Matante Ollie : un café-skatepark inclusif arrive en ville | 26 août 2020 | Article par Suzie Genest

Audrey Couture Bérubé (à gauche) et Myriam Richer (à droite)

Crédit photo: Chez Matante Ollie

Matante Ollie : un café-skatepark inclusif arrive en ville

Adeptes du roller derby, Myriam Richer et Audrey Couture Bérubé fréquentaient les skateparks, faute de lieu dédié spécifiquement à la pratique libre du patin quad. Au cours des derniers mois, elles ont remarqué que bien des mères qui y accompagnaient leurs enfants se découvraient à leur tour une passion.

Histoire de se distraire pendant le confinement, Audrey, ébéniste, avait elle-même construit une rampe pour elle et Myriam, leurs voisin.e.s et les enfants. Peu à peu a germé l’idée d’un espace inclusif où, quel que soit son niveau de pratique et son âge, on se sentirait à l’aise de rouler – en patins, en planche à roulettes, en trottinette. Ou de boire son café en regardant les autres s’activer sur la rampe. « J’ai toujours voulu avoir un café. Maintenant, pour avoir un café, il faut un petit plus! », explique Myriam Richer.

Chez Matante Ollie, il y aura au menu cafés, thés, viennoiseries. Myriam et Audrey ont trouvé leur fournisseur de café : Rabbit Hole, un petit torréfacteur en croissance, qui fait du café « autrement » et rejoint leurs valeurs. Elles explorent maintenant les locaux des quartiers centraux. Trouver un espace pour un café-skatepark en ville, un beau défi?

« Un très beau défi! Il faut un zonage pour la restauration et le rassemblement. Mais on ne veut pas faire quelque chose de très gros […]. On veut axer le projet davantage sur les débutants. C’est certain qu’on veut s’implanter soit dans Saint-Roch, Saint-Sauveur ou Limoilou. On penche beaucoup, beaucoup pour Saint-Sauveur. L’esprit de communauté et de solidarité de ce quartier, c’est quelque chose qui nous plait beaucoup. »

Toustes Matantes!

Pourquoi le nom de Matante Ollie? Il s’agit d’un double clin d’œil, à la ligue de roller derby récréatif Les Matantes et au ollie, une figure (ou trick, dirait-on en France) de base en skateboard. « Matante, ça ne se veut absolument pas péjoratif », s’empresse de préciser Myriam. Pour les deux associées, le caractère inclusif de leur futur espace est sacré.

Elles prévoient des plages horaires réservées aux moins jeunes, aux ados, aux adeptes de trottinettes, etc., pour que toustes se sentent à l’aise et en sécurité. Chez Matante Ollie, on s’initiera aussi aux bonnes pratiques des skateparks – que bien des adeptes de la trottinette, qui débutent souvent très jeunes, connaissent moins, m’explique Myriam.

Les deux associées, dont c’est le premier projet d’affaires, suivent la formation en lancement d’entreprises et se sont bien entourées. Elles ont lancé en juillet un sondage qui a rapidement récolté plus de 250 réponses dans sa première phase. Il est à nouveau en circulation afin de rejoindre un maximum de répondant.e.s pour démontrer qu’un besoin existe. Une collecte de patins quads, roller blades, planches de skate, casques est aussi en cours, pour constituer un petit parc d’équipements « à louer /prêter / donner au suivant ».  Une campagne de sociofinancement se déploiera par ailleurs en septembre-octobre.

Myriam et Audrey visent la mi-décembre pour l’ouverture, et aimeraient dès janvier mettre en place une offre de cours. On peut suivre l’évolution de leur projet sur la page Facebook de Chez Matante Ollie.