Formations cherchent élèves pour métiers en mal de relève | 11 janvier 2019 | Article par Baptiste Piguet

Francis Pouliot, enseignant en Pose de revêtements souples à l’ÉMOICQ.

Crédit photo: Baptiste Piguet

Formations cherchent élèves pour métiers en mal de relève

L’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec (ÉMOICQ), installée notamment à la frontière du quartier Saint-Sauveur et sur la 12e Rue, a du mal à trouver des élèves pour des formations menant pourtant à des métiers au taux de placement et aux conditions salariales enviables. Des enseignants de l’établissement fondé il y a plus de 70 ans en ont parlé à Monsaintsauveur.

Une formation « souple et adaptable »

La pose de revêtements souples, c’est l’installation de plancher, de tapis, etc. Environ 90 % du travail se fait dans le secteur commercial : planchers d’hôpitaux, terrains de sports synthétiques, gymnases, arénas, bureaux gouvernementaux.

« Pour effectuer ce métier, il faut aimer le travail manuel et la minutie. Même un jeune avec aucune compétence mais une bonne attitude est capable de réussir la formation. Ici, on a des personnes de toutes les sphères. Les filles sont les premières à trouver un emploi, elles sont extrêmement appréciées par les employeurs pour leur dynamisme et leur dextérité », explique Francis Pouliot, enseignant en Pose de revêtements souples à l’ÉMOICQ.

Cette formation a un déroulement rapide. Il faut 900 heures pour décrocher un DEP (Diplôme d’études professionnelles), soit neuf mois en formation régulière. Mais il existe des formules individualisées. On peut intégrer la formation en cours d’année ou se bâtir un horaire individualisé qui permet de travailler ou de s’occuper de ses enfants. Pour s’inscrire, il faut avoir terminé son secondaire 3 ou posséder une passerelle TCG (Test de Connaissances Générales). Quelles que soient les difficultés scolaires, la formation est adaptée.

« Tout se fait manuellement, on bouge tout le temps. Beaucoup d’élèves arrivent et me disent : j’étais pas bon à l’école. Moi je leur répond : parfait, on est plus à l’école! », explique M. Pouliot.

Ce peut être une première étape pour ensuite suivre une autre formation, mais aussi une porte d’entrée facile dans le domaine de la construction. « Le taux de placement est de 100% à la sortie et le salaire, qui est de 22,10 $/h au début, passe à 36,84 $/h après 3 ou 4 ans. », résume l’enseignant.

Séduire la clientèle

Enseignant en Préparation et finition de béton à l’ÉMOICQ, Francis Audy abonde dans le même sens que son collègue :

« Mon métier et la formation que j’enseigne sont peu connus. Nous avons une formation gagnante avec un taux de placement de 100 %, mais nous devons sans cesse lutter pour recruter des élèves étant donné que le métier est méconnu. Il y a une pénurie de main-d’oeuvre grandissante sur les chantiers de construction dans mon domaine due aux retraites et au manque de relève. »

Les cours de Préparation et finition de béton, d’une durée de 900 heures, adoptent une nouvelle formule pour l’an prochain, dit-il, « afin de tenter de séduire la clientèle ». La formation sera ainsi offerte sur six mois plutôt que sur neuf, à raison de huit heures de classe par jour.

Les personnes intéressées peuvent profiter d’une formule « élève d’un jour » pour faire l’essai d’un cours en compagnie d’un ou d’une élève pour une journée. Il s’en tient régulièrement, il suffit de contacter l’ÉMOICQ pour tout savoir à ce sujet. Toutefois, la journée Élève en béton du jeudi 18 janvier prochain sera particulière pour la formation que dispense M. Audy :

« Cette journée sera plus complète étant donné qu’elle est planifiée depuis un moment. Je prévois recevoir plus de 30 personnes et pour le moment j’ai 75 personnes qui se disent intéressées par l’événement. »

Les différentes formations de l’ÉMOICQ disposent de pages Facebook par où l’on peut contacter les responsables et obtenir rapidement un retour durant les heures d’ouverture.

La paroles aux élèves

« J’aime ça, c’est physique et il faut être minutieuse. C’est pas toujours facile, mais on est comme une famille, on s’entraide. On a du fun! »
– Audrey, Pose de revêtements souples

« J’étais tanné des petites jobs au salaire minimum. La formation est pas trop compliquée et tu commences vite. On sait qu’on est déjà placé : des compagnies ont appelé l’école pour nous embaucher. »
– Joseph, Pose de revêtements souples

École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec
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