Les écoles de quartier (1) : une histoire de communauté

École Saint-Malo, quartier Saint-Sauveur

Dans le but de permettre aux gens du quartier Saint-Sauveur de mieux connaître les écoles primaires de leur quartier, j’ai entrepris de dresser le portrait des différentes institutions, une à une. Je suis donc allée rencontrer la semaine dernière madame Sylvie Faucher, la technicienne en éducation spécialisée de l’école Saint-Malo, mieux connue sous le nom de « Madame Sylvie », dans cette école où les élèves apprennent à vouvoyer le personnel.

Une école centenaire

L’école Saint-Malo, la plus ancienne école primaire de la Commission scolaire de la Capitale (elle a célébré son centième anniversaire en 2002) en a vu passer, des élèves. Son grand âge ne l’empêche toutefois pas d’abriter des idées novatrices en ce qui a trait à l’éducation. En effet, cette école de 275 élèves, répartis en 18 classes, est fréquentée par une clientèle très variée, dont un bon pourcentage d’allophones, ce qui a amené le personnel à réfléchir sur des méthodes d’intégration. Ils ont ainsi adopté des façons de faire axées sur l’entraide, les valeurs de paix et de tolérance, la réussite, la vie culturelle, l’environnement, etc.

Une communauté tissée serrée

Devant cette clientèle extrêmement diversifiée et provenant parfois de milieux défavorisés, le personnel a développé, il y a sept ans, divers protocoles de prévention pour souder la petite communauté. Des mesures d’intégration pour les élèves isolés, par le biais d’un système de parrainage (où des élèves de troisième cycle agissent un peu à la façon de « grand frère » ou « grande sœur ») a permis de contrer l’intimidation et l’isolement. Des élèves du troisième cycle agissent aussi à titre de moniteurs afin d’animer les récréations, chassant ainsi l’ennui de la cour d’école, et occupant les élèves plus agités. Par ailleurs, les classes travaillent aussi en « décloisonnement », ce qui signifie qu’on fait travailler plus d’une classe ensemble, une façon de faire qui contribue aussi à développer des liens solides entre les élèves, ainsi que leur appartenance à la communauté. On y a de plus développé des comportements « verts » : certifiée Brundtland, l’école met l’accent sur la récupération, elle privilégie l’envoi électronique plutôt que l’impression, elle a banni les tasses jetables et adopté une foule de comportements axés sur le respect de l’environnement.

Des services en quantité

L’on pourrait croire que les écoles, dans une période de restrictions budgétaires, sont privées de ressources, mais ce n’est pas le cas pour l’école Saint-Malo, qui compte une équipe de spécialistes bien présents (orthophonistes, technicienne en éducation spécialisée, psychologue, infirmière, etc.), qui bénéficie de plusieurs mesures d’aide du milieu (financement pour des sorties, dons de vêtements et de jouets, activités parascolaires, club des petits déjeuners, etc.) et qui possède plusieurs nouveautés technologiques, notamment les fameux tableaux TBI ainsi qu’un local informatique bien garni. L’école bénéficie aussi de la mesure « Québec en forme » depuis maintenant 10 ans, un programme visant à augmenter le temps alloué aux activités physiques et ce, pour tous les élèves. Il faut toutefois savoir que, malgré la présence de nombreux services, l’école n’est pas dotée d’une cafétéria; les élèves doivent donc apporter leur repas.Sinon, dans le but d’aider les élèves en difficulté, l’école bénéficie aussi du programme SIAA (stratégies d’intervention pour agir autrement), afin de permettre aux jeunes moins bien outillés d’adopter des attitudes plus enclines à les mener à la réussite. Ils sont donc encadrés par différents spécialistes afin de modifier leurs comportements pour privilégier le succès académique.

Et la culture, dans tout ça ?

En ce qui a trait aux activités culturelles, l’école Saint-Malo n’a rien à envier aux autres. Du côté de la littérature, plusieurs mesures sont mises en place afin de développer le goût de la lecture : tous les élèves lisent au moins 30 minutes par jour, la bibliothèque est bien garnie, des auteurs jeunesse sont souvent invités pour donner des conférences ou animer des ateliers, un concours littéraire prend place annuellement, et l’accent est mis, dès la première année, sur l’apprentissage de la lecture; les élèves en difficulté sont donc encadrés par des orthophonistes dès leur diagnostic. D’autres activités (théâtre, un cercle de lecture, musique, arts plastiques, etc.) sont aussi proposées aux élèves, de même que de nombreuses activités parascolaires (comité écologique, marche de la paix, football, et activités multi-sports)Au final, je peux dire que cette visite à l’école Saint-Malo m’a permis de rencontrer des gens extrêmement dédiés à leur communauté et aux jeunes, ainsi qu’un milieu dynamique, loin de l’idée que je me faisais d’une école en milieu moins favorisé. Une école inspirante, où l’accent est mis sur la persévérance et la progression des apprentissages tout au long du parcours scolaire de l’enfant, développant ainsi son estime de lui et sa capacité à s’intégrer au sein de sa communauté.[ Pour en savoir plus : www.cscapitale.qc.ca ]