Une histoire, une chanson : le legs de SPOT à Saint-Sauveur

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Les photos de cet article, à l’exception de celle du tilleul, sont de Sautozieux.

La Sympathique place ouverte à tous (SPOT), avant de s’installer à l’intersection Saint-Vallier Ouest – Bagot, avait promis de laisser à son départ un legs à Saint-Sauveur. Maintenant achevée, la fresque souvenir Une histoire, une chanson, dont le concept a été dévoilé le 30 juin dernier, sera officiellement inaugurée lors du Vernissage INDEX-DESIGN ce jeudi 11 août dès 17 h.

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Le défi de réaliser cette fresque a été relevé par l’entreprise de L’Ange-Gardien Sautozieux, cofondée par Nathaly Lessard et Marie-Chantal Lachance, qui célébrera en 2017 vingt années de murales et projets apparentés. Le concept est celui que l’artiste Gitane Caron avait soumis dans le cadre de l’appel de propositions lancé par SPOT. Sa proposition a remporté la faveur du jury pour son caractère accessible et sa sensibilité à l’identité et à la mémoire collective du quartier. La conceptrice s’est nourrie notamment des témoignages de Saint-Sauverois recueillis en vidéo par le Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli pour son exposition sur l’histoire populaire de Saint-Roch et Saint-Sauveur. On peut d’ailleurs toujours voir un bel aperçu de cette exposition sur le site de SPOT.

20160727_154852« Le quartier qui se construit sur lui-même »

La fresque de Gitane Caron esquisse dans la partie supérieure du mur un présent et un avenir de diversité culturelle, artistique et sociale, qui prennent appui sur le passé du quartier, évoqué dans la partie du bas. L’oeuvre a la particularité de se superposer et de s’intégrer à une précédente murale, inscrite dans la trame de Saint-Sauveur depuis quatre décennies et chère à beaucoup de résidents, a constaté Catherine Racicot-Brazeau de SPOT :

Après la démolition de l’édifice voisin en 1974, l’ancien propriétaire de l’immeuble avait fourni la peinture à deux étudiantes en leur laissant la liberté de création sur son mur. Les gens du quartier se sont attachés à cette murale; quand on a annoncé qu’il y aurait une nouvelle fresque, des personnes ont réagi, ne voulant pas perdre leur murale. »

Son collègue Kevin Mark remarque « un parallèle intéressant avec l’histoire de Saint-Sauveur, un quartier ouvrier qui, comme la fresque, se construit sur lui-même… »Le jury chargé de la sélection d’une proposition était composé d’un représentant de SPOT, d’un représentant de la SDC Saint-Sauveur, d’un membre du Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur, du propriétaire du bâtiment et de Florence Demers du Musée de la mémoire vivante. Un contretemps a empêché la participation prévue de la conseillère municipale du district de Saint-Roch–Saint-Sauveur Chantal Gilbert.

Grand vernissage, grandes collaborations

C’est ce jeudi 11 août dès 17 h que la grande fresque aura son grand vernissage, lors d’un 5 à 7 INDEX-DESIGN. L’activité se veut l’occasion de remercier les huit firmes d’architectes, les étudiants en architecture et tous les partenaires et collaborateurs qui ont permis à la Sympathique place ouverte à tous de prendre place dans Saint-Sauveur cet été.SPOT-SOZ (2)Difficile d’imaginer la concrétisation de projets et d’aménagements comme ceux de SPOT sans les commandites et autres précieux coups de pouce. Location d’équipements lourds, matériaux massifs, transport, réglementation, sécurité, etc. : les aménagements à grande échelle dans l’espace public ont des besoins incontournables dispendieux. Pour la fresque, dont la Ville de Québec est le principal partenaire financier, SPOT a aussi pu compter sur des commandites, dont celles de Sherwin-Williams pour la peinture et de Lou-Tec pour la location à tarif privilégié d’équipement, comme celui sur la photo à la une… Au plein prix, « le coût de la fresque atteint 25 000 $ », souligne Kevin Mark.

Deuil pour un tilleul

tilleulspotTandis qu’un mur de Saint-Sauveur reçoit un grand héritage, un deuil s’annonce à proximité : un grand tilleul près de la fresque porte une marque apposée par la Ville de Québec dans le cadre de ses opérations en cours pour l’abattage d’arbres malades et jugés dangereux. Plusieurs espaces publics mais aussi des propriétés privées ont vu certains de leurs arbres ciblés. Plus tôt cet été, des coupes d’arbres ont été effectuées dans le parc Victoria entre autres, et des arbres ont été marqués dans le coteau Sainte-Geneviève.À lire aussi : SPOT : fresque et mémoires en apéro