Pedro, t’es un idiot : coup de gueule pour un graffiti

Je m’en suis aperçue en revenant du boulot. Clairement, ça y était le matin aussi. Café à la main, écouteurs aux oreilles, j’étais partie au boulot sans regarder de ce côté. Mais là, impossible de le manquer : le mot PEDRO en bleu poudre avec un gros contour rouge ornait le coin du bâtiment qui abrite mon condo.Pedro, je profite de cet espace pour te le dire : t’es un idiot.Je l’aime, moi, ce bâtiment en brique. C’est en partie pour ça que je me suis mis cette hypothèque sur les épaules : parce que la brique me parlait, toute vieille qu’elle est, pleine d’histoire, un peu rose, un peu rouge, patinée par le temps. Et sans graffiti. C’est un vrai manque de respect que d’aller défigurer de la vieille brique comme ça, qui a traversé les années sans broncher.Heureusement, j’ai du temps à revendre pour faire des appels auprès de différentes entreprises pour voir comment faire enlever cette peinture de ma brique sans l’endommager et précipiter des travaux que je tente de repousser à chaque année. (C’est de l’ironie ça, Pedro, au cas où tu ne l’aurais pas compris – c’est tout à fait le contraire en fait).J’ai bien fait quelques appels…« On donne aucune garantie qu’on n’endommagera pas votre brique, madame. »Ah bien oui, merci, c’est rassurant.« On passe quand on est rendu là dans notre liste. Non, on n’appelle pas. Si vous êtes là, vous êtes là. »Ah, et il y a aussi l’entrepreneur qui me rappelle toujours quand je suis en train de faire à souper.Vous avez une histoire de graffiti qui finit bien à me raconter?