Fix-Ton-Padget, contre l’obsolescence programmée | 20 novembre 2017 | Article par Suzie Genest

Crédit photo: Fix-Ton-Padget

Fix-Ton-Padget, contre l’obsolescence programmée

Dans le monde des appareils électroniques et des services connexes, on cède facilement à la tendance du jeter-remplacer. Un nouveau venu dans Saint-Sauveur, Fix-Ton-Padget, souhaite la renverser en prolongeant la vie des cellulaires et en favorisant le recyclage de leurs composantes.

Avant d’ouvrir leurs portes le 2 novembre sur la rue des Oblats, dans le local auparavant occupé par Coeur de Mailles, Mathieu Ainsley et François Ouzilleau ont fait leurs armes sans pignon sur rue durant trois ans. Mathieu, formé en informatique, a initié son ami à la réparation des téléphones. Comme il n’existe pas de formation spécialisée et que les technologies évoluent très rapidement, la débrouillardise tient une grande place dans leur travail.

Si le nom du commerce étonne, amuse, le tandem ne craint pas de semer la confusion par ce clin d’oeil rétro à sa mission.

Déprogrammer l’obsolescence

Fix-Ton-Padget offre réparation de téléphones, revente d’accessoires, rachat de téléphones brisés en vue de leur donner une seconde vie. Sur place, on réutilise les pièces et on recycle au maximum. Lorsque toutes les possibilités sont épuisées, les composantes sont envoyées là où, par exemple, on les fera fondre pour en récupérer les métaux.

Les deux associés sont en démarche pour accueillir un point du réseau tesrésidusdangereux.com Ils n’ont pas l’espace pour des ordinateurs, mais pourront recueillir téléphones cellulaires et tablettes en fin de vie. Ils souhaitent aussi organiser des collectes pour des organismes comme Médecins sans frontières, qui peuvent combler leurs besoins en télécommunications avec des appareils moins récents.

Beaucoup d’appareils laissés pour morts seraient-ils récupérables? Selon les deux associés, probablement. Devant une batterie qui ne se recharge plus, un écran cassé où plus rien ne s’affiche, on tend à juger un téléphone irrécupérable ou sa réparation vaine, alors que c’est faux. On croit qu’un appareil qui a pris l’eau est condamné, alors qu’il pourra très bien survivre longtemps si les minéraux (la corrosion) ne s’y répandent pas.

Un espace convivial

Les deux jeunes entrepreneurs sont d’enthousiastes résidents du quartier où ils travaillent. Mathieu résume :

Saint-Sauveur, ça bouge vraiment beaucoup, j’ai trouvé ma place il y a 3 ans quand je suis venu vivre ici. C’est chaleureux, les gens arrêtent voir ce qu’on fait dans le local. Pour une première entreprise en démarrage, le local était abordable. C’est assez spacieux pour nos besoins et on aime le style convivial, loin des grandes boutiques aseptisées.

Ils ont aménagé eux-mêmes les lieux, jusqu’à la construction du comptoir, avec du bois de palettes recyclé, des tuyaux de plomberie qu’un ami électricien a transformé en luminaire. Sur les murs, ils ont accroché des oeuvres d’un autre ami, voyageur et artiste. Elles sont en vente, appelées à être remplacées par d’autres tableaux ou photographies. On verra aussi bientôt au mur des étuis de téléphone en bois; les associés s’efforcent de trouver un fournisseur qui n’abuse pas des emballages.

Wifi, café, jazz manouche

Comme le lettrage qui s’ajoutera dans les vitrines, une cafetière espresso fera prochainement son arrivée. Quel est le lien avec les services offerts? Mathieu et François souhaitent que la table dans l’avant-boutique accueille des pigistes et étudiants, avec leur ordinateur, qui veulent échapper un moment à leur domicile.

On a le wifi, on sait que beaucoup dans le quartier vont s’installer pour travailler à Ma Station, ils y restent parfois très longtemps, avec juste un café. On a pensé qu’on pouvait aider à répondre au besoin, et aussi créer une ambiance, une communauté.

Dans cet esprit, les associés comptent trouver des façons de collaborer avec les commerces du quartier et organiser des activités dans leurs espaces. Ils pensent même inviter des amis musiciens à y jouer du jazz manouche le jeudi ou le vendredi soir.

Fix-Ton-Padget
417, rue des Oblats