La Caserne de Saint-Sauveur (1 de 2) : Georges-Émile Tanguay, l’architecte du beau

Qu’ont en commun des étudiants de l’école des Arts Visuels de l’Université Laval, la compagnie Ex Machina et les pompiers de Saint-Sauveur ?Un architecte !Quiconque a un jour croisé sur son chemin la caserne de Saint-Sauveur s’en souvient. Ses briques cassonade, ses portes et fenêtres vertes olive et sa haute tour la distinguent du quartier résidentiel qui l’entoure. Elle se dresse ainsi, élégante, sur l’avenue des Oblats, parée de part et d’autre de la rue de l’Aqueduc et de la rue Saint-Sauveur.Si c’est en 1893 qu’elle fut construite par Paul Cousin, c’est presque vingt ans plus tard qu’elle fut transformée par l’architecte Georges-Émile Tanguay (1858-1923). En 1912 et avec son associé Honorius Lebon, l’architecte y dresse une nouvelle tour qui servira au séchage des tuyaux de pompes à incendie. Il agrandit également la caserne de deux travées (grosso modo, une travée est l’espace entre deux poutres).Outre notre caserne, Georges-Émile Tanguay est connu pour plusieurs de ses réalisations architecturales notoires de la Ville de Québec. Il est l’homme derrière l’Hôtel de ville de Québec, la caserne de Limoilou ainsi que la caserne sur la rue Dalhousie où se trouve aujourd’hui Ex Machina. Georges-Émile Tanguay a également réalisé les plans du Dominion Corset, aujourd’hui appelé la Fabrique, qui accueille les étudiants de l’école des Arts Visuels de l’Université Laval. Il a également signé les plans de l’hippodrome à ExpoCité et du pavillon de la Ville.

Caserne de la rue Dalhousie
Georges-Émile Tanguay est originaire de Saint-Gervais, dans le compté de Bellechasse. À l’âge de 18 ans, il entre à titre de stagiaire dans l’un des plus prestigieux bureaux d’architecte de la ville de Québec, celui de Joseph-Ferdinand Peachy. Il s’établit en 1880 sur la rue D’Aiguillon, dans le faubourg Saint-Jean. Dix ans plus tard, « l’architecte le plus en vue de Québec » participe comme membre fondateur de l’Association des architectes de la province de Québec.Fait méconnu du grand public : la caserne de Saint-Sauveur porte le nom de l’architecte, décédé le 6 novembre 1923. Elle est également la seule qui remplit encore son rôle d’origine.De sa naissance à aujourd’hui, comment notre caserne a-t-elle traversé le temps ? Ne manquez pas la suite prochainement !