L’inauguration des places éphémères fait la joie des passants | 16 juillet 2018 | Article par Geneviève Morin

Des bambins attentifs aux contes de Jacques Hébert à L’Oasis Sauvageau.

Crédit photo: Geneviève Morin

L’inauguration des places éphémères fait la joie des passants

Du 9 au 12 juillet, la population de Québec a été invitée à inaugurer L’Oasis Saint-Vallier (Saint-Sauveur), la Galerie urbaine de Montcalm du Quartier des arts (Montcalm) et L’Oasis Sauvageau (Saint-Sauveur). Retour sur le dévoilement de ces îlots de fraîcheur et de bonne humeur.

L’Oasis Saint-Vallier

Oasis Saint-Vallier : un père fait tourner son fils au son de Kleztok
Crédit photo: Geneviève Morin

Un écosystème qui rappelle l’extérieur d’un voilier : des mâts en bois, des voiles triangulaires qui permettent de pique-niquer au frais. Tables, bancs, musique, enfants partout. Mais d’où viennent tous ces bambins? Joie de voir parents et enfants danser sans retenue au son du violon de Kleztok, trio aussi klezmer que son nom l’indique. De l’écologie appliquée qui swingue : la placette sise au stationnement à l’angle des rues Saint-Vallier Ouest et Bagot a été imaginée comme un remède aux îlots de chaleur (la canicule, vous connaissez?) par l’organisme Nature Québec, à travers son programme Milieux de vie en santé. En d’autres termes, les créateurs et créatrices du projet veulent prendre soin des gens, leur éviter des coups de chaleur.

Rosalie, mère du petit Clovis (3 ans), s’est déclarée satisfaite du lieu : « J’apprécie les toiles pour l’ombre, car il n’y a pas beaucoup d’espaces pour s’asseoir et manger sur Saint-Vallier! » Quant au jeune Clovis, il a qualifié de « très bon » le sandwich à la crème glacée préparé par La Turbine – à vélo. Les bouchées servies par Le pied bleu et Le Renard et la Chouette ont aussi vite trouvé preneurs.

À s’approprier jusqu’au 30 octobre

La Galerie urbaine de Montcalm

La nouvelle galerie urbaine du Quartier des arts
Crédit photo: Gracieuseté SDC Montcalm

Coin rue Fraser et rue Cartier, une conférence de presse matinale où on se salue entre représentants des médias, où on prend des photos et où on teste les modules d’exposition. Bébé de la Société de développement commercial (SDC) – Quartier des arts de Montcalm, la galerie urbaine veut sensibiliser le public aux bienfaits des arbres en milieu urbain. Sensibilisation, médiation, valorisation : derrière ces rimes en « on », un dur désir de durer [1] qui prend la forme de blocs triangulaires qu’on tourne et retourne pour découvrir photos et textes courts.

On a visiblement pensé à tout le monde (familles, adultes, ados, etc.) par une rédaction facile à lire et des photos éclatantes. Que racontent ces blocs amovibles? Une histoire d’arbres, de mort et de renaissance : attaqués par un insecte ravageur, l’agrile, à l’été 2017, plusieurs des magnifiques frênes du quartier ont dû être abattus. Leur bois connait cependant une deuxième vie, changé en borne de recharge « à motricité humaine », un dispositif ingénieux qui permet de recharger les petits appareils (cellulaires, tablettes, etc.) en quelques coups de pédales. Cette borne, fruit d’une collaboration entre le Centre de démonstration des sciences physiques du Cégep Garneau et l’Atelier coopératif la Patente, sera bientôt installée à la Galerie urbaine, puisqu’elle était en peaufinage technique lors du dévoilement.

À voir et toucher jusqu’au 30 septembre

L’Oasis Sauvageau

Des odeurs de viande grillée (plus précisément des hot-dogs de l’Épicerie Rochon), des gens partout, des enfants, des ainés, des ados joueuses de soccer, des entre-deux-âges, des propriétaires de chiens, même un chat en laisse : la soixantaine de passants (et leurs compagnons canins ou félins) composent un tableau remuant qui laisse présager une belle pérennité à la plus citoyenne des oasis. Une fameuse virevolte, sachant que cet ancien lieu de dévotion, pourvu d’une réplique de la grotte de Lourdes, était jusqu’à tout récemment boudé par le voisinage. « L’endroit avait besoin d’amour », confesse Gilles Laplante, un retraité qui a prêté main-forte bénévolement à l’aménagement de l’oasis.

Des bancs de bois, de petites lumières à même le coteau Sainte-Geneviève, quelques jeux d’adresse, de nouvelles plantations et, surtout, un lieu nettoyé de fond en comble attendent les citoyens avides de se réapproprier un des parcs les plus originaux de la ville. Rappelons que les gens du voisinage ont été fortement impliqués dans le choix des aménagement (lors d’un atelier de design participatif). Une oasis par et pour le vrai monde, dont la permanence est souhaitée, comme le souligne Louis-Félix Renaud de Milieux de vie en santé : « Le mobilier urbain va rester sur place, même l’hiver! »

À redécouvrir jusqu’au 30 octobre

  [1] Titre d’un poème de Paul Éluard