Mon Saint-Sauveur enchanté

Tout a commencé en 2008, par un beau vendredi soir de printemps. Mon copain de l’époque et moi venions d’emménager dans notre nouvelle résidence dans Saint-Sauveur et nous en avions plus qu’assez des rénovations et des couches de peinture. On s’en était parlé toute la semaine, c’était ce soir qu’on allait récompenser nos efforts avec une généreuse portion de général Tao. Dans le temps de le dire, nous nous retrouvions, bouteille de vin en main, à marcher sur la rue Saint-Vallier. Arrivés à notre destination, on se rend vite compte que la place est pleine à craquer. Que cela ne tienne, on se tailla une place au bar. À côté de nous, trois hommes fringués comme des cartes de mode semblaient passer un agréable moment. Deux plats de Tao et une bouteille de vin plus tard, on discutait allègrement avec nos nouveaux compagnons de bar qui avaient décidé de nous payer la traite à coup de Grand Marnier, sous prétexte qu’on était trop cute. Quelques instants plus tard, on s’envoyait des pintes de bière en arrière de la cravate chez Jos Dion. Je crois que je n’ai pas touché le sol en revenant chez moi cette nuit-là. L’effet de l’alcool, me direz-vous? Pas si sûre. Je crois plutôt que j’étais tombée en amour. En amour avec mon quartier et les gens qui y habitent.Saint-Sauveur, j’aime tes gens. Tes gens colorés, authentiques et pas compliqués pour deux sous. J’aime la dame de la pâtisserie qui distribue des beignes frais aux clients le samedi matin ou le boucher du coin qui a toute sa visite derrière son comptoir et qui rit timidement de mes mauvaises blagues. J’aime aussi mes voisins, ces gens de la place qui ont tant à raconter et qui sont toujours prêts à vous sortir du pétrin. Mon quartier, tu es si beau et poétique que j’ai parfois l’impression de vivre dans une comédie musicale.Mon Saint-Sauveur enchanté, nos débuts n’ont pas été facile. Il y a vingt ans, je me jurais de ne jamais habiter chez toi alors que je défilais sur le Boulevard Charest dans la voiture de mon père. Mais bien de l’eau a coulé sous les ponts et aujourd’hui la lune de miel perdure, encore et encore.Tu es où je vis, tu es qui je suis. Je t’aime mon quartier.

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