Post-accident La station : un jugement manquant de précision | 11 mars 2020 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: La station

Post-accident La station : un jugement manquant de précision

Blessée, au coeur des débris, lors de l’accident causé par un VUS qui a percuté le 22 mai 2019 le lieu de coworking La station, sur le boulevard Charest Ouest, je me questionnais sur le moment où on connaîtrait le sort du conducteur. L’équipe d’enquêteurs chargés de l’affaire a bouclé tous les éléments du dossier en décembre dernier. Depuis, je n’avais pas de nouvelles…

Ce n’est qu’aujourd’hui, mercredi 11 mars, trois mois après la fin de l’enquête, que le procureur aux poursuites criminelles et pénales a rendu sa décision : aucune accusation criminelle ne sera portée contre le conducteur, dont on ne sait toujours pas le nom. J’ai reçu en début d’après-midi un appel de l’enquêteur Jean-René Rouleau, du Service de police de la Ville de Québec, me fournissant cette information, avant qu’elle ne soit diffusée dans les médias. Une délicate attention dans les communications, quand même.

Je ne comprends pas. Tout au long de l’enquête et des nombreux articles et reportages sur le sujet, on n’a jamais su le nom du conducteur. Cette personne est majeure. Je l’ai même aperçu quelques instants, en train de s’extirper difficilement de son véhicule, alors que j’étais au sol, où j’avais été projetée sous la force de l’impact.

Pourquoi cette information reste-t-elle cachée? Les articles faisant état des suspects mentionnent toujours leur nom (même s’il s’avère au final qu’ils ne sont pas coupables), sauf lorsqu’il y a une ordonnance de non-publication (ou que ce sont mineurs). Pourquoi en est-il autrement pour l’accident de La station?

Si aucune accusation criminelle n’est portée envers le conducteur, peut-on en savoir plus sur la cause réelle de l’accident? Est-ce alors un malaise? Un bris mécanique?

Dans le cas d’un malaise, il faudrait écarter l’épilepsie, car si cette condition n’est pas contrôlée, la personne qui en est atteinte ne peut conduire. Si le conducteur enfreint l’interdiction de conduire, il est sujet à recevoir des accusations criminelles. Ça a été le cas, par exemple, du jeune conducteur ayant heurté à mort une jeune femme enceinte sur le boulevard Laurier, tel que mentionné dans le Journal de Québec.

Bref, la décision du procureur est claire, mais il manque des précisions. Il serait bon d’en savoir plus, pour mettre un terme aux questionnements.