Avenir du Centre Durocher : le CCCQSS réitère ses propositions

CCCQSSLors d’un point de presse lundi, le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS) a fait part de la réponse de la Ville de Québec aux propositions qu’il avait déposées en décembre, et qu’il maintient, pour l’avenir de l’ancien Centre Durocher.

La conseillère du district Chantal Gilbert, la présidente du conseil d’arrondissement de La Cité-Limoilou Suzanne Verreault et le directeur de l’arrondissement Claude Lirette, s’ils saluent l’engagement et la mobilisation des citoyens, répondent par « le regret de [les] informer qu’il ne sera pas possible d’y donner suite ». Pour le CCCQSS, une Maison de la culture dans l’ancien centre (préservant autant que possible son patrimoine bâti) et le choix d’un site voisin pour les logements sociaux répondraient mieux aux besoins des résidents et contribueraient au dynamisme du quartier.

Bien privé, bien public

La lettre de deux pages signée conjointement par les intervenants municipaux mentionne que le site en question est une propriété privée dont la Ville n’a pas prévu faire l’acquisition.Pour sa part, le CCCQSS déplore que des décisions affectant des équipements et services publics se soient prises en privé, menant la Corporation du Centre Durocher à déménager le centre au Centre récréatif Monseigneur-Bouffard et à porter un projet de logements sociaux sur son ancien site, avec Action-Habitation. Fort de décennies d’expertise en logement, le CCCQSS mentionne que la Corporation dissoute dans la nouvelle entité Habitation Durocher avait jusque-là toujours oeuvré en loisirs.Les représentants municipaux justifient ces décisions par l’« utilisation judicieuse des biens et deniers publics » et la « préservation d’une offre diversifiée de loisirs et de vie communautaire pour les citoyens du quartier ».Le CCCQSS se désole de l’absence d’une réelle analyse des besoins, du manque de transparence et de prise en compte des citoyens dans le dossier. Il rappelle que la préservation de la vocation publique et communautaire du Centre Durocher, sa bonification et le besoin d’une bibliothèque, entre autres, figurent dans trois documents portant le sceau de la Ville : l’acte de vente aux Oblats (1947), La ville imagée par les enfants (1995) et le Plan directeur de quartier de Saint-Sauveur (2005). Comme l’évoque le Comité de sauvegarde du Centre Durocher dans un récent article de Droit de parole, il ajoute que la Ville aurait eu accès à un financement provincial pour rénover le bâtiment, mais n’en aurait jamais fait la demande.

Desservir la densité, à proximité

La lettre adressée au CCCQSS fait valoir les ajouts à la programmation du nouveau Centre Durocher, sur Raoul-Jobin, et les investissements à venir dans l’infrastructure et les services de la bibliothèque Gabrielle-Roy, à Saint-Roch.Comprendre et agir autrement pour viser l’équité en santé dans la région de la Capitale-NationaleÀ cet égard, le CCCQSS insiste sur la densité de population et sur l’importance de la proximité des services. Les 16 000 résidents et les 3 écoles primaires de Saint-Sauveur, toutes situées à plus d’un kilomètre de Gabrielle-Roy, sont les seuls à n’avoir aucune bibliothèque dans leur quartier central. Limoilou en compte plusieurs, et celles de Saint-Jean-Baptiste (pour une seule école) et du Vieux-Québec (significativement moins dense) sont séparées par 600 mètres.La lutte à la pauvreté, à l’analphabétisme et à la fracture numérique figurent parmi les besoins criants dans Saint-Sauveur. La proximité d’équipements communautaires et socioculturels est déterminante pour combler de tels besoins, souligne le CCCQSS, s’appuyant sur le rapport sur les inégalités sociales de santé publié par la direction régionale de la santé publique en 2012.[ À lire aussi : Le Centre Durocher : des nouvelles récentes. Un billet précédent : Avenir du Centre Durocher: une Maison de la culture et une vision de quartier. ]