Portrait de famille (1)

Natacha et PedroMonsaintsauveur.com débute aujourd’hui une série de billets sur les familles qui habitent Saint-Sauveur et sur les raisons qui les incitent à y emménager, à y demeurer ou à le quitter.Natacha (36 ans), Pedro (34 ans) et Olivier (2 ans) me reçoivent dans la cuisine de leur appartement, au dernier étage du duplex qu’ils ont acquis en 2011 non loin du parc Durocher. Je dois repousser les jouets d’Olivier pour dégager un petit bout de la table à manger afin de poser mon cahier de notes. Sitôt assis, Seňor Gomez vient pointer son museau entre mes jambes et se met à frétiller de la queue. Ce n’est pas la première fois que je mets les pieds ici : je connais la petite famille depuis longtemps. C’est toutefois la première fois que j’y viens en mission officielle.

C’est Pedro qui a connu le quartier en premier. Il est venu y passer l’examen médical pour sa citoyenneté et a tout de suite aimé Saint-Sauveur », explique Natacha, traductrice, tout en gardant un œil sur Olivier qui vient d’émerger de son bain.« C’est vrai. Je trouvais que ce quartier avait une personnalité »renchérit Pedro. « J’ai toujours grandi dans des quartiers ouvriers. C’est sûrement pour ça que je m’y sens bien ».

Marié depuis huit ans, le couple a habité l’Argentine puis Montréal avant de s’établir à Québec : « Je ne connaissais que Sainte-Foy avant que nous déménagions à Québec », poursuit Natacha. « Nous nous y sommes donc installés, mais nous n’avons jamais vraiment aimé. Il fallait prendre la voiture tout le temps. »Le couple habite Saint-Sauveur depuis maintenant cinq ans, d’abord comme locataire à quelques pas du parc Victoria (« Une belle découverte! », mentionne Pedro), puis désormais comme propriétaire. C’est l’arrivée de leur garçon qui les a incité à faire le saut. Pas question toutefois de déménager en banlieue. Ils ont cherché dans Limoilou, Saint-Sauveur, Saint-Jean-Baptiste, avec en tête des critères bien précis : « Une cour et un stationnement! », déclarent-ils à l’unisson, choses apparemment plus faciles à trouver dans le quartier à un prix raisonnable.Car si la proximité des services et la centralité sont essentielles pour eux, ils aiment aussi avoir une voiture à leur disposition en cas de besoin et pouvoir jouir d’un minimum d’espace privé. Le meilleur des deux mondes en quelque sorte.

On adore notre cour! », s’enthousiasme Natacha. « Dans Saint-Sauveur, je peux aussi faire beaucoup de courses à pied. Il y a la pharmacie, les boutiques de Saint-Roch et les épiceries du coin lorsqu’il me manque quelques petites choses. Il y avait aussi le marché public l’été dernier. La garderie d’Olivier est à quelques minutes de marche, tout comme notre médecin de famille. Il y a beaucoup de parcs dans le secteur pour Olivier. Pour sortir au restaurant ou au théâtre, c’est aussi plus facile. Si ce n’est pas proche, je n’ai pas tendance à sortir. À Sainte-Foy, on ne sortait pratiquement pas! »

Pedro, écrivain, apprécie lui aussi tout cela. Il ajoute qu’il aime également l’opportunité qu’il a ici de fréquenter les artistes : « C’est dans Saint-Sauveur qu’ils se sont installés maintenant. »Possédant des opinions bien arrêtées sur certaines caractéristiques de la culture québécoise, il est également heureux de voir qu’ici « les voisins sont un peu plus capables de se parler que dans les autres quartiers que j’ai connu au Québec. Ça permet de régler les choses plus facilement… ».Tous deux ont remarqué comme moi les nombreuses rénovations de condos et de maisons dans le quartier ces dernières années, signe que celui-ci bouge : « Les hipsters débarquent! », blague Pedro.Selon eux, c’est bon signe, car s’ils aiment Saint-Sauveur, ils pensent également qu’il y faudrait plus de services :

Des fruiteries, des cafés, des épiceries un peu plus intéressantes… Il faut par exemple aller dans Saint-Roch pour acheter du bon pain. Ce serait mieux si on avait tout ça sur Saint-Vallier! », souligne Natacha. Pour son mari, le quartier aurait également besoin de quelques terrasses, d’une bibliothèque et « …d’encore plus de communication entre les voisins! »

La question du choix de l’école primaire, souvent déterminante pour la localisation des jeunes familles, ne s’est pas encore posée : « J’ai entendu dire que Sacré-Coeur était bien. Plus petite que les autres. Mais je ne sais pas trop encore… On verra. », conclut la jeune maman avec philosophie.La conversation dévie bientôt sur d’autres sujets. Je finis par prendre congé du couple, Olivier s’étant depuis longtemps assoupi. Durant le court trajet qui me ramène à pied jusque chez moi, je me dis qu’une des raisons qui me retient certainement dans le quartier, c’est de pouvoir y fréquenter régulièrement des amis comme ceux-là.