<em>Marguerite, entre ville et nature</em> : réconciliation avec la verdure | 17 mai 2018 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Suzie Genest

Marguerite, entre ville et nature : réconciliation avec la verdure

Dans le cadre du projet Marguerite, entre ville et nature, trois groupes de l’école primaire Marguerite-Bourgeoys du quartier Saint-Sauveur profiteront de classes nature et d’une sortie pédagogique, en plus d’avoir participé à aménager plantes et mobilier pour leur école et la communauté.

Soutenu par le Comité d’investissement communautaire de TÉLUS à Québec, le projet permettra dès l’automne 2018 à Nature Québec d’organiser des activités extérieures sur l’agriculture urbaine et la conservation de la biodiversité. Le nouveau mobilier de la cour bétonnée de l’école, agrémenté de bacs à fines herbes et capucines plantées avec Milieux de vie en santé (Nature Québec), sera mis à profit lors de ces classes nature.

Les trois classes participantes – 2e, 3e années et adaptation – profiteront aussi d’une sortie pédagogique au parc de la Jacques-Cartier, grâce à la collaboration de la Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec).

Contrer le « décrochage nature »

Citant une étude récente par l’Université de Sherbrooke, Christian Simard, directeur général de Nature Québec, dresse le constat d’un « déficit nature, un décrochage nature » :

« Les enfants d’aujourd’hui jouent de moins en moins à l’extérieur, ont moins de temps libre et ne se sentent pas en sécurité dehors. Ils passent plusieurs heures par jour devant les écrans. Les parents ont de grandes ambitions pour leur progéniture et se font un devoir de les stimuler et les protéger en tout temps. Les milieux naturels de proximité se font rares. Les voitures sont partout. Même dans les écoles, la sécurité et les objectifs de performance menacent les sorties en nature. »

La modification des rapports de l’homme à son environnement, influencée par les changements culturels et technologiques, engendre sédentarité, obésité, impacts sur la santé mentale, coûts sociaux, note monsieur Simard :

« La méconnaissance de la nature des fois va jusqu’à la phobie, la peur de la nature, on peut attraper des maladies, on peut se faire mal […]  La destruction des habitats, c’est un fardeau financier trop grand […] La rupture humain-nature a des conséquences sur plusieurs pans d’une société. »

En augmentant les contacts avec la nature pour la quarantaine d’élèves participants, Marguerite, entre ville et nature aura des retombées favorables sur toute une communauté, estime-t-il. Les jeunes en parleront à leurs parents, à leurs ami.e.s. Ainsi se propageront le souci de prendre soin de la nature, de mieux la comprendre, le goût de prendre l’air, de bouger.

Pour la nouvelle directrice de l’école Marguerite-Bourgeoys, Mylène Desbiens, les classes à l’extérieur contribueront aussi à la réussite scolaire des élèves : « La cour d’école peut devenir une extension de la classe et apporte un environnement différent, propice à la concentration. »