Sécurité des piétons : inquiétudes dans le quartier…

Le récent décès d’une cycliste à Montréal rappelle le besoin de sécuriser le réseau routier pour l’ensemble des usagers, souligne le Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur pour qui la sécurité des piétons devrait être un droit. La Semaine du piéton qui se déroule jusqu’au 9 mai prochain est un moment privilégié de réflexion pour le Comité :

À Québec, une collecte de données récente relative à l’aménagement des rues dans le quartier Saint-Sauveur a permis d’enrichir la connaissance que nous avons de notre environnement urbain. L’enquête, dirigée par l’équipe du Plan de mobilité durable du quartier, a conclu que, dans ce secteur de la Basse-Ville, près de 70 % des trottoirs des rues locales ne respectent pas la norme de 1,7 mètre de largueur fixée par la Ville et que plus de la moitié des trottoirs sont encombrés par des marches pieds, des poteaux ou d’autres obstacles à la marche.Les problèmes de sécurité surgissent également aux intersections puisque pour 56 % de celles-ci, la visibilité est obstruée par le cadre bâti. Il est surprenant que, dans ce contexte, les agents de stationnement ne fassent pas respecter les règles. En effet, sur 70 % des intersections, un ou plusieurs véhicules sont en infraction. Sur l’échantillon aléatoire de 95 intersections, 141 véhicules étaient stationnés à moins de 5 mètres de l’intersection, ce qui réduit passablement la vision et du coup, la sécurité.Sans ambiguïté, ces données illustrent les lacunes de notre environnement en matière de sécurité. Aussi on constate que, de 2005 à 2011, 178 accidents ont impliqué des piétons ou des cyclistes dans le quartier Saint-Sauveur. La responsabilité incombe à la Ville de Québec puisque beaucoup trop de rues négligent les besoins des piétons qui réalisent pourtant près de 30 % des déplacements dans le quartier.La Ville a le devoir de montrer qu’elle protège d’abord et avant tout les usagers les plus vulnérables. Elle doit sécuriser les intersections qui génèrent le plus d’accidents par la mise en place de solutions simples, peu coûteuses et bien connues telles que l’allongement des temps de traverse, les avancées de trottoirs et les zones de refuges pour piétons, pour ne nommer que celles-là. Dans un quartier où près de 70 % des écoliers circulent à pied, c’est un scandale qu’ils doivent le faire dans un environnement présentant autant de lacunes de sécurité.Ce sont les personnes les plus vulnérables qui sont le plus affectées, voire les personnes dont la mobilité est réduite, les aînés et les enfants. N’attendons pas le décès d’un piéton pour réagir, conclut le Comité. Mettons en place des solutions durables pour le bénéfice de tous.»