#Moiaussi, aussi en Basse-Ville | 26 novembre 2017 | Article par Anne-Christine Guy

Crédit photo: Suzie Genest

#Moiaussi, aussi en Basse-Ville

Le mouvement #Moiaussi/ #Metoo a entraîné une réflexion large sur la culture du viol. Bien que nos yeux se soient rivés d’abord sur les riches et célèbres, ce qu’il dénonce touche les femmes de toutes les sphères sociales, partout. En amont des 12 jours d’action contre la violence envers les femmes, qui ont lieu du 25 novembre au 6 décembre, des femmes ont tenu en Basse-Ville rencontres et rassemblement pour s’offrir un espace d’échange, de discussion, de réflexion.

#Moiaussi au Centre des femmes de la Basse-Ville

Bien que le hashtag ait créé beaucoup de remous, les notions de culture du viol et même d’agression sexuelle peuvent être embêtantes pour certaines, et les endroits pour parler de nos expériences manquent parfois. Le Centre des femmes de la Basse-Ville à Saint-Sauveur a donc décidé d’organiser un évènement pour permettre aux femmes de mieux se renseigner, d’échanger, de réfléchir à des solutions.

Les participantes ont eu l’occasion de visionner des vidéos sur le sujet et de discuter avec des intervenant.e.s qualifié.e.s. Le Centre a tenu à faire une de ces deux soirées dans un lieu auquel les femmes à mobilité réduite pouvaient avoir accès. Rappelons-le, 80% de ces femmes sont victimes d’agressions sexuelles perpétuées par des proches ou même des membres du corps médical. Les soirées ont eu une bonne réponse, la réflexion autour du sujet se continuera dans l’avenir au centre.

Les femmes en 2017

Quant à la situation des femmes en 2017, les travailleuses du Centre des femmes de la Basse-Ville constatent une avancée dans la sphère politique. Les récentes élections municipales ont vu élire de nombreuses femmes, toutefois nous sommes loin de la parité. Si la courbe d’évolution suit son cours, nous ne l’atteindrons que dans plusieurs dizaines d’années.

Le constat est similaire pour le marché du travail : les femmes occupent de plus en plus de postes de cadres, mais il existe encore une différence entre les salaires des hommes et des femmes pour le même travail. Dans les sphères moins fortunées, la pauvreté des femmes est de plus en plus criante. On constate une augmentation du nombre de celles qui nécessitent un support alimentaire. On s’inquiète aussi de l’impact des coupures nombreuses dans les garderies. Selon les travailleuses du Centre, ceci pourrait causer dans certains foyers un retour obligé des femmes à la maison. Force est de constater qu’il reste encore du chemin à faire.

Des blagues obscènes aux survivantes du viol

Dimanche, l’organisme Viol-Secours, un centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) organisait un rassemblement pacifique #Moiaussi. En amorce des 12 jours d’action contre la violence envers les femmes, il s’agissait pour elles de saisir la fenêtre de « l’attention médiatique et gouvernementale sur la problématique des violences sexuelles » pour se mobiliser et se faire entendre.

Sur la scène de place de l’Université-du-Québec, des femmes artistes, étudiantes, de différents horizons ont partagé leurs expériences. Blagues déplacées d’un oncle sur l’anatomie d’une nièce, persistance des stéréotypes dans les relations amoureuses, double standard quant à la sexualité au féminin et au masculin : la lutte à l’égalité n’est pas encore gagnée dans les sphères intime, familiale, sociale. Les textes de Pam, Rachel, Iris donnaient à voir un large spectre d’agressions allant des petites violences ordinaires à l’extraordinaire envie de vivre d’une survivante du viol.

Nathalie Igonène de Violence InfoDenyse Thériault de Rose du Nord, Rose Dufour de la Maison de Marthe ont également pris la parole lors du rassemblement. Parmi les solutions avancées pour mieux lutter contre les violences sexuelles : le retour des cours d’éducation à la sexualité dans les écoles et un meilleur accès aux services d’écoute, de référence, d’intervention et d’information, qui passe par un meilleur financement des organismes.