La « maison » adaptée de Nathalie aux Habitations Durocher | 30 juillet 2019 | Article par Jean Cazes

Les Habitations Durocher et leur cour. On devine à gauche la salle communautaire. 4 juin 2019.

Crédit photo: Jean Cazes

La « maison » adaptée de Nathalie aux Habitations Durocher

Nathalie Belley nous ouvre les portes de son logement adapté, qu’elle habite depuis mai 2018 dans son nouveau quartier. En cours de visite, la sympathique militante pour les droits sociaux se livre à de touchantes confidences.

« C‘est un endroit formidable pour vivre dans un quartier formidable! », affirme d’entrée de jeu Nathalie Belley en nous accueillant à l’entrée des Habitations Durocher, son nouveau milieu de vie au coin Durocher et Raoul-Jobin. Et pour l’ancienne résidente du quartier les Saules, « c’est aussi un modèle de mixité ».

Des commodités pour alléger le quotidien

Les rampes d’accès menant à l’ascenseur de l’immeuble témoignent déjà des commodités qui allègent le quotidien des résidentes et résidents à mobilité réduite des logements adaptables.

Notre premier arrêt nous mène à la bibliothèque Saint-Sauveur, longtemps désirée dans le secteur et inaugurée en même temps que les Habitations Durocher. Les locataires ont le privilège d’y accéder par l’intérieur, ainsi qu’à la salle communautaire.

« Pour les organismes de Saint-Sauveur, c’est bien l’fun, d’autant plus qu’on est en plein cœur du quartier! La salle sert à l’occasion à l’ADDS QM où je m’implique, juste en face. Ceux et celles qui habitent ici peuvent y organiser des party de familles comme lors des Fêtes, ou des brunchs… La salle est vaste, très lumineuse, ouverte sur notre cour qu’on vient de clôturer et qui sera très appréciée par les familles qui vivent ici. », explique Nathalie.

Nous jetons ensuite un coup d’œil au stationnement intérieur. Pour ceux et celles qui ont fréquenté la salle de quilles au sous-sol de l’ancien Centre Durocher, cette métamorphose risque de causer un choc. « C’est réservé pour les résidents qui ont une voiture, mais ils doivent débourser pour ce service », précise Nathalie avant de nous faire découvrir « sa maison ».

« Une vue splendide sur le lever du soleil! »

Du 5e étage, ce joli panorama d’offre en direction sud
Crédit photo: Jean Cazes

Empruntant l’ascenseur menant à son logement du 5e étage, Nathalie Belley nous livre ses premières confidences, et son coup de cœur pour son nouveau quartier d’adoption.

  • « Je suis native de la Côte-Nord, une région que j’ai dû quitter pour des raisons de santé. Puis j’ai élevé mes trois enfants à Val-Bélair jusqu’à ce que je trouve, il y a six ans, un logement traditionnel aux Saules. J’y ai vécu seule, dans un coin de verdure avec un bon voisinage. Mais toujours à cause de ma santé, je devais prendre une décision. J’avais entendu parler de ce projet de logements avec de la mixité, avec des trois et demi convenant pour une personne comme moi, en marchette. J’ai fait les démarches auprès d’Action-Habitation pour mon admissibilité à une subvention. Ayant vu l’immeuble pendant sa construction, je suis donc venue vivre en ville, dans un secteur facilitant, d’autant plus que ça me prenait absolument un ascenseur…»

Nathalie nous ouvre la porte de son logement. Vaste, lumineux, bien insonorisé, il est tout à fait adapté à sa condition.

« Depuis un an, j’apprécie beaucoup ma belle tranquillité, avec les gens qui m’entourent. Une amie en fauteuil roulant a constaté à quel point tout ici était commode, même pour elle : la grandeur de l’entrée, la salle de bain… Mon logement est tellement bien éclairé que j’y fais pousser des plants de tomates. Et quelle vue j’ai sur le lever du soleil, moi qui suis une lève-tôt! »

Un magnifique panorama s’offre de son balcon, sur l’église… sans son clocher, le coteau Sainte-Geneviève, la Haute-Ville… « Tout un changement avec mon petit appartement précédent! » Nathalie nous décrit sa décoration et ses aménagements chaleureux, dans lesquels elle a mis ses talents à contribution :

« J’utilise beaucoup de matériel de récupération, comme ce meuble que j’ai peint. J’ai d’ailleurs déjà donné des ateliers de récupération dans des écoles, il y a quelques années. À Baie-Comeau, j’étais une femme d’affaires, j’avais mon commerce de vêtements et je faisais de la couture : c’était aussi de la création. Pour mon appartement, avec l’aide d’amis, j’ai fait en sorte que mes meubles soient disposés de telle façon que je puisse m’y tenir si je perds l’équilibre… »

Les bienfaits de l’engagement social

Pour conclure cette visite personnalisée et notre conversation, Nathalie Belley parle de son engagement citoyen, notamment à l’ADDS QM, éventuellement au Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCQSS) et au comité Action-Logement Duberger Sud où elle continue à donner fidèlement de son temps après plusieurs années.

Sereine et positive, la nouvelle résidente de Saint-Sauveur souhaite encore longtemps faire œuvre utile dans l’avancement des causes chères à son coeur, tout en étant consciente de ses limites. Son implication lui apporte un grand bien pour son épanouissement personnel.

« Travailler pour une ville plus inclusive, la mixité sociale, la lutte aux préjugés, voilà ce qui me tient à cœur! J’ai une vie sociale très riche : quand on fait beaucoup de bénévolat, on rentre chez soi content! En étant très impliquée, engagée, je pense moins à la maladie. Et même un jour je deviens moins mobile, je ne me vois évidemment pas quitter les Habitations Durocher et cette belle vie de quartier! »

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