L’art prend son envol : la murale <em>Migrations</em> se dévoile | 27 juin 2017 | Article par Myriam Nickner-Hudon

Murale Migrations, réalisée par l’artiste Gabrielle Bélanger avec 17 enfants du quartier Saint-Sauveur. Crédit photo : Myriam Nickner-Hudon

L’art prend son envol : la murale Migrations se dévoile

Au bout de plusieurs semaines d’effort, de plaisir, de collaboration, une murale aux couleurs jeunes et joyeuses embellit le troisième étage du Centre Durocher, résultat du projet de médiation culturelle Migrations de l’artiste Gabrielle Bélanger avec 17 enfants du quartier.

Comme des oiseaux

Au cours des mois d’avril et de mai, le groupe a fait une excursion à Cap-Tourmente pour observer les oies et la nature, s’amuser et trouver des éléments intéressants à intégrer dans la murale. En visitant ce paysage unique, Gabrielle Bélanger voulait offrir aux enfants une expérience poétique sur la migration. Elle les invitait à se prendre pour des oiseaux. L’artiste a pu ainsi capturer l’énergie du moment en photographiant les postures des enfants, visibles dans la murale.

L’artiste a combiné les anecdotes, les témoignages et les réflexions des enfants, les images, les idées et les créations du groupe. La plupart sont immigrants ou ont des parents d’origine étrangère. Ils pouvaient puiser dans leur réalité et leurs émotions pour s’exprimer sur l’identité. Ils ont essayé les techniques de la sérigraphie, l’encre de Chine, la photographie, le cyanotype et le dessin durant cinq ateliers avec Gabrielle.

Inspirée par la diversité culturelle des enfants et le printemps, l’artiste a ensuite imaginé un concept autour des thématiques de la migration, des jeunes et des oies. Elle a assemblé les éléments en reprenant les techniques vues dans les ateliers et en modifiant certaines photos prises à Cap-Tourmente.

L’immigration en quatre temps

Le résultat est une murale étonnante, remplie de petits symboles sur l’immigration, le Québec, la famille, les petits et grands défis de la vie. En regardant l’oeuvre,  le sourire nous vient spontanément devant chaque détail et les couleurs brillantes (bleu, turquoise, indigo, orange…). Il y a un petit côté Riopelle dans les silhouettes d’oiseaux.

La murale se divise en quatre sections, de gauche à droite, au troisième étage du Centre Durocher . La première représente la migration et l’arrivée dans un nouveau pays, les émotions d’euphorie, d’excitation, de découverte. On voit les enfants et les oiseaux qui s’éclatent, explorent un vaste espace curieux et étonnant. Les enfants y font parfois de drôles de rencontres, comme ce dindon sauvage qui avait marqué une fillette.

La seconde section, toute petite, est un recoin de colonne où l’on a peint un poteau électrique typique de la Basse-Ville. Il symbolise le choc de l’intégration, des moments plus difficiles. Les obstacles sont nombreux : la réalité nous rattrape, la situation n’est pas toujours idyllique.

La troisième section contient de nombreux portraits, une carte du Québec et des motifs inspirés des textiles ethniques. Elle illustre l’adaptation à cette nouvelle vie : on y affirme sa présence dans le quartier. Les enfants se représentent eux-mêmes, leur famille et leurs amis, en mélangeant des éléments de la culture locale et des motifs inspirés d’autres pays. On voit comment ils s’adaptent, à leur façon. Ils développent leurs habitudes, une routine, font leur place dans la communauté.

Dans la dernière partie, sur la fenêtre à droite de l’ascenseur, des oiseaux blancs s’envolent dans le ciel. Ils représentent le sentiment de liberté, la confiance qu’ils ont réussi à développer pour s’intégrer à force de patience et de persévérance.

Une approche qui fait sens

Titulaire d’un baccalauréat en travail social et d’un certificat en art, Gabrielle Bélanger partage ses connaissances et son savoir-faire dans une approche de médiation culturelle. Au fil de ses formations et des voyages, elle apprend de nouvelles méthodes artistiques et perfectionne son style. Elle aime particulièrement la photographie et la sérigraphie, ce qui l’amène parfois à exposer ses oeuvres chez Engramme à Méduse.

La médiation culturelle « fait sens » pour elle, car elle combine l’intervention avec les techniques artistiques. C’est une façon concrète de motiver les jeunes à développer leur savoir-être et leurs autres talents. Ils déploient leur énergie et leur créativité en collaborant à une oeuvre dont ils pourront être fiers.

Le projet Migrations a été financé par l’entente de développement culturel entre le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Québec. Des organismes comme le Pignon Bleu et le Carrefour des enfants de Saint-Malo ont contribué au projet avec l’école Saint-Malo. Connaissant bien les jeunes du quartier et leurs besoins, ils ont mis leur expertise en commun pour recruter les enfants pour le projet.