Ancien Centre Durocher : « Je ne comprends pas », dit le supérieur des Oblats

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OPINION DES LECTEURS | Au nom de la Communauté des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, propriétaire jusqu’en 1979 de l’édifice et du site de l’ancien Centre Durocher sur la rue de Carillon, le père Luc Tardif, supérieur provincial, a adressé le 20 octobre au maire Régis Labeaume la lettre suivante, transmise à Monsaintsauveur pour publication.

« Monsieur le Maire,À titre de Supérieur de la Communauté des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, j’ai essayé à plusieurs reprises d’entrer en contact avec vous au sujet de l’avenir du Centre Durocher, une mission à laquelle nous avons consacré le meilleur de nous-mêmes pendant des années au bénéfice d’une population qui, avec le temps, s’est identifiée à l’esprit des lieux. Je vous ai même invité à deux reprises à une rencontre de la dernière chance au cours de laquelle nous aurions pu facilement convenir des conditions favorisant la réalisation aussi bien du prolongement du Centre Durocher en une Maison de la Culture que de la construction de logements sociaux sans avoir à détruire le Centre.À ce jour, je n’ai eu aucune réaction de votre part. Je m’en inquiète et je m’en désole. Je ne comprends pas pourquoi vous refusez obstinément d’échanger avec nous sur une solution gagnant/gagnant. D’autant moins que, dans le contrat de cession de 1979 par lequel ma Communauté cédait l’édifice et le lieu à une corporation sans but lucratif, il est écrit en toutes lettres, dans les articles 6 et 9e, que la nouvelle corporation s’engage à maintenir « dans les lieux cédés » la vocation communautaire du Centre. Les circonstances m’obligent à vous rappeler que la Ville de Québec était, par vos prédécesseurs, et est encore en vertu du principe de la continuité de l’État, partie à ce contrat.Le temps presse, Monsieur Labeaume. On m’informe qu’on a commencé la démolition du bâtiment, ce qui signifie pour nous la démolition d’une oeuvre dont nous espérions pouvoir assurer la pérennité par le truchement de la Maison de la Culture. Ce geste est regrettable et condamnable et il m’oblige à questionner la bonne volonté des parties. J’ai peine à croire que, ce faisant, la Corporation et Action Habitation pourraient agir ainsi dans l’illégalité. Notre projet qui n’exclut pas le vôtre ne ferait pourtant que commencer à rétablir un équilibre entre les ressources et les équipements dont disposent les différents quartiers de la Ville en faveur d’un quartier que toutes les données disponibles définissent comme sous-équipé.Je ne comprends pas pourquoi vous refusez à ces gens un équipement sociocommunautaire digne de ce nom et comparable à ceux dont sont dotés les autres quartiers de Québec. D’autant moins que ce geste constituerait à n’en pas douter la pierre angulaire de la revitalisation de ce quartier et de sa mise à niveau par rapport aux autres.Le temps presse, Monsieur le Maire, mais je crois encore que si tous les organismes concernés y mettent un brin de bonne volonté, il n’est pas trop tard. Je vous en conjure, suspendez le permis de démolition et acceptez de me recevoir privément pour que nous convenions des conditions permettant la réalisation des deux projets. À mon sens, elles sont à portée de la main. Conscient que nos charges et nos responsabilités respectives surchargent nos agendas, j’apprécierais que ce rendez-vous ait lieu le plus tôt possible.Je continue d’espérer que la Communauté ne sera pas obligée de recourir à des moyens plus lourds, plus onéreux et moins conviviaux pour nous assurer que la Ville et la Corporation respectent la lettre et l’esprit de conditions de cession convenues par vos prédécesseurs.Recevez, Monsieur le Maire, l’assurance de mon entière collaboration. »Père Luc Tardif, o.m.i.Supérieur provincial