Du Québec au Salvador avec la Joujouthèque | 17 avril 2018 | Article par Véronique Demers

Crédit photo: Véronique Demers

Du Québec au Salvador avec la Joujouthèque

Grâce au coup de main de la Joujouthèque Basse-Ville du quartier Saint-Sauveur, Hada Lopez vient de lancer une ressource semblable à Suchitoto au Salvador, son pays d’origine qu’elle a quitté il y a 33 ans.

En mars dernier, la Joujouthèque Basse-Ville a donné de nombreux jouets dont elle ne se servait pas à Hada Lopez. Celle-ci a envoyé en avion l’équivalent de sept bacs remplis de jouets, grâce au programme de frais humanitaires d’Air Transat.

« Beaucoup d’ONG s’occupent de la survie des enfants, mais qu’en est-il de leur culture? Comme être humain et mère, je veux donner un peu d’enfance à ces jeunes. Beaucoup de Salvadoriens n’ont jamais été en contact avec un jouet dans leur vie», souligne l’auteure jeunesse de Québec.

Mme Lopez indique que les gangs de rue font rage au Salvador. Plusieurs facteurs, tels que la pauvreté, le manque d’éducation et la violence familiale, y contribuent.

« Parfois, ce sont des jeunes désoeuvrés qui traînent, alors qu’à d’autres moments, certains jeunes sont recrutés de force. […] C’est un problème énorme et complexe. Ils sont au Salvador, mais aussi en Californie, aux États-Unis. Il y a eu près de 2 millions d’expatriés du Salvador en raison de la guerre civile (1979-1992) », rappelle-t-elle.

Bibliothèques mobiles

Intimement liées à la Joujouthèque de Suchitoto, les bibliothèques mobiles, munies de hamacs, ont vu le jour quelques mois avant, en novembre 2017. Grâce à une subvention qu’elle a reçue pour son projet, Hada Lopez a pu les faire construire et acheter 200 livres.

Les bibliothèques mobiles créées à l’initiative d’Hada Lopez.
Crédit photo: Courtoisie Hada Lopez

« Le concept est de parcourir les centres urbains et d’amener les livres vers les gens. J’ai pu reproduire le modèle d’unités mobiles conçu par la Française Amandine Lagut (présidente des Z’Ambules). Les jeunes peuvent être dans un hamac, en autant qu’ils empruntent un livre. Quant aux familles, elles doivent s’inscrire au réseau des bibliothèques mobiles pour pouvoir aller à la Joujouthèque », détaille Mme Lopez.

Festival d’art et de lettres

Des artistes animent, lors du festival FiliArte, les places publiques au Salvador, en faisant la promotion de la francophonie.
Crédit photo: Courtoisie Hada Lopez

Outre la Joujouthèque et le réseau des bibliothèques mobiles, l’autre volet du projet d’Hada Lopez est le Festival FiliArte, visant à faire la promotion de la francophonie par les arts, avec des performances et de la formation sur place. Ainsi, pendant une semaine, des activités littéraires, artistiques et d’éveil à la lecture – en particulier auprès des familles défavorisées – se tiennent dans un parc central.

Les activités sont animées par ILWIT, un collectif d’artistes québécois créé en 2013, dont la mission est de faire connaître aux Salvadoriens le savoir et la littérature jeunesse d’ici.

« La francophonie, ce n’est pas juste de parler français, c’est aussi la culture, les valeurs et les connaissances. Les Québécois en sont les meilleurs représentants. J’ai invité des artistes, comme des clowns, à partager leur savoir sur place », témoigne Mme Lopez.