Ancien Centre Durocher : des doutes au coeur de Saint-Sauveur

2015-11-30_Grand_Rassemblement_ancienCentreDurocher

Une bonne centaine de personnes de tous âges ont pris part hier au rassemblement organisé par le Comité des citoyens et des citoyennes du quartier Saint-Sauveur (CCCQSS), réitérant leur désir de préserver le patrimoine de l’ancien Centre Durocher et de discuter avec les élus municipaux du projet de Maison de la culture présenté aux médias dans l’heure précédente.

Étaient entre autres de la partie Vivian Labrie, l’écrivain Alain Beaulieu et l’auteure et directrice de la Promenade des écrivains Marie-Eve Sévigny, qu’on peut lire aujourd’hui dans Le Devoir. Dans la journée, on avait pu lire ou relire sur le blogue de Contact le point de vue de Martin Dubois, consultant en patrimoine et chargé de cours à l’École d’architecture. On avait vu l’événement Facebook du Grand rassemblement relayé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Bref, les personnalités, artistes et organismes ayant témoigné leur appui au CCCQSS l’auront maintenu jusqu’à la fin.Le projet de Maison de la culture, présenté en point de presse avant le rassemblement, intègre des éléments dont l’absence a été maintes fois déplorée dans le quartier Saint-Sauveur : bibliothèque, salle de diffusion multifonctionnelle, espaces de rencontres et d’animation culturelles. Le tout découle de la consultation populaire tenue en juin dernier par le Conseil de quartier de Saint-Sauveur. La proposition inclut des esquisses de plans et une estimation des coûts globaux (un peu moins de 13 M$) basée sur un comparable récent, le Centre d’art Diane-Dufresne  de Repentigny.

Des doutes…

À ceux qui objectent qu’il est trop tard, que la démolition de l’ancien Centre Durocher est implacable, le CCCQSS répond, par la bouche de son animateur Éric Martin  que « les gens intelligents changent d’avis ». À n’en pas douter, les leaders de l’Hôtel de ville ont démontré dans maints autres dossiers qu’ils ont cette intelligence. Ce dont on doute, c’est de la volonté politique dans un dossier comme celui-ci. Mon collègue Jean-Philippe Léveillé l’a bien articulé dans son billet Quelle vision pour l’espace public urbain à la Ville ? Ce doute est partagé par bon nombre de citoyens très actifs, engagés bénévolement de longue date dans des initiatives pour le mieux-vivre collectif, à Saint-Sauveur comme dans d’autres quartiers. Il y a chez eux un sentiment que le développement immobilier aura toujours préséance, que ce soit sur le patrimoine, sur l’environnement, sur la qualité de vie… voire sur le développement économique.Il y a aussi chez plusieurs une impression que souvent, on divise pour régner. Que, faute de volonté, de vision, d’écoute, on finit par faire des besoins des uns des obstacles aux besoins des autres. Dans le dossier de l’ancien Centre Durocher, on aura peut-être atteint un sommet en la matière, faisant s’opposer deux facettes d’une même lutte à la pauvreté. Qui aurait cru qu’un jour, un organisme préoccupé par le logement abordable se retrouverait opposé à un GRT, organisme travaillant pour l’habitation communautaire ?Une municipalité peut-elle n’avoir aucune prise sur le sort d’un terrain et d’un site qu’elle dit privés, alors que la préservation de leur vocation publique figure aux contrats de vente, et qu’un parc municipal s’y trouve? Pourquoi refuser de dévoiler les documents relatifs à l’évaluation des coûts des travaux requis sur un bâtiment, alors que cela permettrait, si tout y est en règle, de faire la lumière sur la décision de le démolir ? Quoi qu’il advienne de l’ancien Centre Durocher et du projet de Maison de la culture, qu’on soit favorable ou non à la démarche du CCCQSS, des questions qu’il a soulevées continueront de planer.À lire par ailleurs :