Une action pour le droit au logement | 18 décembre 2019 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Jean Cazes

Une action pour le droit au logement

Le Bureau d’animation et d’information logement du Québec métropolitain (BAIL) et le Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) ont tenu ce matin une action rassemblant une vingtaine de personnes pour attirer l’attention sur l’embourgeoisement et ses impacts sur le parc de logements dans le quartier Saint-Sauveur.

Si l’initiative a suivi de quelques jours la diffusion d’un reportage à Radio-Canada autour du sujet, elle était toutefois planifiée avant celle-ci, ont expliqué Jonathan Carmichaël du BAIL et Dominique Sacy du CCCQSS.

Dominique Sacy, du CCCQSS
Crédit photo: Jean Cazes

Ce dernier avait justifié le choix du site de l’action, à l’angle des rues Bigaouette et Saint-Vallier Ouest, par le fait que l’immeuble en chantier à cet endroit « est un symbole de l’embourgeoisement du quartier avec ses logements loués deux fois plus cher que les loyers moyens du secteur ». Le rassemblement visait cependant surtout à sonner l’alarme sur un phénomène plus vaste qu’un cas particulier – « pour le droit au logement », martelait-on dans les slogans.

Des mesures pour le contrôle des loyers, l’intégration d’unités de logement social dans les projets immobiliers à développer et le maintien des logements abordables existants sont au cœur des recommandations des deux organismes. Ils s’inquiètent aussi des locataires qui, avec l’arrivée de nouveaux propriétaires, font face à des augmentations massives voire des évictions – phénomène dit des « rénovictions » – et de la spéculation alimentée par des acheteurs « vautours ».

Un phénomène sous-estimé

Jonathan Carmichaël, du BAIL
Crédit photo: Jean Cazes

Selon Jonathan Carmichael, il y a un besoin d’information concernant la notion même d’embourgeoisement/ gentrification et l’étendue du phénomène. Saint-Sauveur demeure « le quartier où les loyers sont les moins chers, mais c’est celui où ça augmente plus vite qu’ailleurs », note-t-il.

D’après les données de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) citées par le BAIL et le CCCQSS, entre 2010 et 2018, les loyers dans le quartier Saint-Sauveur ont connu une hausse de 31 % comparativement  à 20 % dans l’ensemble de la région de Québec.

« Un coup d’œil rapide aux annonces de logements à louer permet également de confirmer cette tendance […] Depuis le début du mois de novembre, environ 90 % des logements offerts en location sont annoncés à un prix supérieur au loyer moyen du quartier calculé par la SCHL selon leur grandeur. En moyenne, le loyer des logements à louer est de 1145 $ par mois dans Saint-Sauveur, soit 453 $ de plus que le loyer moyen du quartier, toujours selon les données de la SCHL », précise le communiqué émis par les deux organismes.

Un gain contre l’hébergement illégal

La présence de Airbnb à Saint-Sauveur, comme dans les quartiers centraux voisins, s’ajoute aux préoccupations du BAIL et du CCCQSS concernant le parc de logements locatifs. La semaine dernière, le CCCQSS s’était d’ailleurs réjoui par voie de communiqué de la victoire de la Ville de Québec contre des propriétaires poursuivis pour hébergement illégal, entre autres dans Saint-Sauveur.

« Dans plus de la majorité des cas, ce sont des logements entiers, fréquemment mis en location sur Airbnb. Dans notre quartier, ce sont 175 logements entiers qui sont fréquemment mis en location. Autant de logements rendus non-disponibles en location pour les gens du quartier alors que les besoins sont très importants. La Ville de Québec a gagné une bataille importante. »

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