Avenir du Centre Durocher : nouveaux appuis publics pour une Maison de la culture

L'écrivain Michel Pleau, l'architecte et consultant en patrimoine Martin Dubois et l'historien Dale Gilbert
L’écrivain Michel Pleau, l’architecte et consultant en patrimoine Martin Dubois et l’historien Dale Gilbert

Ce lundi lors d’une conférence de presse du Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), le projet de maison de la culture dans l’ancien Centre Durocher a reçu publiquement les appuis de l’écrivain Michel Pleau, poète officiel du Parlement du Canada; de l’architecte et enseignant Martin Dubois, consultant en patrimoine chez Patri-Arch; de l’historien Dale Gilbert, auteur de Vivre en quartier populaire Saint-Sauveur 1930-1980; et de la chercheure Vivian Labrie, militante pour la lutte à la pauvreté et résidente du quartier depuis une trentaine d’années.

S’y sont joints par voix de lettres Nadine Lizotte pour l’Orchestre d’hommes orchestres et François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Cinq de ces personnalités d’horizons variés ont grandi ou vécu dans Saint-Sauveur, et toutes estiment que l’ancien Centre Durocher fait partie du patrimoine tant bâti que social du quartier. Toutes sont également convaincues que maintenir une fonction communautaire dans un lieu si central est crucial pour l’avenir du quartier.Martin Dubois le rappelle, la vocation communautaire du site remonte à 1888, alors que des halles avec un marché public et une salle communautaire y étaient aménagés. Cette valeur sociale participe de l’intérêt patrimonial qui, sans reposer sur l’ancienneté du bâtiment, reste bien réel vu son style art déco et les détails particuliers de sa construction. Son long historique de fonction collective et communautaire fait de l’ancien Centre Durocher « un vecteur d’appartenance », dit Dale Gilbert.Pour l’architecte et l’historien, aménager une maison de la culture accessible par les transports actifs et collectifs, aux abords de l’artère principale du quartier et des services de proximité, commerces, restaurants, s’inscrit dans les courants actuels du développement urbain. « Ce n’est pas de la nostalgie », renchérit Martin Dubois, qui voit la possibilité de « garder le bâtiment vivant » en lui conférant un nouvel usage répondant à de réels besoins communautaires et culturels du quartier. Un quartier où, rappelle Dale Gilbert, « on veut attirer de nouveaux résidents, dont des jeunes familles ». Le poète Michel Pleau, lui, se souvient de sa propre enfance où le parc et le Centre, à proximité de la maison familiale, lui ont ouvert les portes d’un « vaste monde » d’amis, d’activités et de découvertes culturelles.Même aux yeux des militants pour le logement social, les équipements publics communautaires revêtent une importance de premier plan dans un milieu de vie. Il faut « du pain et des roses », illustre Vivian Labrie, citant la chanson éponyme. Déplacer le projet de logement social de Habitation Durocher vers le site du stationnement, au coin Carillon et Saint-Vallier Ouest, permettrait d’ajouter les roses au pain. Cette solution aurait aussi pour effet de préserver le parc actuel et sa verdure et d’« éliminer un stationnement de surface, qui contribue aux îlots de chaleur », ajoute Dale Gilbert.La première réponse défavorable de l’arrondissement n’a pas miné l’espoir du CCCQSS. « On a aussi l’appui de plusieurs commerçants », dit le président Nicol Tremblay. L’animateur Éric Martin insiste sur le fait qu’une maison de la culture avec une succursale de bibliothèque cadrerait tout à fait avec les politiques de la Ville de Québec, qui se réjouissait récemment, par la voix de Julie Lemieux, d’une année record dans les bibliothèques.