Un premier pas pour l’accessibilité à la culture dans le quartier Saint-Sauveur | 26 octobre 2018 | Article par Vincent Auclair

Henri Chalem, L’autobus d’Ubus Théâtre; Hélène Pélissier, Parcours d’une médiatrice culturelle; Agnès Zacharie, L’autobus d’Ubus Théâtre; Léa Fischer-Albert, animatrice; Daniel Bélanger, Les Veillées; Sarah-Catherine Lutz, Projet Hémisphère

Crédit photo: Vincent Auclair

Un premier pas pour l’accessibilité à la culture dans le quartier Saint-Sauveur

Le 18 octobre, au Club social Victoria, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) et le Conseil régional de la culture tenaient un Forum sur l’accessibilité à la culture dans le quartier Saint-Sauveur. Près d’une centaine de personnes y ont participé, avec le souhait commun de stimuler une effervescence culturelle dans le quartier Saint-Sauveur.

La journée avait pour objectif de rassembler les acteurs de divers milieux; de faire le point sur les enjeux du quartier; d’identifier les impacts de la culture sur les résidents et de recueillir les idées citoyennes.

Saint-Sauveur et la vie culturelle : quelques constats

Selon un sondage effectué par le CCCQSS auprès des résidents et résidentes du quartier, 56 % des répondant.e.s participent à des activités culturelles; 58 % sont peu ou pas du tout satisfaits de l’offre existante; 44 % participent à aucune activité offerte dans le quartier. Les causes de cette insatisfaction sont, entre autres, un manque d’offre, un manque d’information sur les activités locales et l’attrait de ce qui est offert dans les quartiers environnants.

Les principaux lieux ayant une offre culturelle se trouvent surtout en Haute-Ville – ou dans Saint-Roch – à l’extérieur du quartier Saint-Sauveur, ont constaté les participant.e.s au Forum. Ils ont noté la proximité du Petit Théâtre de Québec. À quelques reprises, les organisateurs de l’événement ont souligné que l’accès à la culture ne se limite cependant pas à la présence des infrastructures.

Des exemples proches inspirants

La culture n’est pas chose qui se vend aisément : il faut un apprentissage, un engagement. Selon une recherche de Hill Strategies, il y a des bénéfices à être activement engagé dans des activités culturelles : meilleur sentiment d’appartenance à la collectivité, apprentissage d’aptitudes utiles dans un cadre professionnel (communication, raisonnement, créativité…), amélioration du bien-être, entre autres… Or pendant le Forum, il a été souligné que le quartier Saint-Sauveur se fait pauvre en opportunités d’engagement culturel.

En guise d’exemples de ce qui pourrait s’y faire plus souvent, quatre projets étaient en vedette en avant-midi. Le Projet Hémisphères par Sarah-Catherine Lutz fait la promotion des arts dans les écoles primaires et secondaires. Dans son Parcours d’une médiatrice culturelle, Hélène Pélissier a présenté un parcours culturel de rue. L’autobus d’Ubus Théâtre d’Agnès Zacharie & Henri Chalem offre des spectacles de théâtre de proximité grâce à un autobus scolaire transformé. Les Veillées de Code Universel, qui ont visité Saint-Sauveur en 2017, sont des spectacles faits avec et pour les habitant.e.s d’un territoire, qui émergent de la complicité entre artistes et citoyen.ne.s.

Des pistes pour la suite

Comment rendre la culture accessible, dans un secteur où 31 % des citoyens et citoyennes vivent sous le seuil de pauvreté? « Pourrait-on faire une association entre le culturel, le communautaire et le privé pour donner une deuxième vie à cet organisme? », a suggéré une participante lors des ateliers. Bien d’autres idées ont été lancées : avoir un carnaval, créer un kiosque à musique, faire la promotion de ce qui existe déjà comme la bibliothèque qui, malgré ses dimensions restreintes, peut accueillir bon nombre d’activités culturelles.

Les différentes idées recueillies, les nouvelles collaborations envisagées, à la faveur du réseautage, guideront le CCCQSS pour la suite des choses.  Un comité de suivi prendra forme, toute personne intéressée y est bienvenue. Pour l’heure, le CCCQSS est plutôt satisfait du Forum, a résumé Pauline Bissardon, animatrice-coordonnatrice :

« L’un de nos objectifs, c’était d’expliquer pourquoi l’accessibilité à la culture est importante pour notre quartier, de montrer qu’elle pouvait être un outil fort de transformation sociale et de développement pour les individus et la communauté. Je pense que cet objectif a été atteint. »