Pis tes poules?

Le temps du BBQ tire à sa fin et j’invite à la maison mon ami éleveur-cultivateur urbain pour un souper automnale. Il apporte de grosses tomates bien juteuses de son jardin biologique de Saint-Sauveur et quelques œufs frais dans un panier d’osier. Je me rappelle alors qu’il avait débuté un projet pilote de poulailler en ville au début de l’été.

Je lui demande : «Pis tes poules?»Il prend le temps de s’asseoir et m’expliquer le constat de sa première expérience tout en m’aidant à préparer le repas. Premièrement, ce fût une expérience enrichissante qui a fait la joie de ses amis et du voisinage immédiat. Les poules sont des animaux dociles qui démontrent de l’affection et qui donnent, en échange d’un toit et de la nourriture, de délicieux œufs frais tous les matins. Il m’annonce qu’il va se débarrasser de celles-ci dès la semaine prochaine malgré l’attachement qu’il a envers elles. Je suis surpris.Faire de l’élevage en ville n’est pas une mince affaire. Il faut d’abord entretenir le poulailler et ce, plusieurs fois par semaine. Si on veut donner des restants de table aux poules, il faut se préparer à une cohorte de mouches dans sa cour arrière. Quelquefois, elles poussent des cris qui peuvent déranger les voisins. De plus, une des poules de mon ami n’a jamais pondu un seul œuf… Elle était en spécial et il a compris pourquoi! Bref, il faut vouloir prendre le temps de s’occuper de ces animaux de compagnie et pouvoir compter sur quelqu’un si on s’absente plus d’une journée. Avec le travail et les activités qui reprennent à l’automne, mon ami n’a tout simplement plus le temps de s’occuper d’elles.Je lui demande donc sa conclusion sur l’élevage de poule en ville pour une éventuelle règlementation par la ville. Il m’avoue que c’est délicat car il est très facile de perdre le contrôle de la salubrité des installations à cause de la proximité des voisins et des terrains très petits dans le quartier Saint-Sauveur. Pour quelqu’un qui a du temps à revendre, ça reste possible dans une perspective d’autonomie. Autrement, on peux toujours acheter des œufs «Poule en liberté» à l’épicerie et ainsi encourager une industrie qui traite mieux ses animaux que les élevages standards.Mon ami met ses poules à donner sur un site d’annonce gratuit. J’espère qu’elle trouveront vite une maison d’accueil avant l’hiver.Au revoir les cocottes…