Des citoyens préoccupés par Airbnb dans Saint-Sauveur | 26 septembre 2019 | Article par Véronique Demers

Gabriel Plante (à gauche), agent de recherche pour le CCCQSS et Éloïse Gaudreau, coordonnatrice au CCCQSS, devant les participants de la rencontre.

Crédit photo: Véronique Demers

Des citoyens préoccupés par Airbnb dans Saint-Sauveur

La réglementation municipale, le zonage en vigueur pour les résidences de tourisme, et tous les effets qu’entraîne la plateforme d’économie de partage Airbnb, devenue une petite entreprise pour certains propriétaires à Québec, ont été au coeur des discussions mercredi soir, au local du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), sur la rue Carillon.

« Il y a eu des nuisances dans le quartier causées par l’effet Airbnb, c’est pour ça qu’on a voulu organiser une soirée sur le sujet. La quiétude qui diminue, le sentiment de confiance dans le voisinage, la vie de quartier qui change, on voulait discuter des effets d’Airbnb et des pistes de solution », a expliqué Éric Martin, animateur-coordonnateur du CCCQSS.

Une vingtaine de personnes ont assisté à la soirée à la fois informative et interactive. Gabriel Plante, embauché cet été pour effectuer une recherche sur l’activité d’hébergement de type Airbnb dans le quartier Saint-Sauveur, a sorti plusieurs statistiques sur le sujet.

Selon lui, le quartier s’avère attractif, puisque le prix d’une nuitée est réduit de presque la moitié dans le quartier Saint-Sauveur en comparaison avec le Vieux-Québec. Sur l’ensemble de l’offre de locations sur le site Airbnb dans le quartier, 47% d’entre elles proposent un calendrier offrant plus de 90 jours disponibles dans l’année (175 logements). Quant aux logements entiers à louer sur Airbnb, ils représentent 74% de l’offre dans Saint-Sauveur, le reste étant des chambres privées.

« Ça débordait chez nous »

Alors que certains citoyens évaluaient leurs recours dans le cas où les voisins temporaires que sont les voyageurs Airbnb seraient trop bruyants ou dérangeants, une citoyenne a dû entreprendre des démarches pendant 8 mois avant d’en arriver à un résultat.

« On a des voisins locataires avec qui on avait des liens, puis les logements ont été ensuite utilisés seulement pour de la location Airbnb. Ça débordait parfois chez nous, avec des partys. J’ai connu des nuits blanches; la police n’est pas venue. C’était très désagréable; ça a miné ma quiétude et ma vie de quartier. J’ai dû faire une plainte à la Ville de Québec », a exprimé cette propriétaire vivant dans Saint-Sauveur depuis son enfance.

« En 2015, 70 amendes ont été données sur le territoire de la Ville de Québec (en lien avec Airbnb). Pour l’instant, le système est basé sur la délation, et il y a juste deux agents qui s’occupent de ce dossier à la Ville», a souligné Gabriel Plante.

Gentrification

Ce thème jugé prioritaire par le CCCQSS tombe à point nommé, puisque la Ville de Québec prévoit appliquer son règlement sur l’hébergement touristique de type Airbnb le 30 septembre. D’ici là, l’hébergement touristique collaboratif n’est pas autorisé sur l’ensemble du territoire de la Ville de Québec.

Airbnb a fait aussi jaser la semaine dernière dans le quartier Saint-Sauveur, où un propriétaire d’immeubles conteste, avec deux autres personnes et deux entreprises, 18 constats d’infraction totalisant 22 000 $, selon ce qu’a rapporté Le Soleil.

Le CCCQSS compte aborder la gentrification avec statistiques et mise en contexte à l’appui en novembre prochain, lors d’une soirée atelier/discussion du même type que celle portant sur l’hébergement Airbnb mercredi denier. La date sera annoncée sur le Facebook du CCCQSS.