor, c’est comme ça que je l’avais appelé. C’est un gros matou aux yeux à demi fermés, qu’on reconnait partout dans le quartier. À mon arrivée, Victor a adopté ma galerie. Il faut dire que je le prenais en pitié et que je lui filais toujours une portion de croquettes le matin, convaincue que c’était un sans abri. J’ai saisi sa vraie nature un matin où, me penchant pour lui gratter les oreilles, j’ai vu qu’on lui avait mis un collier anti-puces. Dessus, on avait écrit son nom : Ti-Bum.quartier Saint-SauveurDepuis, je lui ai pardonné cette petite mascarade : je ne lui donne plus de croquettes, mais nous sommes demeurés amis, et je suis toujours bien contente de le voir réapparaître une fois la neige fondue. Dans Saint-Sauveur, ce ne sont pas les hirondelles qui annoncent le printemps, mais les chats qui reprennent possession du quartier.Les chats sont omniprésents dans les rues autour de chez moi : si je ne connais pas tous mes voisins, je connais leurs chats qui prennent l’air à la fenêtre. Je les collectionne en photo, du minet qui observe la vie urbaine derrière une moustiquaire, à la petite annonce de chat perdu (ou retrouvée) agrafée à la diable sur un poteau, jusqu’au pochoir qui orne le trottoir (et qu’on retrouve aussi dans Saint-Roch).