L’agriculture en ville à l’année : mission possible! | 23 février 2019 | Article par Véronique Demers

Rémi Carrier, agriculteur urbain, devant son mur végétal comestible de fines herbes.

Crédit photo: Véronique Demers

L’agriculture en ville à l’année : mission possible!

Conserver ses fines herbes fraîches à l’année, à portée de main, c’est possible! Rémi Carrier a élaboré un système d’agriculture verticale permettant de cultiver à échelle humaine notamment des plants de basilic, de menthe, de piments fort et de coriandre.

Après avoir peaufiné son concept depuis 2017, celui qui se nomme « l’agriculteur urbain » est fin prêt à fournir les entreprises et les commerces intéressés à acheter un mur végétal comestible ou un meuble de fines herbes. Les deux possèdent un système autonome d’irrigation, avec un signal lumineux qui s’allume lorsqu’il manque d’eau. Il suffit ensuite aux clients de prendre la quantité de fines herbes qu’ils veulent, selon les modalités du commerçant ou de l’entreprise.

L’âge du Limoulois a servi d’élément déclencheur pour démarrer son projet.

« J’allais avoir 40 ans. Je voulais faire de l’agriculture. Le temps passait et je ne voyais pas quand j’allais pouvoir m’installer en campagne. Ma blonde et moi on travaille en ville. Et beaucoup de subventions pour les entrepreneurs sont offertes jusqu’à 40 ans ou moins. C’était maintenant ou jamais. J’ai décidé de plonger dans le monde de l’entrepreneuriat », explique celui dont l’atelier de production est dans le parc Saint-Malo du quartier Saint-Sauveur.

Avec son baccalauréat en agronomie et sa technique en agroenvironnement, Rémi Carrier a écarté les systèmes existants pour construire ses propres modules de production, avec l’aide d’un de ses anciens patrons. « Daniel-Yves Martin, c’est mon mentor, mais aussi un ami. C’est un ancien chercheur à la retraite, qui a travaillé à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), où j’ai oeuvré », détaille l’agriculteur urbain.

Percée technologique

Selon l’entrepreneur, le momentum était au rendez-vous pour son projet, entre autres pour la technologie. « L’arrivée des LED a changé bien des choses. Avant, les lampes étaient très énergivores et généraient beaucoup de chaleur. Avec les LED, on a des lumières écologiques et économiques, et on peut rapprocher les plantes, dans un système d’agriculture hydrologique verticale », souligne M. Carrier.

L’agriculteur urbain se dit pleinement satisfait de faire de l’agriculture en ville et non en milieu rural.

« L’agriculture dans un champ, c’est très difficile, physique, et on est tributaire de la météo, alors qu’ici, je peux contrôler tous les paramètres. Ce n’est pas un milieu stérile; je ne voulais pas travailler en habit de cosmonaute toute la journée. J’utilise des insectes prédateurs comme pesticides », illustre-t-il.

Rémi Carrier possède une dizaine de variétés de fines herbes dans son inventaire et il souhaite augmenter le choix prochainement. Il n’a pas de plantes médicinales, mais rien n’empêche qu’elles s’ajoutent à sa collection. L’entrepreneur limoulois est en pourparlers en ce moment avec un commerce zéro déchet du centre-ville, où l’on pourrait donc retrouver bientôt un mur végétal de fines herbes. « Le but principal est de les manger, pas seulement les garder comme des plantes vertes! », conclut-il.

Récompenses décernées à l’agriculteur urbain :

Défi Osentreprendre
  • 1er Prix : Lauréat local 2018
  • 2e Prix : Lauréat régional de la Capitale-Nationale 2018
Concours « Sur les traces de Louis Hébert »
  • 1er Prix au concours en entrepreneuriat agricole (18 janvier 2018 à l’Université Laval)

On peut obtenir plus d’informations sur l’agriculteur urbain en visitant son site agriculteururbain.ca et le joindre par courriel au info@agriculteururbain.ca